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Mois de juin 2014 – Devenir signe


L’Esprit et l’Eglise (Pentecôte A)


  • AA 2, 1 – 11 : « Il n’y a plus ni juif ni gentil, ni grec ni barbare » la naissance de l’homme dans l’éclatement de l’Eglise, l’accès humain aux valeurs de la résurrection.
  • Ps 103 : Seigneur envoie ton Esprit.
  • 1 Cor 12, 3 – 17 : Un seul corps parce qu’un Esprit devant les hommes et devant Dieu dans l’action et dans la prière. La liberté personnelle par l’union au corps institué.
  • J 20, 19 – 23 : Fondation d’une Eglise du Christ garantie : infaillibilité pontificale, enseignement morale, Ecriture sans erreur.

Le soir de Pâques

Le premier dimanche du monde, le soir de Pâques, dans un lieu clos, séparé de tout le tumulte, au milieu des siens, Jésus. Et avec lui, la paix, la joie. Le reste est explication,  complément. Il faut  voir la scène : « Jésus vint, il se place au milieu, et sa voix prononce - au présent, comme un acte qui ne passe pas - une parole qu’on entend toujours : « la paix avec vous », ce n’est pas un passé, ce n’est pas un salut  ordinaire, c’est l’acte inaugural toujours en train de se donner : la paix. Dans le présent. Ensuite on répétera ce mot, mais comme un rappel, une mémoire, comme l’Eglise fait aujourd’hui : l’écho de ce « paix à vous » qui se représente  à travers les temps et les espaces, définitivement. Le don du Christ vivant dans la première assemblée de la première Eglise, la paix dans la présence : « Je suis avec vous tous les jours ». Jésus, homme mortel, pour la première fois, apparaît comme le Seigneur, du nom absolu réservé à Dieu. Le Seigneur de l’univers, le Seigneur des Ecritures et de la parole « Jésus est Seigneur »... « Tu es le seul Seigneur, le seul très-haut, Jésus-Christ ». Les cicatrices de son supplice, ses mains et son côté deviennent les attributs de sa seigneurie : « Il leur montre ses mains et son côté ». Le serviteur qui n’avait plus figure humaine est reconnu comme « Celui devant qui tout genou fléchit ».

Son être mortel, l’acte même par lequel il a subi, affronté, dominé, offert sa mort, cet acte maintenant irradie la paix et la joie divines. Présence de Dieu au milieu des hommes, au lieu de la mort, de la solitude et du supplice. Jugement dominé, souffrance partagée, mort transfigurée. Le Verbe, dans l’Esprit, tout entier présent à Dieu, tout entier donné et tout entier reçu a porté l'humanité de Jésus dans cette respiration totale de l’amour offert-reçu, donné donnant ; unité totale où tout l’humain s’accomplit en Dieu sans que chaque personne cesse d’être le centre éperdu d’un amour qui trouve son bonheur à ne se réserver rien. C’est cela qui nous est montré, que nous touchons en Jésus notre frère dans le sang, la mort et la vie.

L’acte éternel de Dieu

Pourtant cette scène centrale, véritable pôle du monde ne s’épuise pas dans son contour bienheureux. Elle n’est pas seulement dans notre histoire comme la basilique souterraine où résiderait la paix de Dieu. Cette histoire est la traduction, pour ainsi dire, d’une autre scène, céleste, située au cœur de Dieu avant tous les siècles : l’envoi du Fils, « comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie », cette scène à laquelle le Christ des Evangiles ne cesse pas de faire allusion « j’ai été envoyé », « le Père qui m’a envoyé », « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique », cette scène qui définit l’être de Dieu comme amour, c’est la même, exactement, qui se joue ici au Cénacle en ce soir de Pâques dans l’histoire de ces onze hommes qui vont aller renouveler le monde par le témoignage du sang et de la parole, par le sacrifice de leur vie entièrement donnée et entièrement reçue, dans l’Esprit qui unit désormais d’un même embrassement divin les personnes divines et les personnes humaines membres de Jésus-Christ : le même envoi, le même Père, le même corps du Christ dans le même Esprit.

L’éternité de la présence totale est aussi l’Esprit de l'engagement total, la paix de Dieu devient le ferment du monde, le centre mystique de l’adoration devient celui de l’incandescence, l’irradiation et l’éclatement. Les nations, les familles, les classes sociales et les races ne s’arrêteront plus à leurs frontières idolâtriques, les hommes ne seront plus mesurés à leur fonction ou à leur force. L’homme va naître, chaque personne apparaîtra dans sa vocation infinie de partenaire de Dieu appelée à l’unité dans l’Esprit, éternellement, comme le Père et le Fils sont un.

La messe et la vie : témoignage du Saint Esprit

Il ne reste qu’un mot à dire : cette scène centrale de l’histoire, traduction temporelle de la scène éternelle de l’envoi, a elle-même sa traduction et son sacrement, sa représentation, dans l’assemblée même qui nous unit aujourd’hui : même présence réelle dans le même Esprit, même parole, même communion à l’unique corps, même envoi au monde pour le partage et pour l’éclatement. Si quelque chose est actuel et pas commémoratif, c’est bien l’envoi de l’Esprit Saint. Si quelque chose est quotidien et personnel en même temps que solennel et universel, c’est bien cet affleurement de l’éternité dans notre aujourd’hui : la puissance de la résurrection dans la vie d’aujourd'hui : dans la liberté ceux qui sont au delà de la mort : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » ; dans l’amour qui n’est pas s’il n’est don de soi jusqu’à la mort ; dans la victoire sur la vengeance ; dans l’amour des ennemis ; dans le dépassement des apparences et le service de Dieu et des hommes dans le secret. En somme, dans l’Evangile qui est pratique de la résurrection, vie de ceux qui ont vaincu la mort, qui vivent, déjà ressuscités comme Isaac après le sacrifice, comme le peuple juif après la mer Rouge, comme le Christ après la croix. Ainsi, vous ajouterez dans le monde par votre vie et votre mort, au témoignage du Père et du Fils, le témoignage du Saint-Esprit.

Mystère de Dieu (La Sainte Trinité A)


  • Exode 34, 4 – 9 : Le Seigneur se révèle comme le « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ».
  • Ps : cantique de Daniel
  • 2 Cor 13, 11 – 13 : Paul nous parle du « Dieu d’amour et de paix ».
  • J 3, 16 – 18 : Saint Jean à son tour nous parle de Dieu qui nous a donné son Fils, source de vie et de salut pour le monde.

Un enfant de onze ans me disait un jour à la sortie de la messe : « ça doit être difficile de bien parler de Dieu ! ». Sans s’en douter, il rejoignait l’avis des plus grands théologiens. Saint Thomas d’Aquin disait : « Ce que nous ne savons pas de Dieu est bien plus important que ce que nous savons de lui ».

Oui : Dieu est le Tout-Autre. Les définitions qu’on voudrait donner de lui ne conviennent jamais parfaitement, comme si l’on voulait habiller un géant avec les langes d’un nouveau-né. Nos pauvres mots humains ont déjà du mal à exprimer les nouvelles données scientifiques au point qu’il faut sans cesse créer de nouveaux mots. A plus forte raison sont-ils incapables d’exprimer le mystère de Dieu.

Aujourd’hui, en cette fête de la Sainte Trinité, il nous faut quand même tenter de contempler quelque chose de Dieu.

Dieu est vie

Quand on parle de Dieu, c’est presque toujours par rapport à nous, par rapport au monde créé. On parle du Dieu vivant, du Dieu créateur, source de tout être, de toute vie. Paul cite cette réflexion d’un philosophe : « C’est en lui, Dieu, que nous avons la vie, le mouvement et l’être ». Mais Dieu n’est pas simplement vie et source de vie pour ses créatures. Cette fête de la Sainte Trinité nous rappelle que Dieu est d’abord vie et source de vie en lui-même.

C’est ce que nous affirmons dans notre Credo : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant ». Avant d’être Père pour nous les humains, il est Père en lui-même. C’est ce que nous disons ensuite : « Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ». Nous disons ensuite à propos du Saint-Esprit : « Je crois en l’Esprit­ Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie. Il procède du Père et du Fils ».

Ainsi donc, non seulement Dieu fait vivre le monde créé, mais il y a en Dieu lui-même tout un bouillonnement de vie : de toute éternité, le Père ne cesse d’engendrer le Fils et de se donner totalement à lui, le Fils ne cesse de tout recevoir du Père, et le Saint-Esprit ne cesse de procéder du Père et du Fils, au point que tous trois font une seule et même vie, un seul et même Dieu, méritent même adoration et même gloire.

Dieu est amour

Avec l’apôtre Jean, la bible nous dit que : « Dieu est amour ». Instinctivement, nous comprenons ces mots en pensant à nous tous, à vous, à moi : Dieu nous aime. « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité », nous disait tout à l’heure le livre de l’Exode. « Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils », nous disait aussi l’évangile. Mais si Dieu est amour pour nous et pour toutes ses œuvres, c’est parce qu’il est d’abord amour en lui-même : le Père aime le Fils de toute éternité et le Fils aime le Père, et de cet amour mutuel jaillit le Saint-Esprit, dont les théologiens disent qu’il est comme le baiser d’amour du Père et du Fils.

Quand nous disons que Dieu est amour, cela signifie que Dieu n’a rien d’un solitaire, mais qu’en lui, Dieu unique, le Père et le Fils ne sont dans l’Esprit-Saint qu’un seul élan l’un vers l’autre, que tous trois ne sont qu’un seul et même partage d’amour.

Dieu est don, communion

A propos du Saint-Esprit, la bible nous dit qu’il est don, communication, communion. Le Saint-Esprit « remplit l »univers ». « Il a parlé par les prophètes », nous dit le Credo. Il a été donné aux premiers disciples à la Pentecôte. Il nous a été donné à notre baptême et à notre confirmation. Il anime l’Eglise tout entière.

Mais avant tout cela, à l’intérieur de Dieu lui-même, le Saint-Esprit est le don mutuel du Père et du Fils. Nous croyons en un seul Dieu, mais pas en un Dieu solitaire. C’est parce que Dieu n’est pas solitaire, c’est parce qu’il est trinité qu’il est vie, amour et communion en lui-même, et ensuite pour toutes ses créatures.

Que conclure ?

Non seulement Dieu nous a faits à son image, à sa ressemblance, mais il nous appelle à entrer nous aussi dans ce circuit incessant de vie et d’amour des trois personnes divines. Créés à son image, nous sommes faits pour vivre et aimer en plénitude, comme lui.

Vous voyez : le souci que nous devons avoir de vivre dans toutes nos dimensions et d’aider nos frères défavorisés à vivre, le souci que nous devons avoir d’aimer les autres sans restrictions et donc de travailler à plus de justice, de tolérance et de compréhension mutuelle, le souci que nous devons avoir de bâtir peu à peu la solidarité et la communion universelle des humains, tout cela est inscrit et programmé au plus profond du cœur et de l’être de Dieu lui-même. C’est dans cette direction-là que nous atteindrons notre épanouissement : un jour nous ne ferons plus qu’un avec lui, et « Dieu sera tout en tous ».

Qu’est-ce que vivre ? (Saint Sacrement A)


  • Deut 8, 2 – 3 et 14 – 16 : Pour soutenir la longue marche d’Israël dans le désert, Dieu lui a donné la manne, une nourriture qui n’était pas le fruit de la terre et du travail des hommes. Il est bon de s’en souvenir.
  • Ps 47 : Gloire à Jésus-Christ.
  • 1 Cor 10, 16 -17 : Communier au corps et au sang du Christ, c’est bien plus que l’accueillir dans le secret de son cœur. C’est entrer dans sa démarche de salut, la démarche par laquelle il rassemble son peuple dans l’unité.
  • J 6, 51 – 58 : « Route des hommes : Christ en nos chemins ». Telle est la bonne nouvelle. Le Seigneur est auprès de nous sur les chemins de nos vies comme il fut près du peuple d’Israël à travers le désert de l’exode. Plus encore, il est lui-même la nourriture pour la route. Il est « le pain vivant descendu du ciel ».

« Moi, je suis le pain vivant. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Paroles stupéfiantes en vérité. Les juifs de Capharnaüm qui entendaient ce discours avaient peine à le recevoir : « comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Et nous ? L’habitude d’une pratique de chaque dimanche n’a-t-elle pas affadi la vigueur de la parole ?

Pourtant c’est de vie qu’il est ici question (le mot figure neuf fois dans les huit versets de Saint Jean que nous venons d’entendre). Or la vie est notre bien le plus précieux.

Précieux mais fragile. L’expérience nous l’enseigne : la mort peut survenir à tout âge et, même si de longs jours nous sont accordés, même si les progrès de la médecine en prolongent  le cours, la fin de notre vie terrestre est inéluctable. Beaucoup de nos contemporains s’évertuent par tous les moyens d’évacuer cette pensée tant elle leur « gâche la vie ».

Bien précieux que la vie, mais menacé par les violences, les guerres, les catastrophes, la malnutrition. Bien précieux, mais soumis à l’érosion par les conditions de vie difficiles pour le chômeur, le sans-abri ou encore le travailleur épuisé par un labeur inhumain. Bien précieux, mais que ne peut apprécier le mal-aimé abandonné à une solitude qui le déprime. De l’existence de beaucoup de nos contemporains de par le monde, près de nous peut-être, on pourrait dire : « ce n’est pas une vie ».

Qu’est-ce donc que la vraie vie, cette vie que le Christ entend nourrir en nous offrant sa chair, « vraie nourriture » et son sang « vraie boisson » ? Les textes de la liturgie de ce dimanche nous donnent quelques repères.

Dieu est la vie et il donne la vie

Cette certitude était au cœur de la foi d’Israël au « Dieu vivant ». Mais il n’est pas de certitude qui ne subisse l’usure du temps. Il est bon que le Deutéronome rappelle au peuple de l’alliance comment Dieu le maintint en vie au cours de la traversée du désert. Chaque  jour, avec  la manne, il recevait de Dieu une vie menacée par la famine. Cependant cette expérience de salut matériel devait faire accéder Israël à une vérité plus profonde : « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ». Ainsi, se ressouvenant de l’exode, il voit dans la manne la parole même de Dieu, vraie source de vie. Pour lui, cette parole n’est encore que la loi. Quiconque obéit aux commandements de Dieu s’engage sur le chemin de la vie. Quiconque s’en éloigne marche sur une route de mort. Toute l’histoire du peuple hébreu, avec ses infidélités et ses retours à Dieu lorsqu’il prête l’oreille à la voix des prophètes, montre qu’il n’est jamais facile de choisir la vie.

Pour l’apôtre Jean et la communauté à laquelle il s’adresse, cette parole de vie c’est Jésus lui-même. « Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. En lui était la vie ». Ainsi tout est dit : Jésus, le Christ, est la parole de Dieu. Pour vivre il faut s’en nourrir.

L’eucharistie manifeste la permanence de ce dynamisme de vie présent en Jésus, le Christ. C’est pourquoi il peut dire : « De même que le Père qui est la vie m’a envoyé et que moi, je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra par moi ». Sur cette vie, la mort n’aura pas de prise : « celui qui mange ma chair et boit mon sang, je le ressusciterai au dernier jour ».

Le pain eucharistique est communion au corps brisé du Christ. La coupe est communion à son sang répandu. Mais la communion à la passion du Christ est aussi communion au corps et au sang du Christ ressuscité. Chaque eucharistie nous introduit dans la louange infinie que le Christ a rendue au Père dans l’obéissance de la croix et dans la gloire de la résurrection.

Chaque fois que nos communautés font mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur, nos vies se transfigurent dans l’espérance de la résurrection. Alors les paroles du Deutéronome prennent tout leur sens.

Souviens-toi… Dieu t’a fait connaître la pauvreté. Il t’a fait sentir la faim. Il voulait savoir ce que tu as dans le cœur. Cette vie dont tu es si fier, tu vois bien qu’elle est don de Dieu. Un don pour toi et pour tout homme.  As-tu assez de foi pour la risquer comme Jésus pour le service de tes frères ? Pour qu’ils sachent que l’esclave est appelé à la liberté, l’affamé à la table servie, l’esseulé à la réunion de famille et tous à la vraie vie ? Et ce ne sont pas là métaphores mais travail du Christ à poursuivre dans le quotidien de nos vies.

Sortons de l’esclavage d’Egypte et n’ayons pas peur : le Seigneur nous invite à la vie.

Profession de foi ou Première Communion


Au moment de quitter ses apôtres, Jésus leur a laissé une parole : « Demeurez dans mon amour ». Une parole de Jésus, c’est important, ça aide à vivre. Je voudrais que vous reteniez bien cette parole. Ce matin, Jésus vous dit, à vous aussi : « Demeurez dans mon amour », restez mes amis. Et Jésus ajoutait : « Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ».

Si vous êtes fidèles

Si vous êtes fidèles : en ce jour de votre profession de foi, mes chers enfants, c’est bien une promesse de fidélité à Dieu que vous faîtes. L’aube que vous portez rappelle qu’au jour de votre baptême, vous avez « revêtu le Christ ». Vous êtes devenus enfants de Dieu. Ce jour-là, vous êtes entrés dans l’alliance d’amour, vous avez été marqués du signe de Jésus-Christ, et c’est pourquoi vous portez cette croix. Et après votre baptême, la semence de foi déposée en vos cœurs s’est développée. Vos parents, des catéchistes, des religieuses, des prêtres vous ont appris peu à peu à connaître Jésus, sa vie, ses paroles, son amour pour vous.

Alors aujourd’hui, librement, personnellement, devant tous, vous allez proclamer la foi de votre baptême, renouveler l’alliance avec Jésus et lui promettre fidélité dans un engagement sérieux, réfléchi de vie chrétienne.

Avec l’aube (vêtement blanc) et la croix, vous portez aussi un cierge comme pour dire : oui, je veux vivre en enfant de Dieu, Jésus-Christ sera ma lumière, je me laisserai guider par sa parole, par son Esprit, par son amour. Dans l’amitié avec Jésus, je veux vivre en enfant de lumière.

« Si vous êtes fidèles à mes commandements », nous dit Jésus, « vous demeurerez dans mon amour ». Demeurer dans l’amitié de Jésus, c’est chercher à le connaître, de mieux en mieux, en groupe, avec vos camarades. Votre profession de foi, inaugure une nouvelle étape de votre vie : vous êtes à l’âge où l’on grandit, où l’on se transforme et où l’on découvre beaucoup de choses. Votre amitié avec Jésus doit grandir elle aussi. Tout ce que vous allez découvrir dans votre corps, votre cœur et votre intelligence, tout doit être éclairé par cette parole de Jésus : « demeurez dans mon amour ».

Demeurez dans mon amour

La profession de foi, c’est une étape dans votre vie, ce ne doit pas être une fête sans lendemain. Jésus vous traite maintenant comme des grands, libres mais responsables. Il vous appelle à grandir avec Lui, à devenir davantage ses amis, et même ses apôtres, tous les jours, à la maison, au quartier, au collège. Pour cela, mes enfants, ne restez pas seuls. C’est ensemble que l’on vit en chrétien, ensemble chaque dimanche à la messe pour prier, communier avec les adultes de la paroisse. Ensemble aussi chaque semaine dans un groupe d’aumônerie pour développer votre foi comme vous le faites pour les langues ou les mathématiques. Autour de vous, comme au temps des apôtres, certains semblent abandonner et quitter Jésus. Vous, c’est ensemble que vous lui resterez fidèles en vous préparant à la confirmation.

Et maintenant, je m’adresse à vous, parents qui m’écoutez. Jésus nous demande d’être pour ces enfants des aînés dans la foi, des aînés qui les aident à grandir dans l’amour vrai. Ces enfants ne peuvent s’engager tout seuls ; ils nous regardent ; il faut qu’ils puissent compter sur notre fidélité : ce matin, nous aussi, nous sommes engagés avec eux. Parents chrétiens qui les avez fait baptiser, souvenez-vous : aujourd’hui, vos enfants ont grandi dans la foi : ils font un pas vers Dieu, nous devons les soutenir, les accompagner car ils nous regardent.

« Demeurez dans mon amour » : cette parole de Jésus est aussi pour nous. A travers ces enfants qu’il nous a confiés, Dieu nous fait signe ; il nous rappelle l’alliance de notre baptême. Que cette journée soit pour nous aussi un pas vers Dieu, car Il nous aime. Parents et enfants, tournons-nous tous vers Jésus : il a été le témoin fidèle de Dieu son Père, et sa fidélité a été plus forte que la mort. Il ne nous lâchera pas, sa fidélité nous est assurée, à une seule condition : « Demeurez dans mon amour ».

A cause de lui (XIII A)


  • 2 Rois 4, 8 – 11, 14 – 16 : Le riche avec sa richesse n’a pas bonne presse dans la Bible. Il arrive pourtant que la fortune se mette avec délicatesse au service de la parole de Dieu. Si Dieu connaît nos richesses, il connaît aussi notre cœur ; il accorde sa grâce.
  • Ps 88 : Dieu nous a sauvés.
  • Rom 6, 3 – 5, 8 -11 : Le baptisé entre dans l’eau du baptême avec son péché comme le Christ est entré dans le tombeau avec le péché du monde. Le baptisé sort de l’eau comme le Christ est sorti du tombeau avec une vie nouvelle.
  • Mt 10, 37 – 42 : « Qui vous accueille, m’accueille ».

Il y a deux paragraphes dans cet Evangile ; on se contenterait  volontiers du second : « Qui vous accueille, m’accueille ». Celui qui m’accueille, accueille Jésus-Christ. Voilà qui nous donne de l’importance. Tout seuls, nous n’aurions pas eu sans doute cette prétention, mais puisque Jésus-Christ nous ouvre cette porte, pourquoi ne pas en profiter ? Et s’il arrive que notre humilité personnelle nous épargne de manière très naturelle de nous prendre au sérieux, notre orgueil collectif va s’épanouir de manière tout aussi naturelle à partir des groupes auxquels nous appartenons. « Qui accueille mon Eglise avec ses priorités, ma communauté avec ses sensibilités, mon groupe d’évangélisation ou de service accueille Jésus-Christ ». Combien de chrétiens aujourd’hui se battent et interviennent auprès des autorités pour que leur groupe soit reconnu, accueilli dans l’Eglise !

Oui vraiment, ce second paragraphe est sympathique, encore qu’on puisse le lire d’une autre façon. Si nous voulons être accueillis, sommes-nous prêts à accueillir les envoyés de Dieu qui nous interpellent ? Ils disent des choses désagréables souvent ; ils posent des questions inconfortables et il n’est jamais évident au premier coup d’œil qu’ils viennent de la part de Dieu.

Il y a donc le premier paragraphe. Il est démesuré par les exigences qu’il exprime. On savait qu’il faut aimer les autres comme soi-même. Il faut  maintenant  préférer Jésus-Christ à tous nos proches. Une mère doit-elle négliger ses enfants pour s’adonner à des œuvres de piété ? Parmi les projets dont on parle dans notre société, il y a celui de construire davantage de prisons. On dit que les jeunes constituent une bonne proportion de la population pénitentiaire. Dans bien des cas, on peut penser que des jeunes n’auraient pas pris ce chemin de peine s’ils avaient connu un peu de tendresse, un peu d’attention à la maison.

Il est clair que le Seigneur ne demande pas aux parents de se désintéresser de leurs enfants et il ne demande pas aux enfants de laisser tomber leurs vieux parents. Mais il veut qu’on l’aime d’abord parce que l’amour de Lui garantit la qualité de tout autre amour. L’amour de Lui nous protège contre les dérives de tout autre amour. « Qui veut garder sa vie - pour soi - la perdra ; qui perdra sa vie - à cause de moi - la gardera ». Ce qui intéresse le Seigneur, c’est que finalement, nous soyons des vivants. Avec deux expressions : « Pour  soi » et « à cause de moi », il nous montre un chemin. Ces deux expressions s’opposent farouchement.

Essayons de traduire : Rien de ce que j’aurai fait « pour moi » ne subsistera. Rien de ce que j’aurai fait « à cause de Lui » ne sera perdu. Mais, pourrions-nous dire, il y a tout ce que je fais « pour lui » ! De ce que j’ai fait « pour lui », il ne restera rien si je l’ai fait « à cause de moi… » De ce que  j’ai fait  « pour lui », rien ne sera perdu si je l’ai fait « à cause de Lui ».

Si nous observons nos conversations, nous pouvons remarquer que l’expression « à cause de » donne toujours de l’intérêt à nos échanges justement parce que quelqu’un est mis en cause. « J’ai quitté mon pays, ma famille, ma profession à cause de toi ». Les parents se saignent aux quatre veines à cause de leurs enfants. Des enfants ne partent pas en vacances « à cause de » leurs parents gravement malades.

Cette expression « à cause de » nous aide à exprimer le motif qui nous fait agir. On dit parfois de quelqu’un qu’il nous fait marcher. On n’a pas envie de rendre service mais à cause de celui qui nous le demande on va s’y mettre.

Il faut avouer que si rien ni personne ne nous faisait marcher, on n’irait pas loin.

« A cause de », c’est l’étincelle qui enflamme le carburant de notre moteur. « A cause de Lui », Pierre, les Apôtres et combien d’autres depuis ont tout quitté et l’ont suivi. « A cause de Lui », Pierre et Paul et combien d’autres depuis ont connu une mort violente. « A cause de Lui », Benoît, François d’Assise, François Xavier, Ignace de Loyola, Thérèse et combien d’autres depuis ont quitté l’argent, les relations, une carrière pour se consacrer à la prière ou « crier l’évangile sur les routes du monde ».

« A cause de Lui », chaque jour, des gens s’arrachent à la fatigue, à leur vie familiale, à la télé pour chercher avec d’autres comment le faire connaître et aimer. « A cause de Lui ! » Mais nous, que faisons-nous à cause de Lui ?

Sommes-nous venus dans cette église « pour nous » ? Pour avoir la conscience tranquille ? Pour pouvoir dire que nous avons montré l’exemple et satisfait à notre devoir ?

Sommes-nous venus ici « à cause de Lui », parce que nous sommes pris dans son alliance, une alliance qui nous fait exister dans toutes les complications que la vie nous fait traverser ?

En ce cas, qu’on aille n’importe où, qu’on soit bien ou mal reçu, c’est le Seigneur qui à travers nous sera ou non accueilli parce que ce sera lui qui sera en cause.

Mission exceptionnelle (Nativité de St Jean Baptiste A)


Jean-Baptiste que nous fêtons aujourd’hui occupe une place unique dans l’histoire du salut. Il avait reçu de Dieu la mission exceptionnelle de reconnaître, d’accueillir et de proclamer la venue du Christ, Messie et Fils bien-aimé du Père. Chaque mission reçue et accomplie fait avancer les projets de Dieu.

Recevoir une mission

Dieu choisit qui il veut, et souvent de la manière la plus inattendue. A lui l’initiative. Jérémie nous le rappelle : « Le Seigneur me dit : Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu ne viennes au jour, je t’ai consacré prophète pour tous les peuples ». (Jér 1, 4)

Au moment voulu, l’appel retentit au cœur de l’homme. Amos était en plein labour ; David, le pâtre roux, gardait son troupeau ; Pierre tirait ses filets. Au moment le plus décisif de l’histoire du peuple choisi, Jean Baptiste fut, au dire de Jésus, « une lampe ardente et lumineuse ». Par sa prédication, il éclaira la route vers l’alliance nouvelle et éternelle en Jésus-Christ.

Dès le sein de sa mère

La mission de Jean fut annoncée à son père, de service dans le temple. Du message de l’ange retenons cette phrase prophétique : « Il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère ». Seul l’Esprit-Saint peut donner assez de lumière intérieure pour entendre et reconnaître la voix du Seigneur. Seul l’Esprit peut donner assez de force et d’amour pour surmonter les obstacles et permettre de remplir une mission aussi exceptionnelle que le fut celle de Jean.

Tiens ta lampe allumée

Pour mieux se préparer à sa mission, Jean se retira au désert. Pour les Juifs, le désert est le lieu du dépouillement, du silence où Dieu parle à son peuple, le lieu de purification qui prépare à entrer dans la terre promise pour y accueillir le Messie ; c’est un lieu de simple passage du peuple en marche vers l’avenir de Dieu.

Lorsqu’il surgira du désert, il proclamera tout cela, net et clair. « En ces jours-là, apparaît Jean le baptiseur, prêchant dans le désert : faites pénitence, car le règne de Dieu est proche. Je vous baptise dans l’eau pour la pénitence. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi. Il vous baptisera dans l’Esprit et le feu ».

Il ira jusqu’au bout de sa mission. Il fera signe à ses disciples de suivre Jésus. « Le lendemain, Jésus se tenait encore là, ainsi que deux de ses disciples. Et, attachant son regard sur Jésus qui passait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu... » « Les deux disciples entendirent ce qu’il disait et suivirent Jésus ». Jean a présenté Jésus à tous les hommes pour une nouvelle alliance.

Nous, les baptisés

Le Christ n’aura jamais fini de se présenter à l’humanité, de génération en génération. Et nous, les baptisés dans l’Esprit-Saint et le feu, nous sommes appelés à témoigner par nos actes et nos paroles que le Christ est le Fils de Dieu sauveur.

Nous serons signe d’une présence, celle du Christ qui vient témoigner de l’amour du Père. Nous serons lumière pour aider les hommes de notre génération à discerner ce qui peut les aider dans leur marche vers le Christ. Nous serons signes quoique pécheurs, si sans cesse, nous soyons en travail de conversion ; si nous voulons orienter nos efforts vers la réussite des projets de Dieu, vers la gloire de Dieu.

Il faudra leur dire (Sacré Cœur A)


Nous avons plusieurs fois entendu Francis Cabrel chanter cette chanson-là : « S’il est vrai qu’il y a des gens qui s’aiment, il faudra leur dire... » Aujourd’hui, nous sommes invités à découvrir qu’il y a un Dieu qui aime. Aujourd’hui, nous sommes invités à reconnaître que c’est lui le premier qui nous a aimés. Ensemble, certes nous lui en dirons notre reconnaissance mais aussi nous lui demanderons de nous aider à poursuivre sur la même route maintenant encore.

Ces jours-ci, j’ai écouté. J’ai écouté les gens parler de Dieu. C’est curieux, vous savez, le nombre de gens qui parlent de Dieu. Je n’aurais jamais cru que ça pouvait être si fréquent. Il y a eu un décès et on a dit : « depuis le temps qu’elle souffrait ! Le Bon Dieu aurait pu la prendre plus tôt ». Il y a eu un accident de la route, un grave accident de la route. On a dit : « s’il y avait un Bon Dieu croyez-vous que des choses comme ça arriveraient ? » Les enfants du catéchisme m’ont dit : « Pourquoi, Dieu a-t-il fait des blancs (noirs) ? Si tout le monde était noir, il n’y aurait pas de racisme ! »

Vous me direz : « ce sont des gens peu avertis qui disent des choses pareilles ». Mais aujourd’hui encore, la première lecture que nous avons faite, nous renvoie à cette époque où Dieu est vu comme le Dieu de son peuple et l’adversaire de tous les adversaires de son peuple. Certes, le Dieu d’Israël est présenté comme un Dieu de tendresse, capable de devenir un père, une mère pour son peuple. Mais c’est finalement un Dieu assez raciste. Il prescrit d’ailleurs d’aimer son prochain et de détester son ennemi.

Il nous est facile aujourd’hui de dire que ce sont de vieilles choses et qu’elles sont abolies depuis bien des siècles. Mais n’y a-t-il pas encore, en chacun de nous cette vieille image du Dieu raciste qui traite mieux ses enfants que les autres ? Ne retrouvons-nous pas cela même dans les familles qui demandent le baptême pour leurs enfants afin qu’ils soient protégés ? Ils sont souvent étonnées quand je leur réponds qu’il me semble que si Dieu est Dieu, il aime et il protège les autres aussi bien que ceux qui ont reçu le baptême car notre Dieu a un cœur plus large que toutes les frontières.

Mais le cœur de Dieu s’est révélé quand il a justement envoyé parmi nous son Fils, son Fils unique. Jésus venant en ce monde, Jésus devenant homme nous montre le visage d’un Dieu qui devient notre frère. Il abandonne en quelque sorte ses prérogatives, comme l’écrira Paul dans sa lettre aux Ephésiens, pour se faire le frère, le serviteur de tout homme. Jean vient de nous le rappeler dans la seconde lecture : Dieu le premier, nous a aimés et a envoyé son Fils parmi nous, pour nous.

Dans cette lettre, Jean revient sur un thème qui lui est familier : on ne peut connaître  Dieu que si l’on aime. Seuls ceux qui sont capables d’aimer peuvent connaître Dieu. C’était déjà ce qui était dit dans l’évangile : « C’est à ce signe que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres ». Peut être avons-nous quelque peine à bien voir toutes les conséquences d’une telle parole. Cela veut dire, d’une manière radicale, que notre relation à Dieu est comme suspendue à notre capacité d’aimer. Le texte de cette seconde lecture est même assez étonnant puisqu’il ose affirmer que « tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu ». Il n’y a aucune autre condition. Mais cette condition là est absolue : « Celui qui n’aime pas, ne connaît pas Dieu car Dieu est amour ». Il faut tout de même prendre conscience que des paroles de ce genre relativisent toutes nos autres tentatives d’approcher Dieu puisque seuls ceux qui aiment peuvent connaître Dieu. « S’il me manque l’amour, le reste ne sert à rien ! »

Mais cette parole nous aide aussi à mieux comprendre certaines autres paroles de Jésus : celle qui nous est rapportée par l’évangile de ce jour, par exemple : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». C’est une autre manière de redire la même chose. On ne comprend rien à Dieu, semble dire Jésus, si on le cherche uniquement par les voies de la connaissance et de la sagesse. On ne comprend rien à Dieu si on reste enfermé dans une sorte de suffisance. Les pauvres, les petits, ceux qui sont dépendants, sont mieux à même de comprendre Dieu : car l’amour rend dépendant. L’amour fait qu’à certains égards nous sommes comme aliénés en ce sens que l’essentiel de notre vie dépend de quelqu’un d’autre. C’est presque comme si notre centre de gravité était en dehors de nous-mêmes. Les textes que nous avons entendus nous disent en tous cas que pour Dieu c’est ce qui se passe : ses raisons de vivre, si l’on peut dire, sont en dehors de lui-même et  nous sommes  ses raisons  de vivre. C’est cela qui est étonnant. Ceux qui n’ont rien d’autre que leur capacité d’aimer réussissent mieux auprès de Dieu que ceux qui sont plus rationnellement équipés.

Mais alors, reprenons la chanson de Francis Cabrel : « Si c’est vrai qu’y a des gens qui s’aiment, il faudra le dire... »  Les mots que l’on reçoit, (les mots que Dieu nous adresse) sont comme un parfum qu’on respire. Célébrer l’amour incompréhensible de Dieu pour nous tous  suppose déjà que nous soyons capables de comprendre toute la force de l’amour humain, que nous en respirions le parfum.

Célébrer l’amour incompréhensible de Dieu pour nous c’est aussi accepter de n’entrer en relations avec Dieu que par l’intermédiaire des autres, de la rencontre des autres, de l’amour des autres. « Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous ».

Célébrer l’amour incompréhensible de Dieu pour nous sera aussi prendre conscience de la nécessité d’en parler. C’est le « il faudra leur dire » de Francis Cabrel. Vous comprenez, s’il y a des gens qui s’aiment, il ne faut pas le laisser ignorer. C’est trop important. Mais si c’est un Dieu qui aime, ça vaut encore plus la peine de le proclamer. C’est dire en effet que la vie peut avoir un sens : ce sens est tissé par les efforts de tous les hommes pour créer un monde où il soit possible de s’aimer, ce sens est tissé par l’amour que Dieu nous propose.

Il y a aujourd’hui une telle recherche du sens de la vie, un tel besoin de trouver des raisons de s’investir dans une action et dans une action avec d’autres que s’il existe un endroit où cela puisse se trouver, on ne peut pas prendre le risque de le laisser passer. S’il y a un endroit où la vie puisse prendre un sens, il faut montrer cet endroit, il faut baliser le chemin qui y conduit mais il faut aussi reconnaître tous ceux qui font la même démarche. Les frontières idéologiques, politiques ou religieuses volent en éclats. Il ne reste plus que Dieu, Dieu qui est l’amour, Dieu qui nous appelle à aimer, à nous aimer les uns les autres.

Mais s’il en est ainsi, c’est vraiment « facile à faire, c’est tout ordinaire ». S’il en est ainsi, nous sommes sans doute nombreux à vouloir nous mobiliser pour qu’il y ait « un peu plus d’amour que d’ordinaire », pour qu’il y ait « moins de larmes et moins d’hiver... » S’il en est ainsi, la Bonne Nouvelle que nous avons à proclamer est vraiment capable de mettre un peu de soleil dans la grisaille du quotidien. Si Dieu est amour, il est sûrement exigence mais il est surtout joie et bonheur.

Deux colonnes pour un seul temple (Fête de St Pierre et St Paul A)


La connaissance de Jésus-Christ

Pierre a connu Jésus-Christ durant sa vie terrestre, depuis le premier appel, depuis la première pêche miraculeuse jusqu’à la dernière après l’apparition du ressuscité sur le même lac de Tibériade. Jésus lui dit : « Tu seras pêcheur d’hommes, tu seras la pierre, le rocher de mon Eglise, tu seras le pasteur de mon troupeau ».

Paul a connu le Christ glorifié, le Christ spirituel vivant par son Esprit au cœur de son Eglise, présent mystérieusement dans ses disciples. Il se rendait à Damas pour persécuter et enchaîner des chrétiens. Et il apprend bouleversé qu’il s’agit du Seigneur ressuscité, du juge des vivants et des morts, qu’il allait sans le savoir lui faire subir une nouvelle passion : « Je suis Jésus que tu persécutes ».

N’avons-nous pas besoin encore actuellement de Pierre et de Paul pour mieux comprendre Jésus, Messie et Fils de Dieu, le même hier et aujourd'hui ? Le Jésus de l’histoire, le charpentier de Nazareth est aussi le Seigneur de gloire qui vit par son Esprit en chaque baptisé et est présent mystérieusement  en tout homme. Selon sa parole : « ce que tu as fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que tu l’as fait ».

La défaillance

Pierre et Paul sont de grands saints. Mais ils ont connu, chacun à leur manière, des moments de faiblesse.

Pierre essaie de barrer la route à Jésus qui s’engage résolument sur le chemin de la croix. Il se fait traiter de Satan. Ses pensées sont encore trop humaines quand il se compare aux autres de façon avantageuse : « Quand même tous tomberaient à cause de toi, moi je ne tomberai jamais ». (Mt 26, 33) Et par trois fois devant les questions d’une servante il proclame ne pas connaître Jésus. Il a peur d’être arrêté et supplicié comme son maître. Un regard de Celui-ci et Pierre s’effondrera en pleurant.

Paul dans la fougue de sa jeunesse et son ardeur pour les multiples préceptes de la loi devient intolérant, sectaire, fanatique. Il s’aveuglait et c’est le baptême qui lui ouvrira  les yeux : tous sont appelés à être fils de Dieu. Jésus le retourne. Désormais ce n’est pas la loi qui sauve mais le Messie crucifié et lui seul ; devant la nouvelle mission le disciple se soumet sans condition : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Quelle consolation pour nous, pauvres et fragiles, de savoir que Pierre et Paul nous accueilleront à l’entrée du paradis. Le royaume est ouvert à tous les malades et les pécheurs, mais à condition de nous laisser guérir par Jésus-Christ, toujours présent dans les sacrements de son Eglise et dans la parole vivante et puissante de l’Evangile. Le royaume de Dieu est aujourd’hui plus proche que jamais, convertissons-nous et croyons à la bonne nouvelle. Laissons-nous transformer par le Seigneur. Heureux ceux qui ont le courage d’être doux et pacifiques même si leur amour passionné les expose à suivre Jésus sur le chemin de sa passion.

La mission

C’est le même Seigneur qui envoie Pierre et Paul en mission. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Recevez l’Esprit-Saint ». Mais alors que Pierre devra s’intéresser davantage à son peuple, les Juifs descendants d’Abraham, s’occuper de l’Eglise rassemblée, Paul sera davantage l’apôtre des Nations, ceux des dehors. D’où les tensions, les affrontements. Il faudra réunir un concile à Jérusalem pour équilibrer les forces en présence, Jacques regardant davantage vers le passé et ses traditions ; Paul tourné résolument vers l’avenir et le développement universel de l’Eglise. Pierre au centre, fait figure de médiateur. Finalement tous les participants pourront écrire aux autres chrétiens cette parole magnifique : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes nous avons décidé... ». (Ac 15, 28)

N’est-il pas urgent aujourd’hui de retrouver ce « nous » de l’Eglise unanime et indivise ? De permettre à chacun de s’exprimer librement car il a reçu une part du feu de l’Esprit, non pour démolir, mais pour construire et dans un dialogue ouvert et loyal, de chercher ensemble et en harmonie avec les successeurs de Pierre et de Paul, le pape et les évêques, ce que l’Esprit-Saint désire pour l’Eglise d’aujourd’hui ? Quelle importance, par exemple, donnons-nous au Concile Vatican II ? Nous préparons-nous dans la pleine communion fraternelle aux Pentecôtes de demain, au rayonnement de la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités du monde ? Nos communautés sont-elles ferventes et missionnaires ?

Le témoignage suprême

Finalement les deux apôtres rejoindront leur maître sur la croix. Voici la dernière parole de Jésus à Pierre : « Un autre te conduira où tu ne voudrais pas ». Et Jésus dit de Paul : « Je lui montrerai tout ce qu’il faudra souffrir pour mon nom ». (Ac 9, 16) Pierre sera crucifié la tête en bas en 64 à Rome dans le cirque de Néron. Paul aura la tête coupée en 67 à la sortie de la même ville.

Puissions-nous garder la foi jusqu’à la fin. La logique de l’amour c’est d’aller jusqu’au bout. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». La parole exigeante de Jésus est plus actuelle que jamais : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Il devra porter sa croix et marcher à ma suite ». (Luc 14, 26-27)

Aujourd’hui, comme durant toute l’histoire de l’Eglise, des chrétiens sont martyrisés, emprisonnés, persécutés à cause de leur foi, en Afrique, en Amérique, ou plus simplement dans nos bureaux, nos usines ou nos associations. Et demain ?

Prions aujourd’hui Pierre et Paul qui nous encouragent par leur exemple. Faisons confiance au Seigneur qu’ils ont servi, aimé et suivi jusqu’à la mort. Si nous tremblons il nous rassure : ne craignez pas petit troupeau. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien. Le grain de blé ne doit-il pas tomber en terre et mourir pour porter beaucoup de fruits ?

End FAQ

 


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