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Accueil "Longo" Donnez-leur à manger
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Mois d’août 2014 – Donnez-leur à manger


Une tâche pour aujourd’hui (XVIII A)


  • Isaïe 55, 1 – 3 : L’invitation du Seigneur est forte : « Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez ! »
  • Ps 144 : Les pauvres mangeront et seront rassasiés.
  • Rom 8, 35 – 39 : Puissions-nous entrer dans les sentiments mêmes de Saint Paul que rien ne pouvait séparer du Christ ?
  • Mt 17, 1 – 9 : Jésus fait asseoir ceux qui le suivent dans un endroit désert, parce qu’ils le cherchent de tout leur être. Nous aussi cherchons le Seigneur ? Soyons prêt à collaborer avec lui, à donner nous-mêmes à manger en son nom.

Au moment de la multiplication des pains, Jésus est à un tournant de sa vie de prédicateur. Il a commencé très brillamment. Il a joui d’un succès considérable, guéri de très nombreux malades, attiré des foules enthousiastes derrière lui. Mais, déjà, on le suspecte, on commence à le jalouser. On vient de mettre à mort Jean­ Baptiste, le dernier des prophètes et il l’a ressenti très durement. Il cherche la solitude, d’une part pour retrouver son Père, d’autre part, pour instruire plus profondément ses apôtres. C’est dans un de ces endroits déserts que cette foule inattendue a pris de court les disciples. Jésus va faire un miracle, un grand miracle qui frappera profondément les esprits. Mais pour Jésus, il ne s’agit pas seulement de montrer sa puissance ou de venir en aide temporairement à de pauvres affamés, mais de préparer ses apôtres aux grandes révélations qui vont suivre : sa Passion et le don de l’eucharistie.

A vrai dire, Jésus, par tout ce qu’il fait, par tout ce qu’il dit, est en train de faire une révélation essentielle. Quelle est-elle ?

La grande révélation

Essayons de regarder cette scène de la multiplication des pains avec cet Esprit qui nous vient de Jésus : ce n’est pas le pain, ce n’est pas l’enseignement qui est l’essentiel de ce que Jésus donne. Ce qu’il donne d’essentiel, c’est lui-même. Il donne tout ce qu’il est aux hommes, son temps, son corps, son cœur.

Ce qui rend cette scène de la multiplication des pains si émouvante c’est qu’elle est comme une prophétie, une préparation directe de l’Eucharistie. Saint Jean l’a bien compris : Jésus, c’est la parole vivante du Père qui se donne comme une nourriture vivante, tout entier. Rien ne l’arrêtera, ni l’incompréhension, ni la méchanceté, ni la violence ni la cruauté des hommes. Il va se livrer lui-même par l’intermédiaire d’un disciple qu’il aimait, qu’il avait choisi, avec qui il avait tout partagé et qui trouvera le moyen de le trahir par un baiser. Même cette odieuse perspective n’arrêtera pas Jésus.

Quand on réfléchit à tout ce qui se passe dans l’âme de Jésus, la résonnance de ses moindres gestes, de ses moindres paroles, on voit à quel point Jésus aimait le Père et faisait sa volonté, dans le détail, « ma nourriture » disait-il, « c’est de faire la volonté du Père ».

A nous d’agir

Ne gardons qu’une seule parole, bien significative : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Jésus veut nous associer tous à sa mission. Elle peut au premier abord, nous paraître aussi impossible que, pour les apôtres : nourrir sans aucun moyen une foule considérable. Mais la foi entrevoit ce que la raison humaine seule ne voit pas du tout ; la foi peut faire ce dont nous n’avions pas la moindre idée. C’est l’expérience des saints ! Saint Paul nous avertit : « L’homme naturel ne comprend pas les choses de Dieu, c’est une folie pour lui ! » (1 Cor 2, 14) et Jésus nous dit que nous ferons les choses qu’il a faites et même encore de plus grandes... N’est-ce pas surprenant ?

La vérité, c’est que, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, Jésus nous envoie exactement comme il a été lui-même envoyé : « De même que le Père m’a envoyé, de même je vous envoie ». Cette incomparable union que le Fils connaissait avec le Père, nous pouvons la connaître avec lui. « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi ; et, à votre tour, vous me rendrez témoignage... » (Jn 15, 26). Plus nous savons centrer toute notre vie sur le Christ, comme lui-même la centrait sur le Père, plus nous savons tout ramener à lui, plus nous lui permettons de se donner à nous par l’Esprit-Saint. Alors nous vivons ce qu’il vivait et nous pouvons, nous aussi, faire de grandes choses, sous des apparences simples.

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Qu’est-ce à dire, au juste ? D’abord travailler sans cesse la parole de Dieu qui doit être notre nourriture comme elle l’était pour Jésus. Ensuite écarter sans cesse tout ce qui est inutile, compliqué, tout ce qui nous distrait de notre devoir du moment pour permettre à l’Esprit de Jésus de venir en nous. Cet Esprit, pour venir vraiment en nous, a besoin surtout de paix, dans notre cœur, de confiance, d’un goût du service désintéressé. Alors, sans même bien le réaliser, sans avoir l’impression de rien faire de concret pour cela, comme les apôtres, au moment de la multiplication des pains, nous aussi, nous pourrons servir nos frères. Nous aussi, sans moyens apparents, nous pourrons « leur donner à manger ! » Nous sommes faibles, incapables, pleins de défauts... le Seigneur le sait. Cela ne le décourage pas. Au contraire, il nous dit comme à Saint Paul : « Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». (2 Cor 12, 8) C’est pour nous maintenant source d’espérance et encouragement à poursuivre l’œuvre confiée d’abord aux apôtres : « Donnez-leur vous mêmes à manger ».

Transfigurer Dieu ? (Transfiguration A)


La transfiguration est le mystère d’une transformation, c’est le transfert d’un visage à un autre. C’est la transmission à un homme de la figure de Dieu. C’est la face même du Père invisible qui rayonne sur le visage humain de Jésus et qui se prolonge dans le personnage de Pierre. La même lumière ensoleillée passe bien sûr aussi à Jacques et à Jean ; à la limite elle doit transparaître sur le visage de tous les baptisés.

La transfiguration du Père dans le Fils

Jésus devient lumineux et brillant comme le soleil de Dieu, juste au moment où, pour la première fois, il annonce sa passion, sa mort et sa résurrection. Il ajoute « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». (Mt 16, 24) En voyant l’hostilité croissante de ses ennemis autour de Lui, Jésus a compris qu’Il n’avait pas d’autre choix : persécuter ou être persécuté, tuer ou être tué, perdre la vie des autres ou perdre la sienne. Et Il a choisi en pleine liberté. Au lieu de s’affirmer au détriment des autres Il va se renoncer pour les sauver tous. Et c’est alors que Dieu se manifeste en Lui, car le Père et le Fils, plus que jamais, ne font qu’un ; ils coïncident dans la communion totale au même projet d’amour. C’est une véritable configuration.

On retrouve la même logique pour le baptême de Jésus. C’est au moment où Jésus s’humilie et plonge dans l’eau pour remonter à la source qu’est le Père, que le ciel s’ouvre, que l’Esprit descend. La voix de Dieu se fait alors entendre : « Tu es mon Fils bien aimé, tu as tout mon amour ». Le baptême est la première transfiguration publique de Jésus. C’est en renonçant à être le premier que Jésus est proclamé le second, mais quel second ? Un Fils tellement aimé que le Père se renonce à son tour pour tout lui communiquer. C’est l’égalité parfaite dans l’amour, dans l’unité du Saint Esprit. La lumière est par définition le contraire de l’égoïsme, elle ne se donne qu’en rayonnant, en perdant sa clarté et sa chaleur pour la répandre sur tous.

La transfiguration, dans la suite du baptême de Jésus est donc un mystère de profonde humilité. Elle nous révèle qui est Dieu en vérité à travers cet homme Jésus qui vient de consentir à mourir pour faire vivre ses frères. On imaginait à partir des royautés humaines que le Dieu inconnu était un dictateur, qu’il pouvait user et abuser de sa toute puissance.

Or Jésus, en acceptant pleinement son destin d’homme « sacrifié » pour le bonheur et le salut des autres, y compris de ceux qui veulent le détruire nous manifeste sa ressemblance parfaite avec Dieu. Qui me voit, voit le Père. Et c’est pourquoi le Père confirme cette pleine conformité. Il atteste devant Pierre, Jacques et Jean : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le », prenez modèle. Tous les deux nous allons souffrir la même passion, l’amour passionné de tous les hommes. Et c’est parce qu’il va subir librement cette mort avec moi et comme moi, qu’Il va devenir pleinement ce qu’Il était depuis toujours : mon Fils bien-aimé. A votre tour de vous laisser transfigurer c’est-à-dire de devenir modèles du troupeau qui vous sera confié. Quand vous aurez le choix entre persécuter les autres ou être persécutés, choisissez douloureusement le bonheur d’être du côté des victimes, de ceux qui s’offrent, de ceux qui se perdent, qui se renoncent, de ceux qui aiment jusqu’au bout. Si vous cherchez à sauver la face, vous n’afficherez que la gloire des hommes et elle passe, si au contraire vous la perdez par amour des autres vous incarnez la gloire de Dieu et vous serez à votre tour lumières du monde.

La transfiguration du Fils en Pierre

Un tel secret, un tel langage était tellement inattendu, tellement contraire à tout ce que les apôtres avaient appris de Dieu qu’ils mettront du temps, beaucoup de temps pour le comprendre et le faire passer dans leur vie. « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, leur avait déclaré Jésus, mais vous n’êtes pas capables de les porter. L’Esprit viendra et vous conduira dans la vérité tout entière », celle de l’amour qui va jusqu’au suprême témoignage le don de sa vie.

Et c’est peu de temps avant de mourir crucifié la tête en bas dans le cirque de Néron, peu avant « d'abandonner sa tente » (1 Pi 1, 13-14), que Pierre se confie aux premiers chrétiens. Auprès de ceux qu’il va quitter, le premier pape se fait l’écho de la voix du Père entendue sur la montagne : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Il avait cru un moment que le rôle du chef était de s’imposer aux autres, de se faire servir, de paraître le plus fort, le plus grand et le premier de tous. Il ne transfigurait alors que l’orgueil de l’homme, son désir de pouvoir et de possession. Il sait maintenant, grâce à l’exemple vivant de son maître que Dieu est tout autre, un Dieu humble qui risque d’être humilié, un Dieu pauvre qui risque d’être dépouillé, un Dieu qui se renonce et qui risque d’être anéanti.

Quand les clous entreront dans ses mains offertes Pierre se souviendra de Jésus crucifié. Sur le Golgotha, il le regardait de loin. Maintenant ils sont si proches l’un de l’autre qu’ils ne font qu’un. Jésus avait prévenu son disciple que lui aussi par sa mort, il rendrait gloire à Dieu. Dans le cirque de Néron c’est un pendu lamentable qui transfigure la toute puissance de Dieu, une puissance d’abnégation, de renoncement, d’amour total, le rayonnement d’une vie donnée pour le salut du monde. Dieu n’est grand que dans l’amour !

Est-ce que nous transfigurons le Seigneur ?

En regardant l’histoire de l’Eglise et notre histoire personnelle, en regardant en même temps le Père transfiguré dans le Fils et Jésus transfiguré dans ses témoins, nous pourrons mieux comprendre à quels moments nous avons le plus ressemblé à Dieu, à quels autres nous l’avons défiguré. Est-ce l’esprit du monde qui nous habite avec ses ambitions, ses exigences d’avoir, de savoir et de pouvoir ? Avec ses violences, sa corruption, sa dureté de cœur, ses convoitises ? Est-ce l’Esprit de Jésus-Christ, cet Esprit de pauvreté, de douceur, de miséricorde, de justice et de pureté ?

C’est en tremblant que nous évoquions l’avenir. Le Seigneur nous rassure en nous disant comme à Jacob : « je serai avec toi partout où tu iras ». Cette transfiguration de Dieu au milieu des hommes dans l’humilité, la pauvreté et la souffrance non cherchée, mais subie librement, est le seul vrai chemin du bonheur. Il nous promet la consolation des larmes effacées, une joie que personne ne pourra nous enlever. Cette récompense est pour demain dans les cieux, mais « le ciel c’est Dieu et Dieu est déjà dans mon âme » écrivait Sœur Elizabeth de la Trinité. C’est pourquoi, pour ceux qui savent, grâce au Père, au Fils et au Saint-Esprit, cette paix immense est déjà commencée.

Ecoutons le Fils qui nous montre la route. Ecoutons l’Esprit qui nous pousse à dire : Père, notre Père à Celui qui est source unique et universelle de l’amour infini. Ecoutons enfin le Père murmurer à tous les artisans de paix, comme au premier baptisé du Jourdain, comme au transfiguré de la montagne, comme au crucifié du calvaire ou de Rome : « Toi aussi, tu es mon fils bien-aimé, tu as tout mon amour ».

De la peur à la foi (XIX A)


  • 1 Rois 19, 9 – 13 : Comme le prophète Elie, apprenons à faire silence pour écouter Dieu.
  • Ps 84 : Seigneur montre nous ta miséricorde.
  • Rom 9, 1 – 5 : Sommes-nous capables, comme Paul, d’aimer nos frères encore séparés du Christ, particulièrement les Juifs ?
  • Mt 14, 22 – 33 : Jésus se manifeste aux apôtres. Il fait marcher Pierre sur la mer.

Cet évangile nous permet de comprendre que la parole de Dieu ne tombe pas du ciel sur les hommes tout à coup et comme quelque chose de tout fait. Non, la parole de Dieu est révélée à l’homme à travers les évènements de sa vie qu’elle éclaire d’un sens nouveau, par la présence de Dieu plus nettement manifestée et reconnue dans la foi.

Seuls dans l’adversité

Pour ramener au vrai Dieu le peuple élu, tenté par les idoles païennes, Elie a défié les prêtres de Baal et les a fait massacrer. Mais la reine ne lui pardonne pas d’avoir détruit ses idoles et chercher à tuer le prophète. Découragé, Elie se réfugie dans une grotte...

Pour les apôtres ramant, seuls, sur leur barque, c’est la nuit, le vent contraire et les eaux du lac qui menacent de les engloutir comme au temps du déluge....

Pour Elie comme pour les apôtres, Dieu est loin, et ils sont seuls dans l’adversité, face à la mort, et ils doutent. Or, précisément, c’est dans cet évènement, dans cette situation humaine difficile que Dieu vient à leur rencontre ; c’est là qu’ils sont appelés à passer du doute à la foi.

Tandis que la foule a été rassasiée et que les apôtres se demandent encore comment, Jésus les force à se rembarquer pour voguer vers l’autre rive, tandis qu’il se retire à l’écart avec son Père, les laissant seuls : cette distance est tout un symbole, celle-là même qui sépare le doute de la foi.

Les voici donc seuls dans leur barque battue par les vagues et menacée à tout instant d’être engloutie car les vents sont contraires. Et cela dure longtemps, jusque vers la fin de la nuit. Alors tout à coup, distingué avec peine parmi les embruns, quelqu’un, quelqu’un qui vient... et les apôtres ont peur...

Jésus nous rejoint

Jésus nous rejoint toujours en nos difficultés, mais c’est dans la foi seule qu’on peut le reconnaître. Car, enfin, un homme marchant sur l’eau, c’est parfaitement incroyable. Spontanément, les apôtres, rudes gaillards habitués au lac, pensent à un fantôme et sont bouleversés.

Or, tout le récit montre qu’ils doivent passer de la peur à la foi. Pierre, le premier, est appelé à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu. Car si vraiment un homme marche sur les eaux, c’est qu’il s’agit d’un monde nouveau, d’une autre création, de la puissance même de Dieu faisant irruption sur notre terre. Jésus marchant sur les eaux, c’est l’apparition du monde de la résurrection, c’est Jésus foulant aux pieds toute la puissance du mal et de la mort qui menacent de nous engloutir. Jésus marchant sur les eaux, c’est un homme revêtu de la puissance créatrice de Dieu quand il séparait la terre des océans. Jésus marchant sur les eaux, c’est un nouveau Moïse faisant passer à travers la Mer Rouge son peuple libéré. Non, Jésus n’est pas un fantôme, mais le Fils même du Dieu tout-puissant parmi les hommes.

Jésus nous parle

Et au geste de rejoindre ses apôtres en difficulté, Jésus joint la parole par laquelle il se fait reconnaître : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur » : les apôtres sont invités à passer du doute à la foi, et nous avec eux : ainsi Jésus est là présent dans nos tempêtes ; alors que nous nous sentions seuls, il priait pour nous son Père tandis que nous luttions contre les forces adverses. Jésus est là, que nous ne reconnaissons pas toujours.

Mais Pierre, toujours ardent, ne se contente pas de la parole de Jésus « c'est moi » ; il veut le rejoindre, et comme vérifier sa parole : « si c’est bien toi, ordonne-moi de venir sur l’eau vers toi ». Pauvre Pierre, tant qu’il regarde Jésus, la foi le soutient au-dessus des eaux menaçantes, et il participe à la puissance et à la fermeté divines. C’est quand il se regarde lui-même qu’il enfonce – « Sauve-moi » - comme il le fera lors de son reniement au chant du coq. Mais Jésus le saisit et le rétablit dans la fermeté du rocher : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Comme le peuple de l’Exode traversant la Mer Rouge, Pierre a douté, mais la main de Dieu l’a sauvé. Et lui-même, une fois revenu, pourra rétablir ses frères dans la foi.

De la peur à la foi

Cette nuit-là, les apôtres ne l’oublieront pas. Cette nuit d’épouvante, ils ont expérimenté la présence et la puissance de Jésus, comme Elie rencontrant Dieu à l’Horeb. C’est dans les évènements de la vie que Dieu se révèle et de même, l’Evangile doit être relu en lien avec les évènements du monde. Chrétiens nous nous sentons souvent bien seuls à ramer dans la barque de Pierre au milieu des vents contraires, tandis que Jésus semble absent. Dans la nuit de notre doute, la peur nous guette. Par ce récit, Matthieu nous invite à passer de la peur à la foi : Jésus veille en priant. Sa main nous saisira pour que nous ayons foi en sa toute puissance divine.

Un amour réussi (Assomption A)


  • Apocalypse 11, 19 ; 12, 1 – 6, 10 : Marie, figure de l’Eglise, est la femme ensoleillée qui, après l’épreuve, à remporté la victoire.
  • Ps 44 : Béni soi-tu, Seigneur.
  • 1 Cor 15, 20 – 26 : Là où le Christ est passé, Marie est passée à son tour. Et nous passerons nous aussi.
  • Luc 1, 39 – 56 : Marie le modèle d’une vie réussie.

L’Assomption que nous célébrons aujourd’hui marque l’achèvement d’une histoire d’amour entre Dieu et Marie. Comme l’Ascension de Jésus, ce retour vers le Père, nous indique comment finira notre aventure terrestre. Saint Jean dans son Apocalypse nous montre que la femme est l’avenir de l’homme. C’est Marie, notre avenir, elle est figure de l’Eglise, femme ensoleillée, reine-mère glorifiée, modèle de l’humanité face à Dieu. Avec Marie c’est donc la fête de notre futur que nous célébrons aujourd'hui, dans la joie, l’émerveillement et l’action de grâce.

Pourquoi ce bonheur inimaginable de Marie dans le ciel en compagnie de Dieu Père, Fils et Esprit ? Ce n’est que l’aboutissement et la plénitude d’une communion étroite déjà vécue sur terre avec chacune des trois personnes divines. Marie, épouse du Père, mère du Fils, remplie de l’Esprit-Saint, telles seront les trois étapes de notre méditation.

Marie, épouse du Père

Quelle est donc cette jeune fille de Nazareth à qui le créateur fait, comme dans le Cantique des Cantiques, une si étrange déclaration d’amour : « Comme tu es belle, ma bien aimée ! Comblée de grâce ! Veux-tu devenir la mère de mon enfant ? » Elle en est toute bouleversée. « Comment est-ce possible ? » Et comme on lui dit que « rien n’est impossible à Dieu », elle donne la seule réponse possible de sa liberté : « voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Et voilà que retentit dans le silence le coup de tonnerre qui déchire l’histoire en deux, après le premier « big bang » de la création : la parole de Dieu se fait chair et elle habite parmi nous. Dieu est Père. Il a un fils et Marie ose lui parler ainsi : tu es mon Fils bien aimé, je t’aime de tout mon cœur, tu es notre enfant à tous les deux. Marie c’est la femme qui a reçu le droit de dire Nous avec Dieu : notre enfant. Dieu est vivant ! La mort ne peut détruire un couple aussi indissoluble. L’Assomption de Marie n’est que la révélation et l’achèvement de cette intimité incroyable avec Dieu, son époux.

Marie, mère du Fils

Cette communion totale de Marie, corps et âme, avec le Père se parfait dans la relation de la mère avec son fils. Pendant neuf mois elle a dû lui chuchoter, comme toutes les mamans du monde : voici mon corps livré pour toi, voici mon sang répandu dans tes veines. Et lorsqu’à Noël Jésus se détachera comme un fruit mûr, ce sera pour prolonger, dans la rupture et la continuité à la fois, une présence matérielle de plus en plus éloignée et une communion spirituelle de plus en plus proche.

Comme tous les enfants qui grandissent, Jésus quittera la maison, son père et sa mère pour aller vers les autres. Sa mort sur la croix paradoxalement sera de la séparation physique, la dernière naissance, mais aussi l’instant souverain de la proximité totale. « Femme, voici ton Fils ». Entre vos mains à tous les deux, je remets mon Esprit. C’est l'Eglise qui naît. Désormais Jésus disparaîtra, mission accomplie, mais le ressuscité est plus présent que jamais par son Esprit d’amour.

Marie remplie du Saint Esprit

L’Esprit-Saint est l’inconnu mystérieux qui achève en Marie et dans l’Eglise le travail du Père et du Fils. Il est déjà là caché, comme l’enfant conçu et qui se développe mais non encore manifesté. Pour Marie c’est comme une nouvelle maternité inédite, non plus physique avec le Fils, mais totalement spirituelle avec l’Esprit. Mourir sera pour elle, comme pour Jésus, le moment suprême où elle rendra au Père l’Esprit reçu du Fils. Tel est le sens de son dernier soupir. C’est pourquoi le corps humain de Marie est pleinement spiritualisé, divinisé, grâce à l’Esprit qui ressuscite et qui donne la vie. Avec l’Eglise nous proclamons : je crois à la résurrection de la chair. Je crois à la vie éternelle.

Conclusion

En conclusion, frères, faisons monter un double cri d’espérance et d’action de grâces. En effet nous sommes déjà habités par Dieu dont notre corps est le temple. « Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, il gardera ma parole, nous viendrons en lui, nous ferons en lui notre demeure ». Oui, j’espère en toi, mon Dieu, si proche que tout nous devient commun, comme dans un couple, comme dans une famille. Le grand passage pour Marie comme pour nous, n’est-il pas la consommation de notre mariage spirituel avec Dieu ?

C’est pourquoi nous unissons notre merci à celui de Marie, de l’Eglise et de tous nos chers défunts, « Mon âme glorifie le Seigneur, car Il a fait hier, Il continue aujourd’hui, et demain Il achèvera pour nous ses merveilles.

Plus de frontière (XX A)


  • Isaïe 56, 1 – 7 : Déjà, à la fin de leur exil à Babylone, les Juifs sont invités à découvrir que le Seigneur aime et attire les étrangers.
  • Ps 66 : Dieu est amour.
  • Rom 11, 13 – 15, 29 – 32 : Paul attend le jour où les Juifs, premiers héritiers de la promesse divine, rejoindront les païens qui ont déjà reçu cet héritage.
  • Mt 15, 21 – 28 : récit de la guérison de la fille de la Canaéenne.

Ce texte de Saint Matthieu paraît dur, n’est-il pas vrai ? Nous ne reconnaissons pas du premier coup Jésus, l’ami des pauvres, des marginaux, des laissés pour compte. Pourtant Jésus a voulu parler avec la Samaritaine, cette femme de mauvaise vie et même lui faire d’étonnantes confidences... Vous vous rappelez, sans doute, la stupeur des apôtres quand ils le trouvent, ainsi en conversation avec une femme, une étrangère de surcroît... Ici au contraire, Jésus paraît sur la défensive. Il ne répond pas à cette femme qui lui demande son intervention. Les apôtres lui demandent de faire quelque chose car ils se trouvent dans la situation du juge de la parabole, poursuivi par une veuve qui veut qu’on lui fasse justice. Il finit par lui céder, car il en a assez, cette femme lui casse la tête ! « Donne lui satisfaction, disent les apôtres, car elle nous poursuit de ses cris... » On croit vraiment y être !

Jésus répond qu’il n’a pas le droit de s’occuper de cette femme qui n’est pas Juive. Il se trouve, en effet, tout à fait au nord du pays, aux frontières des pays païens de Tyr et de Sidon, car il veut, momentanément, fuir les Juifs qui le poursuivent et le harcèlent. Mais Jésus refuse, Jésus se limite aux bornes précises de sa mission : les fils d’Israël. Non pas ces « chiens de païens », comme on disait alors couramment, non pas ces Cananéens, mot bourré de souvenirs, pour les Juifs. Car les Cananéens étaient les premiers occupants du pays, les premiers et les plus anciens ennemis du peuple juif ! Tous ces détails expliquent les hésitations de Jésus.

Une merveille !

Mais, à travers ces obstacles et ces incompréhensions, le Père éternel préparait une merveille. C’est dans l’âme de cette femme qu’advient la merveille. Le moteur de tout, si j’ose dire, c’est d’abord l’amour qu’elle porte à sa fille, c’est l’affreuse expérience que cette mère porte en elle, depuis longtemps, peut-être « Ma fille est tourmentée par un démon ! » C’est une mère, mais aussi, visiblement, c’est une femme habituée à lutter, à se battre dans la vie, et tout cela va compter. Et surtout, il y a ce regard qu’elle porte sur Jésus, comme très peu de Juifs malgré tout ce qu’ils ont vu, sont capables d’en porter....Elle a compris, on ne sait comment, que Jésus était capable de faire quelque chose pour elle. Elle a confiance en lui malgré tout.

Voyez avec quelle humilité elle retourne les arguments de Jésus : je suis de la race des chiens ? Soit, mais si je n’ai pas droit au pain des enfants, j’ai droit aux miettes ! Jésus est émerveillé ! Il vibre de toute sa joie. Sa seule joie, c’est de voir que l’Esprit Saint, l’Esprit de son Père a enfin atteint le cœur d’un être humain. Il n’est venu que pour cela. C’est d’abord en lui, Jésus, que cet Esprit Saint est descendu au fur et mesure que se développait son humanité, sans la moindre zone d’ombre, sans le moindre repliement sur lui-même, « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de mon Père ». Ce qu’il veut, c’est que cet Esprit, source de toute joie, de toute intelligence, de toute liberté, touche enfin le cœur des hommes ! Cela arrive parfois chez des petits, des humbles.... et Jésus est dans la jubilation. Cela arrive même chez ses apôtres.... quand Pierre reconnaît, un jour, que c’est vraiment Jésus, le Messie de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus voit l’Esprit de son Père agir à plein chez une païenne et il est émerveillé : « Femme grande est ta foi... » Il ne peut plus rien lui refuser.

Conclusions

En regardant cette femme avec Saint Matthieu, avec les yeux que Jésus veut nous donner, aujourd’hui, nous pouvons tirer de tout ceci des enseignements aussi simples que précieux.

Le premier, c’est l’importance de ce regard tourné vers Jésus ; l’importance de la foi. Il n’est pas facile de croire malgré les difficultés, les incompréhensions, les rebuffades qui sont inévitables, dans un monde comme le nôtre. Pourtant, c’est ce qui permet à Jésus d’agir en nous.

Le deuxième enseignement, c’est l’importance d’un véritable engagement humain pour permettre à l’Esprit de prendre pied en nous. Importance d’un vrai amour de nos proches, persévérance, patience, audace. Si cette femme n’avait pas tant demandé, elle n’aurait rien obtenu.

L’Evangile d’aujourd’hui nous dit, tout simplement, que si quelqu’un s’engage vraiment dans l’aventure humaine, quelle que soit sa race ou sa condition, dans la mesure où il tourne ses regards vers le Christ, de près ou de loin, il est aimé de Dieu et visité par son Esprit. Il devient, sans toujours en être conscient, membre de cette Eglise de Jésus qui est, alors, suivant la si belle prophétie d’Isaïe que nous venons de lire : « Maison de prières pour tous les peuples ». Essayons, quant à nous, de vivre les mêmes choses en pleine conscience !

Croire en Eglise (XXI A)


  • Isaïe 22, 19 – 23 : Dieu va donner à Jérusalem un nouveau gouverneur : il sera stable, il aura le pouvoir des clés… comme, plus tard, l’apôtre Pierre.
  • Ps 137 : Tu es le Dieu fidèle.
  • Rom 11, 33 – 36 : Profondeur insondable du mystère du salut.
  • Mt 16, 13 – 20 : La foi de Pierre.

Deux paroles émergent de cet évangile :

« Tu es le Messie, le Fils de Dieu ».

« Et toi, tu es Pierre... ».

Deux paroles par lesquelles, au-delà des apparences, deux hommes, Jésus et Simon, se reconnaissent pour ce qu’ils sont aux yeux de Dieu : le Messie, Pierre. Deux paroles qui constituent une profession de foi et une mission.

Une profession de foi

Première parole : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu ». La question essentielle que pose Jésus est celle de la foi : « Pour vous, qui suis-je ? » Ce jour-là, Pierre professe sa foi au nom de tous, une foi personnelle née d’un compagnonnage avec Jésus : éclairé par Dieu, Pierre dépasse les apparences et reconnaît en Jésus l’envoyé du Père. Non sans une longue recherche sans doute. Jamais, en effet, Jésus n’a dit ouvertement : « Je suis le Messie », car le mot était trop chargé d’attentes politiques partisanes, marqué par les ambiguïtés de « la chair et du sang », c’est-à-dire trop humaines. C’est dans la foi que Pierre reconnaît qui est Jésus, parce que le Père le lui a révélé : « Tu es le Messie ».

Pierre a parfois douté, mais aujourd’hui, il apparaît comme l’homme de la foi, celui qui professe la foi des apôtres, la foi de l’Eglise. Pour Pierre, Jésus n’est pas seulement un prophète comme Elie ou Jean-Baptiste. Il est « le Messie, le Fils du Dieu vivant » !

Une mission

A cette profession de foi, Jésus répond à Pierre par une mission confiée, et c’est la deuxième parole : « Tu es Pierre ». En réalité, il s’appelait Simon, fils de Jonas, selon la chair et le sang, mais Jésus change ce nom en celui de Pierre et le charge d’une signification nouvelle : désormais, par la foi, il sera Pierre, le roc, le rocher solide, la pierre de fondation de la communauté des croyants : « Et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ». L’Eglise est fondée sur la foi de Pierre.

Ainsi Jésus bâtit son œuvre ; Lui qui a en mains la clé de l’énigme de la condition humaine, Lui qui a en mains la clé de la situation parce qu’Il est le Fils de Dieu, voici qu’il confie à Pierre les clés de son royaume : « Tu es Pierre.... et je te donnerai les clés du royaume des cieux », à la manière dont, à l’époque, le gouverneur possédait les clés des portes de la ville. Remettre les clés, c’est transmettre les pouvoirs, permettre d’entrer et de sortir ; c’est surtout donner sa confiance. En recevant les clés du royaume, Pierre devient l’intendant stable dont parlait la première lecture, il est investi de la confiance de Jésus, il reçoit autorité pour assurer l’unité dans la communauté des croyants. Jésus fonde une communauté de croyants et établit une autorité pour la maintenir dans l’unité de la foi.

Une promesse

Enfin, comme jadis Dieu pour Abraham, Jésus ajoute une promesse pour son Eglise : « La puissance de mort ne l’emportera pas sur elle ». Même si la présence chrétienne n’est pas assurée en telle ou telle région de la terre, l’Eglise du Christ est assurée de ne pas périr.

Aujourd’hui, nous vivons encore de ces paroles de Jésus. Dans l’Eglise, Pierre, à travers ses successeurs, est toujours celui qui professe la foi au nom de tous, celui qui dit la foi de l’Eglise en union avec les évêques successeurs des apôtres. Il en est le garant. Le successeur de Pierre est celui qui est investi de la confiance de Jésus et le dépositaire de sa promesse.

C’est aussi celui qui confirme ses frères dans la foi, selon une autre parole de Jésus : « Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères ». Les voyages de Jean-Paul II, ou de Benoit XVI ou de François maintenant à travers le monde pour conforter les chrétiens dans leur foi l’illustrent bien. Ainsi l’Eglise ne repose pas sur des calculs humains, ni sur des projets politiques, elle repose sur la foi, l’espérance et la charité.

Invités à la foi

Avec Pierre, nous sommes invités à proclamer notre foi en Jésus, le Fils du Dieu vivant, celui qui a les paroles de la vie éternelle. Mais Jésus nous invite aussi à dire : « Je crois en l’Eglise », l’Eglise que Pierre a reçu la charge de maintenir et de confirmer dans la foi des apôtres, Eglise ouverte à tous pour que tous les peuples du monde deviennent un jour, librement, le Peuple saint de Dieu, victorieux du mal et de la mort.

Beaucoup, aujourd’hui, sont séduits par le Christ et déçus par l’Eglise. Or malgré ses lenteurs, ses lourdeurs, ses erreurs même, c’est de l’Eglise que nous avons reçu les évangiles, les sacrements et la foi en Jésus-Christ, c’est elle qui nous relie au Dieu vivant. Elle est, comme disait Bossuet, « Jésus-Christ répandu et communiqué ». « Je crois en l’Eglise » : que ces paroles du credo, expriment notre conviction profonde, et que notre prière se fasse plus intense en faveur de celui qui a reçu la charge de Pierre en ces temps difficiles.

Une vocation exigeante (XXII A)


  • Jérémie 20, 7 – 9 : Emouvant ce prophète effrayé de sa propre mission ! Fort et admirable dans sa faiblesse, il nous est proche !
  • Ps 62 : Je bénirai le Seigneur.
  • Rom 12, 1 – 2 : Paul nous livre le secret de ce don total que Jésus faisait à son Père de lui-même, quand il était sur la terre.
  • Mt 16, 21 – 27 : Notre vie n’est jamais neutre. Il nous faut choisir.

Les textes d’aujourd’hui illustrent, d’une manière particulièrement expressive, le drame de la vie humaine, cette grandeur étonnante de notre vocation et les difficultés que nous pouvons rencontrer. Jérémie doit proclamer la vérité : il sait qu’il ne sera pas compris, qu’il sera persécuté, mais il ne peut pas se taire, un feu brûle dans son cœur. Saint Paul fera pareil. Il ne se conformera pas au monde présent, comme il le dit, il ne flattera pas les hommes. Il ira jusqu’au bout de la vérité. Jérémie et Paul ne font pas autre chose que préparer et prolonger l’action de Jésus lui-même.

Jésus proclame la vérité sur Dieu, sur la loi, sur le péché des hommes et les déformations qu’ils ont introduites dans leur manière de comprendre la parole de Dieu. Il sait ce qu’il risque en parlant ainsi, mais il ira jusqu’au bout. Les résistances mêmes auxquelles il doit se heurter ne feront que donner à la vérité un visage de plus en plus beau, de plus en plus fort, de plus en plus nouveau. Mais, nous le mesurons bien dans les textes d’aujourd’hui, il n’était pas facile de suivre Jésus, ni même de le comprendre. Mettons-nous un instant à la place des apôtres !

Hésitations de Pierre

L’attitude de Pierre mérite que nous nous y arrêtions car elle contient une leçon des plus importantes qu’il nous convient de dégager, comme nous pourrons.

Jésus est à un tournant de sa vie : il lui faut avancer. Il demande à ses apôtres : « Qui dit-on que je suis ? » Pierre est le seul à répondre : « Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant ! », phrase qui remplit Jésus d’une grande joie. « Tu es bien heureux, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé ce que tu viens de dire mais mon Père qui est aux cieux ! » La mission de Jésus commence à porter ses fruits, l’Esprit du Père commence à toucher le cœur de l’homme.

Dans un deuxième temps, Jésus met à profit l’ouverture toute nouvelle des cœurs de ses apôtres, élargis par cette révélation, pour leur faire entrevoir la terrible réalité de la croix. Pierre, apparemment, du même mouvement, va tranquillement essayer de l’en détourner et vous voyez Jésus le traiter de Satan !

En d’autres termes, Pierre parle d’abord sous l’influence de l’Esprit-Saint. Ensuite, sans que rien extérieurement le laisse prévoir, sous l’influence du père du mensonge et de l’illusion, un esprit qui est à l’opposé du premier et qui fait littéralement horreur au Christ.

Remarquez l’expression dont se sert Jésus : « Tu n’as que des pensées d’homme ! » L’homme est au carrefour de deux mondes, comme dit notre Credo, le monde visible et le monde invisible ; le monde de l’homme et de la nature que nous avons sous les yeux et le monde des anges et des saints par qui règne l’Esprit Saint et, hélas, celui d’autres esprits qui ne sont pas saints !

Les vrais ennemis

Il n’existe des esprits qui n’obéissent pas à Dieu, qui ne comprennent pas l’humilité divine, telle qu’elle s’est manifestée dans l’Incarnation… Leur domaine est celui du ravage absurde. Ils ne peuvent rien contre une âme courageuse, humble, unie à Dieu et prête à suivre le Christ. Saint Jean de la Croix nous dit même que « l’âme unie à Dieu, le démon la redoute comme Dieu lui-même ».

Mais, si nous ne prenons pas de précautions, si nous ne sommes pas assez humbles, comme Pierre qui prétend faire la leçon à Jésus lui-même ; si nous laissons le soupçon, la jalousie ou d’autres passions entrer en nous, alors ces esprits peuvent prendre pied en nous, y faire du ravage, peuvent devenir extrêmement dangereux.

Le Seigneur ne veut pas nous laisser démunis, lui qui est venu, comme dit Saint Jean, pour détruire l’empire de Satan.

La parade

Disons-le simplement : il y a deux attitudes d’âme qu’il faut surtout éviter, c’est l’orgueil et la peur. Jérémie avait peur et Dieu lui dit : n’aie pas peur, si tu as peur, c’est moi-même qui te ferai trembler (Jér 11, 17). Terrible parole qui nous montre à quel point Dieu déteste notre peur. Il déteste non moins notre orgueil parce que rien n’est plus fou, plus contraire à la réalité qu’un pauvre homme qui se prend pour quelque chose et prétend s’opposer à Dieu.

Voilà pourquoi le Seigneur tient tant à l’humilité et à la confiance de la foi, qui sont les attitudes exactement opposées à celles que nous venons de décrire. La simplicité et la totale confiance d’un petit enfant, c’est la seule mais invincible parade pour échapper à cette affreuse possibilité de glisser, sans s’en douter, du monde de Dieu et de la vérité, dans un monde innommable...

Jésus est mort et ressuscité, il nous a envoyé son Esprit pour que nous puissions, nous aussi, en lui, avec lui, devenir des enfants du Père.

End FAQ

 


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