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Accueil "Longo" La demande de l'Eglise
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Mois de mai 2014 – La demande de l’Eglise


La parole, le pain, l’annonce (3 P A)


  • AA 2, 14 – 22 – 28, 33 : L’essentiel de notre foi, c’est cette Bonne Nouvelle : Jésus, mort en croix, est bien vivant ; Il nous ouvre le chemin de la vie.
  • Ps : Sur les chemins.
  • 1 Pierre 1, 17 – 21 : Découvrir que Jésus est vivant et qu’Il donne sens à notre vie, c’est cela, être chrétien.
  • Luc 24, 13 – 35 : Jésus chemine toujours avec ceux qui le cherchent, et il comble de joie ceux qui le reconnaissent.

Devant un tel récit, on aurait envie de se taire et de contempler, tant il est rempli de poésie, d’humanité, de foi... Luc nous a laissé là un de ces petits chefs d'œuvre dont il a le secret.

Il s’agit d’une rencontre sur la route. Le déroulement en est très construit, dans un parallèle d’oppositions. D’une part, deux disciples vont de Jérusalem à Emmaüs, mais leurs yeux sont empêchés de reconnaître Jésus qui fait route avec eux. D’autre part, leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent, Jésus alors leur devient invisible. Enfin lès disciples reviennent à Jérusalem, tout joyeux de croire. Un récit très construit qui s’articule autour de deux signes majeurs : la parole et le repas. C’est à partir de ces signes que les disciples passent du doute à la foi, du découragement à l’espérance, de la fuite à la mission. Nous avons là un modèle de catéchèse en trois temps : le temps de la parole sur la route, le temps du sacrement à l’auberge d’Emmaüs, et enfin  le temps de la conversion et du témoignage : le retour parmi les apôtres à Jérusalem.

Emmaüs, notre route

Ceci se passait à Emmaüs, nous dit Luc, à deux heures de marche  de Jérusalem, une dizaine de kilomètres environ. Mais où donc se trouve Emmaüs ? La localisation en est incertaine, et aujourd’hui encore, trois localités se disputent cette gloire... Et si Emmaüs n’était pas seulement un lieu mais surtout un cheminement, un itinéraire spirituel ?

Emmaüs  est n’importe où, Emmaüs est partout où le Seigneur Jésus révèle sa présence : pour Paul, ce fut à Damas, pour Claudel, derrière un pilier de Notre-Dame de Paris, et pour nous ? Emmaüs est là, chaque fois que Dieu nous fait signe sur la route de la vie, tandis que nous avançons, croyants incertains, chercheurs de Dieu dans le doute et quelquefois la nuit. Alors puisqu’il s’agit de nous, prenons le chemin d'Emmaüs, celui de nos questions et de nos doutes, et apprenons comment Jésus nous y rejoint, nous éclaire, réchauffe notre cœur et nous convertit à la foi en sa présence de ressuscité.

Le signe des Ecritures

Le premier temps est celui de la parole sur la route, qui tourne le dos à Jérusalem. Alors que toute la vie de Jésus est présentée par Luc comme une marche, une « montée » vers Jérusalem la ville sainte, voici que les deux disciples désespérés lui tournent le dos. Toute l’aventure vécue avec Jésus et l’immense espoir soulevé  dans leur cœur, se termine dans l’échec de la croix. Jésus est mort. C’est fini.

Sur cette route du désespoir, Jésus s’approche et marche avec eux. Jésus fait redire aux deux hommes ce qu’ils ont sur le cœur, ce qu’ils viennent de vivre ; Il leur pose des questions et, à partir de leurs réponses, Il leur propose une autre lecture des évènements, leur fait remarquer d’autres signes. Il les invite à tout relire « selon les  Ecritures » et non plus selon leur attente d’un libérateur politique et triomphant. Tandis qu’Il cite Moïse et les prophètes, ils comprennent que le Messie annoncé devait souffrir avant d’entrer dans la gloire de Dieu. Alors, la passion et la croix ne sont plus un échec, mais une preuve suprême d’amour. A la lumière. De la parole de Dieu, tout prend un autre sens, et un avenir s’ouvre devant  eux... Ils se reprennent à espérer.

Ainsi la parole de Dieu éclaire ce que nous avons à vivre d’une lumière nouvelle. Une autre lecture nous est proposée.

Le signe du repas

Marchant avec leur mystérieux compagnon sur la route d’Emmaüs, nos deux disciples sont déjà intérieurement « retournés » : ils ne voient plus les choses de la même manière ; le signe de la parole les a éclairés. C’est alors qu’intervient le signe du repas. C’est là que se fait la reconnaissance. En rompant le pain avec eux, Jésus pose le signe de l’alliance, le signe de la cène. C’est ce geste qui leur ouvre les yeux, ce geste qui est un sacrement de l’invisible, un sacrement de sa présence. C’est par ce signe, désormais, qu’il reste avec eux. Ils le reconnaissent à la fraction du pain...

Conversion et témoignage

Vient alors le troisième temps, celui de la joie retrouvée, de la joie à annoncer. Après avoir eu le cœur retourné par la parole de Jésus, ils « retournent » à Jérusalem tout joyeux : « c’est vrai, le Seigneur est ressuscité ».

Ayant reconnu la présence du Ressuscité, nous sommes invités à reprendre la route pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous ceux qui cherchent dans la nuit ou qui pensent que leurs chemins ne mènent à rien... « Sur les routes des hommes, le Seigneur nous attend ».

Tu es mon berger (4 P A)


  • AA 2, 14 – 36 – 41 : La première prédication chrétienne, le jour de la pentecôte.
  • Ps 22 : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer.
  • 1 Pierre 2, 20 – 25 : Pierre médite sur la patience héroïque du Christ, assumant jusqu’au bout sa tâche de pasteur de tous les hommes.
  • J 10, 1 – 10 : Jésus a vraiment tout donné pour que nous ayons la vie en abondance.

Un choix radical

Les textes que nous venons de lire aujourd’hui, présentent une grande unité. Ils sont centrés sur la personne du Christ seul berger de tous les hommes, seule porte qui conduise à la vie. Les formules sont abruptes, presque scandaleuses : « Ceux qui sont venus avant moi sont tous des voleurs et des bandits mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. Il pourra aller et venir et il trouvera un pâturage ».

Est-ce à dire que ceux qui ont parlé ou agi, en dehors du Christ, ont tous été des voleurs et des bandits ? Non, bien sûr. Jésus lui-même reconnaitra l’Esprit de son Père à l’œuvre chez des païens et il l’a dit : « qui n’est pas contre nous est pour nous » (Mc 9, 40). Jésus a dit aussi que beaucoup, venant d’horizons différents, prendraient place au banquet céleste. Sur un seul point Jésus est tout à fait radical : c’est la question du salut, c’est-à-dire du véritable trajet que l’homme doit parcourir pour que sa vie prenne son vrai sens, pour que la création prenne sa vraie signification. Qui prétend se substituer à lui, et il y a beaucoup aujourd’hui de ces marchands de sagesse, de ces gourous aveuglément suivis, est un menteur. Il égare ceux qui font la folie de le suivre.

Comprendre une telle radicalité n’est pas à notre portée, mes bien chers amis, c’est un don de l’Esprit qui n’est pas d’abord une évidence intellectuelle mais le fruit d’une expérience. Si nous passons cette porte dont nous parle l’Evangile d’aujourd’hui, si nous écoutons le Seigneur, alors, de l’intérieur, nous verrons les choses autrement et nous commencerons à comprendre pourquoi Jésus parle ainsi.

Une expérience à faire

C’est justement à ce genre d’expérience que le Seigneur, avec beaucoup de persévérance, a convié l’apôtre Pierre : Pierre a dû voir en face sa présomption, sa faiblesse, découvrir la dimension ignorée de celui qu’il croyait aimer. Il a dû faire même l’expérience de sa lâcheté, de la trahison, pour, enfin, pouvoir choisir le Christ d’une manière radicalement neuve qui s’épanouira et se confirmera jusqu’au martyr. Voilà le trajet bien instructif de quelqu’un qui avait pourtant vu Jésus de très près !

Jésus n’était plus, pour lui, un être extérieur qu’il aimait et admirait, qu’il essayait de copier à sa manière. Il était devenu le cœur de son cœur et l’Esprit de Jésus ne faisait vraiment plus qu’un avec son esprit. Pierre pouvait alors saisir de l’intérieur les exigences de Jésus !

Jésus lui-même a été soumis à cette expérience et a dû apprendre l’obéissance, tout Dieu qu’il était, comme le médite l’Epître aux Hébreux. Il a dû réaliser, pour lui le premier, l’exigence radicale de la vérité qu’il nous propose. Il a médité le Psaume 22 que nous avons lu tout à l’heure, et les prophéties d’Ezéchiel sur les bons et les mauvais bergers. Jésus, nourri de ces textes, pense d’abord que son Père est pour lui le bon berger qui disposait tout pour son fils bien aimé de manière à lui permettre de remplir sa mission : montrer aux hommes le vrai visage du Père, leur enseigner comment dire : « Notre Père ».

Jésus a vécu avec une intensité que nous avons peine à nous figurer cet émerveillement devant l’action du Père, surtout dans le cœur des humbles et des petits. Il a vécu le réconfort et la lumière que son Père lui donnait quand il devait affronter, comme un homme, les redoutables pièges et les attaques de l’ennemi qu’il venait combattre : « Si je passe au ravin de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi... »

Jésus, a connu cette force mystérieuse qui le rejoignait dans son total désarroi, dans son affreuse solitude, comme au jardin des Oliviers.

« Tu prépares une table pour moi ». Ce sont là tous les mystères de l’Eucharistie où Jésus va vivre et transmettre secrètement son message et sa personne. Tout ce que Jésus vit, il sait qu’il ne le vit que pour nous. De même que le Père a été son berger, dans tous les détails de sa vie, berger infiniment aimé, de même Jésus est notre berger !

A nous de faire cette expérience

A quoi nous invite Jésus ? A quoi nous invite l’Eglise en son nom ? Justement à faire l’expérience de Jésus. A le suivre avec cet amour, cette confiance totale avec lesquels lui-même a fait la volonté du Père. Il s’agit de passer une porte, c’est-à-dire  de faire une expérience  nouvelle, déconcertante. Quand quelqu’un a enfin commencé à faire l'expérience du pâturage du Seigneur, où il peut aller et venir en toute quiétude, il apprend à reconnaître entre toutes la voix inimitable du bien aimé. Celui-là n’a plus besoin qu’on l’instruise. Au dedans de lui il commence à comprendre et il peut dire avec Pierre qui a été notre moniteur aujourd’hui : « Seigneur, à qui irions-nous, toi seul as les paroles de la vie éternelle ». Croyez-le : si vous apprenez à reconnaître la voix du Seigneur, comme l’ont fait les saints, vous éveillerez un grand désir et une grande espérance chez vos frères les hommes.

L’Esprit de paix (5 P A)


  • AA 6, 1 – 7 : Par la fidélité à la parole et à la prière, les apôtres invente un nouveau ministère, une nouvelle structure d’Eglise vivante.
  • Ps 32 : Seigneur Jésus est vivant.
  • 1 Pierre 2, 4 – 9 : L’Eglise n’est pas seulement une institution comme les autres, elle est aussi un mystère à vivre de l’intérieur.
  • J 14, 1 – 12 : Soyons des pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel.

Des pierres vivantes

Nous sommes donc des pierres vivantes de l’Eglise de Dieu ? Oui, depuis notre baptême mais rien n’est automatique dans les réalités intéressantes de la vie humaine. On ne devient ni un artiste ni un sportif parce qu’on en a pris l’étiquette ! Dans la vie d’un couple, les efforts d’hier ne dispensent pas de ceux d’aujourd’hui. Ce n’est pas parce qu’on est ensemble qu’on s’aime, il est indispensable de se choisir tous les jours, de reconstruire l’amour que les circonstances, l’usure, l’habitude, ont tendance à compromettre ou, tout simplement, à banaliser et, par le fait même, à détruire. A quelles conditions serons-nous vivants ? Comment pourrons-nous faire des progrès ? Voilà ce que nous devons demander au Seigneur aujourd’hui. Il faut grandir, comme Jésus de Nazareth, c’est la loi de la vie : « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père ». Jésus à la droite du Père peut nous aider puissamment. Profitons-en !

Une loi fondamentale

Il nous faut voir clairement une loi fondamentale de notre vie cachée, celle que seule la foi révèle à travers la parole de Dieu et l’expérience des saints : être des pierres vivantes selon l’Evangile ne va pas de soi, c’est une vie qui se reçoit d’un esprit bien particulier qui est l’Esprit Saint. C’est là cette loi fondamentale de notre vie cachée à laquelle je faisais allusion.

Quel esprit nous anime ?

Nous sommes créés par Dieu, voulus en profondeur par lui pour être animés par l’Esprit Saint, exactement comme Jésus l’était lui-même : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, mais c’est le Père qui demeure en moi qui accomplit ses propres œuvres ». Jésus ne parle pas de lui-même. C’est l’Esprit du Père qui parle en lui. C’est là que nous pouvons mesurer, si j’ose dire, l’extraordinaire unité entre le Père et le Fils, qui est l’unité de l’amour même, dans la joie, la liberté, sans trace de servilité, de peur, de contrainte ou même d’automatisme.

Nous sommes faits pour parler, pour vivre, pour agir dans l’Esprit Saint qui est, en fait pour nous l’Esprit du Christ, comme pour Jésus, il était l’Esprit du Père. Et c’est là que les choses se compliquent singulièrement pour nous.

Le grand écrivain russe Soljénitzyne reconnaît que « c’est sur la paille pourrie des prisons » qu'il a compris qu’il y avait comme une frontière invisible qui passait au cœur de chacun de nous. Cette frontière mobile, sans cesse en mouvement délimite justement ce qui en nous est vivant, de la vraie vie de Dieu, et ce qui ne l’est pas... Sous quel esprit vivons-nous ? Voilà la question essentielle. Jésus le dit clairement à ses disciples qui veulent se venger sur ceux qui ne les ont pas reçus : « Vous ne savez pas sous quel esprit vous êtes ! » De même, il dira aux Pharisiens : « C’est Satan, le père du mensonge qui est votre Père ! »

Que faire ?

Comment nous situer spirituellement, à chaque instant, pour que la vie gagne en nous et que la mort recule ? Vous comprenez très bien que c’est là exactement le secret de la vie véritablement humaine que Jésus vient vivre au milieu de nous pour que nous la vivions à notre tour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

N’attendons donc pas de recettes. Le chemin, ici, se trace en marchant. Si nous sommes unis au Christ, c’est le résultat de cette opération qu’on appelle justement la vérité ! L’Esprit nous dit clairement ce qui lui est contraire dans notre comportement. Ce qui le contraint, à regret, à laisser la place à un autre esprit.

Tout ce qui est agitation, préoccupations inutiles, tout ce qui est marqué par la peur, le trouble, crée une sorte d’atmosphère opposée à cette paix, cette joie secrète, qui peut être cachée par l’aridité, par la sécheresse, cette paix et cette joie qui sont, comme dit saint Paul, les marques distinctives de l’Esprit qui vient de Dieu. Vous m’objecterez que Jésus a connu affreusement cette peur et ce trouble, au jardin des Oliviers. Il les a affrontés, comme nos plus effroyables ennemis, mais pour les vaincre définitivement : « Confiance, j’ai vaincu le monde ! »

Mettons donc en premier et quoiqu’il arrive cette paix du cœur faite de confiance et d’humilité qui est comme la mangeoire de l’étable de Bethléem, une humble disposition du cœur où le Fils de Dieu peut venir et reposer.

La vraie paix est cette modeste maison de Nazareth où le Fils de Dieu a choisi de descendre. Qui consent à y descendre avec Jésus y trouve Marie, celle par qui l’Esprit vient dans le monde. Il peut alors s’unir parfaitement au Fils de Dieu comme Jésus ne faisait qu’un avec le Père. Il n’a plus rien à craindre, il deviendra une pierre vivante du temple de Dieu.

Annoncer la vie (6 P A)


  • AA 8, 5 – 8, 14 – 17 : L’Esprit permet de discerner les signes du royaume et d’accueillir la parole de Dieu : voilà pourquoi Pierre et Jean sont envoyés aux habitants de Samarie.
  • Ps 65 : Terre entière acclame Dieu.
  • 1 Pierre 3, 15 – 18 : Témoin de l’espérance, le chrétien sera attaqué. Sa foi le gardera dans la droiture et la douceur.
  • J 14, 15 – 21 : Jésus ne nous laisse pas seuls. Son Esprit nous est donné par le Père ; à nous d’y être fidèles dans l’amour.

En tous ces dimanches après Pâques, vous l’avez sûrement remarqué, nous suivons, dans la première lecture de la messe, le récit continu des Actes des Apôtres : nous revivons par là l’histoire des commencements de l’Eglise. Plus profondément encore, c’est la puissance de la résurrection du Christ qui nous est montrée en actes. La résurrection de Jésus n’est pas seulement un fait et un mystère, elle est un ferment qui transforme les croyants. Voyez le changement des apôtres. Elle est une force qui, peu à peu, transforme le monde : c’est ce que nous montre la première lecture de ce dimanche.

Jusqu’alors, les apôtres sont restés à Jérusalem pour témoigner de la résurrection de Jésus. On les a arrêtés, mis en prison, on les a jugés, puis relâchés en leur défendant de parler. Mais ils ont rempli tout Jérusalem de leur foi, et la communauté des croyants devient de plus en plus nombreuse, regroupant des Juifs aussi bien que des Grecs au point qu’il faut s’organiser pour le service des tables. Pour se décharger, les apôtres confient alors ce ministère à sept hommes auxquels ils imposent les mains. Parmi eux, il y a Etienne : il est si ardent en prêchant la résurrection de Jésus qu'il déclenche une persécution, et les chrétiens sont obligés de se disperser pour échapper à la mort.

C’est dans ces circonstances que Philippe, l’un des Sept, arrive dans une ville de Samarie en y proclamant le Christ : voyez comment Dieu mène les évènements et se sert de tout en vue du royaume : c'est parce qu’il doit fuir Jérusalem que Philippe arrive en Samarie. Mais ce qui est fuite de la persécution, Dieu le transforme en occasion favorable pour la mission. Pour la mission : car la Samarie, pour un Juif, est une terre étrangère, terre hérétique même. Les Samaritains avaient fait bande à part, leur population s’était mêlée aux étrangers ; ils n’admettaient comme écriture que les Livres de Moïse, en rejetant les prophètes ; ils avaient bâti un temple rival sur le mont Garizim. Bref, la Samarie, pour un Juif, c’est une terre impure et un peuple hérétique.

Evangile sans frontières

Et voilà que Philippe arrive en Samarie. Ce que Jésus avait fait pour une femme de Samarie qui s’était ouverte à sa parole, Philippe va le faire pour une ville entière : « Et là, en Samarie, il proclamait le Christ ». Il le proclame par la parole, et il le  proclame par des signes. Et de même que la Samaritaine était devenue croyante à la parole de Jésus, de même ces Samaritains accueillent la parole de Dieu annoncée par Philippe. Telle est la force de la parole de Dieu, telle est la puissance de la résurrection aucun homme, aucun peuple n’en est exclu. Oui, même des hérétiques peuvent l’accueillir et en être transformés ; voilà ce que constate Philippe, et avec quelle joie !

La scène suivante se passe à Jérusalem où, malgré la persécution, les apôtres sont restés. Et apprennent que les gens de Samarie ont accueilli la parole de Dieu. On a l’impression, en lisant le texte, qu’ils sont un peu étonnés : souvenez-vous de ce qu’est la Samarie pour un Juif, même devenu chrétien, qui vit à Jérusalem. Bien sûr, les apôtres se souviennent que Jésus avait parlé avec une Samaritaine. Ils en étaient restés tout étonnés... Ils se souviennent même que Jésus avait parlé plusieurs fois des Samaritains, et toujours en bonne part. Bien sûr, les apôtres se souvenaient de tout cela, mais tout de même, la Samarie...

Mission en Eglise

Alors ils y envoient Pierre et Jean, les principaux responsables, pour voir. Et quand ils arrivent, ils trouvent des croyants, ils trouvent des gens qui ont même reçu le baptême : voici que la puissance de la résurrection de Jésus a gagné la Samarie et que ce peuple, jusque-là regardé comme hérétique et  impur, est entré dans la communauté des croyants.

Pierre et Jean, responsables de la communauté, n’ont plus qu’à « confirmer » l’œuvre de Dieu commencée par Philippe : ils imposent les mains aux Samaritains, et ceux-ci reçoivent l’Esprit-Saint, esprit d’unité, de paix et de joie. Double conversion que celle décrite par cette première lecture : conversion des Samaritains, aucun peuple, aucune race, aucune culture, n’étant exclus du salut ; mais aussi conversion des apôtres qui découvrent que le don de Dieu est pour tous les hommes, sans distinction. Philippe, Pierre et Jean sont devenus « témoins de la résurrection », en un double sens : d’une part, ils ont annoncé la résurrection comme vérité de foi dont ils pouvaient témoigner. Mais d’autre part, ils ont été témoins de la puissance de la résurrection chez les Samaritains.

Apôtres en actes

Frères et sœurs, c’est à nous de continuer les Actes des Apôtres aujourd’hui. Pour annoncer le Christ vivant et sauveur, aucune situation n’est désespérée : pas plus l’indifférence de notre monde actuel que la persécution au temps de Philippe. Demandons à Dieu lumière et force pour être toujours « prêts à rendre compte à ceux qui nous le demandent, de l'espérance qui est en nous ».

Absent mais agissant (Ascension A)


  • AA 1, 1 – 11 : Saint Luc montre le ciel où disparaît Jésus, pour mieux nous faire aimer notre tâche sur la terre.
  • Ps 46 : Que nos cœurs soient fort.
  • Eph 1, 17 – 23 : C’est de la droite du Père que le Christ vient mais il vient pour soulever notre infirmité.
  • Mt 28, 16 -20 : Croyez seulement et allez donc… Soyez mes témoins devant tous les hommes. N’ayez pas peur !

Un paradoxe et une question

Si nous avons vraiment écouté les textes du jour de l’Ascension, nous avons certainement été frappés par un aspect contradictoire : Jésus disparaît mais pour mieux revenir, c’est dire que, mystérieusement, d’une manière qui nous échappe mais réelle, Jésus s’éloigne en apparence mais pour mieux se rapprocher : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Jésus gagne le ciel or ce n’est pas là qu’il faut le chercher mais sur la terre où « tout pouvoir lui a été donné ». Voilà pourquoi il peut nous aider à porter la Bonne Nouvelle à tous les hommes, et non plus aux seuls Juifs, à faire le geste concret du baptême qui introduit les hommes dans la famille de Dieu.

Ces textes d’aujourd'hui nous amènent à nous demander ce que signifie ce ciel où Jésus disparaît ? Quel sens a-t-il par rapport à notre vie concrète d’aujourd’hui ?

Ce que Jésus vient faire c’est la volonté du Père « sur la terre comme au ciel » ! (nous reconnaissons la troisième demande du Notre Père). « Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma propre volonté mais la volonté de Celui qui m’a envoyé... La volonté de Celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour ».

Jésus nous rend le ciel

Jésus vient vivre sur la terre ce ciel pour lequel nous sommes faits et nous le rendre.

A l’époque de Noé, quand le péché et la barbarie avaient envahi la terre, Noé et sa famille avaient été sauvés dans cette arche qui est la première image de l’Eglise, comme le dit saint Pierre. Le ciel était menaçant. C’est de lui qu’était tombé le châtiment qui avait presqu’anéanti la terre. L’arc en ciel avait marqué alors comme un premier pont entre le ciel et la terre, une première alliance par laquelle Dieu s’était engagé à ne plus envoyer de déluge si l’homme ne répandait plus le sang.

Les anciens contemplaient ce ciel qui « raconte la gloire de Dieu », comme dit le psaume. Ce ciel d’où vient la chaleur, la lumière, la pluie, ce ciel qui est le trône de Dieu. Mais il paraissait bien loin ! Isaïe méditait sur les chemins de Dieu et les pensées de Dieu qui sont si loin des chemins et des pensées des hommes. (Is 55, 9)

Ce même Isaïe constate cependant que ce Dieu si haut « jette les yeux sur le pauvre et le cœur contrit... » C’est déjà l’esprit des béatitudes qui commence à pointer.

Mais le ciel est trop haut et Dieu est trop loin : « Ah ! si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! » ose crier le prophète (Is 63, 19).

Eh bien ! Dieu a écouté cet appel, il a répondu à ce désir profond qu’il a lui-même allumé  au fond du cœur de l’homme. Il est descendu.

Le ciel peut s’éloigner…

Comment vivre cette merveille ? Comment retrouver la présence amoureuse et parfaitement efficace du Seigneur, ici et maintenant, comme il nous la propose justement dans l’Evangile d’aujourd’hui ? Nous ne pouvons être des témoins valables que si l’Esprit du Christ témoigne en nous, si notre cœur devient son ciel.

Comme Adam et Eve se sont fermés le paradis, nous pouvons nous aussi nous fermer le ciel. C’est d’ailleurs là exactement le sens du premier péché raconté dans la Genèse. L’ennemi suggère au premier couple de s’organiser pour devenir des dieux, sans plus aucune référence au  Père éternel, créateur du ciel et de la terre et surtout source unique de tout amour, donc de toute vérité, de toute réalité. C’est notre péché bien souvent, aujourd’hui, sous une forme ou sous une autre. Nous ne savons pas nous tourner vers Dieu, le connaître, l’expérimenter, le pratiquer si j’ose dire, alors nous ne comprenons plus rien aux choses de Dieu et, par le fait même, nous ne comprenons plus rien aux vraies choses de l’homme qui vont strictement ensemble.

On connaît la boutade qui se veut amusante de Prévert, le poète : « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y... » et il ajoute que cette terre si jolie lui suffit. Il ne voit pas que, sans la présence amoureuse du créateur, qui s’opère par l’Esprit Saint que le Fils nous envoie, cette jolie terre devient un enfer en attendant de devenir un désert !

Naissance de l’Eglise (7 P A)


  • AA 1, 12 – 14 : Réunis en prière avec Marie, les apôtres attendent la venue de l’Esprit.

  • Ps 26 : Ma lumière et mon salut.

  • 1 Pierre 4, 13 – 16 : Malgré les difficultés qu’il rencontre, le vrai témoin du Christ reste joyeux.

  • J 17, 1 – 11 : La grande prière de Jésus : Père, glorifie ton fils. Père, garde ceux que tu m’as donnés.

Après l’Ascension du Seigneur et son retour auprès du Père, voici que les apôtres sont seuls. Que font-ils ? La première lecture vient de nous le rappeler : ensemble ils prient.

Car Jésus n’a rien laissé d’autre, en partant, qu’une communauté de croyants. Jésus n’a rien écrit, Jésus n’a laissé aucune constitution, aucun règlement. Quand il quitte cette terre, Jésus laisse seulement onze hommes qui sont les témoins de sa vie, les dépositaires de ses paroles et de son Esprit, onze hommes faibles et apeurés que l’Esprit de Pentecôte va transformer en apôtres : « Ce Jésus que vous avez crucifié, il est vivant, Dieu l’a ressuscité : nous en sommes témoins ».

Faire Eglise ensemble

Pour l’heure, les onze se préparent à cette mission. Ils se regroupent avec les autres croyants en communauté de foi, avec Marie, mère de Jésus, et  prient. Jésus n’avait-il pas dit « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis là, au milieu d’eux » ? Ils expérimentent cette autre forme de sa présence dans la prière et dans le don de l’Esprit. Ils font « Eglise rassemblée » par l’Esprit. Jésus n’avait-il pas dit au moment de l’Ascension « Je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde » ? Entre l’Ascension et la Pentecôte, les apôtres, et nous avec eux, entrent dans le temps de l’Eglise, ce temps où l’on ne voit plus Jésus, mais aussi ce temps où Jésus vivant, ressuscité, nous reste présent par sa parole et par les sacrements.

Les sacrements, rencontres de Jésus

Dans la communauté rassemblée, la parole de Jésus, proclamée, est vivante pour nous aujourd’hui. C’est dans l’Eglise également que Jésus nous laisse des signes de sa présence, des signes tangibles et porteurs de vie, paroles et gestes, ce que l’on appelle les sacrements : baptême, réconciliation, eucharistie...

Les sacrements sont des gestes et des paroles de Jésus qui nous rejoignent aujourd’hui par la foi, à travers l’Eglise et ses serviteurs qualifiés, ses « ministres » comme l’on dit. Dans les sacrements, la rencontre de Jésus est possible pour nous aujourd’hui. Les sacrements ne sont pas des choses inertes ou de simples rites magiques. Les sacrements sont des rencontres avec Jésus qui nous parle, nous touche et nous sauve à travers les signes, paroles et gestes, de l’Eglise. Dans le prêtre, c’est toujours Jésus qui baptise, Jésus qui pardonne, Jésus qui s’offre pour nous à son Père et se donne en nourriture pour la vie éternelle… Mais c’est toujours dans la communauté des croyants, dans l’Eglise, que Jésus nous rejoint par son Esprit à travers les gestes de la foi. Et l’Eglise, qui en a reçu la mission, me garantit qu’à travers ces gestes de vie, au-delà de toute illusion c’est bien Jésus alors qui me sauve et me communique sa propre vie.

Ainsi, en se rassemblant dans la prière après l’Ascension, en baptisant trois mille hommes le jour de la Pentecôte, en annonçant la Bonne Nouvelle de la Résurrection et en célébrant l’Eucharistie, les apôtres ont vérifié, en Eglise, la justesse de cette parole de Jésus : « Et moi, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Ils nous montrent ainsi le chemin de la fidélité, les apôtres : nous rassembler chaque dimanche en Eglise, avec Marie ; prier pour recevoir l’Esprit de Dieu, et vivre les sacrements comme des rencontres personnelles avec Jésus ressuscité, devenir ses témoins.

Avec Marie

En ce dernier jour du mois de mai, consacré à Marie, il est une phrase des Actes des Apôtres qui doit retenir notre attention : « Ils participaient fidèlement à la prière avec quelques femmes, dont Marie, la mère de Jésus ».

C’est la seule fois où Luc mentionne la présence de Marie priant au milieu des apôtres. Dans un parallèle suggestif, Luc montre que Marie est là, à Jérusalem, pour la naissance de l’Eglise comme elle était à Bethléem pour la naissance de Jésus. Car l’Eglise, c’est « Jésus répandu et communiqué ». La Pentecôte est la naissance de ce corps mystique du Christ ouvert à tous les hommes. A cette naissance, comme à celle de Jésus, Marie est là, mère du Christ, Mère de l’Eglise. C’est par elle que tout prend corps. Elle n’est jamais étrangère au don de Dieu pour nous. Luc nous montre ainsi la place décisive de Marie dans l’œuvre du salut.

C’est cette vision de Marie dans le mystère de notre rédemption qu’a retrouvée le concile Vatican II. Il n’a pas supprimé la dévotion à Marie, il l’a replacée dans l’ensemble du plan de Dieu qui envoie son Fils pour sauver tous les hommes.

Prier avec Marie nous fait contempler tous les mystères du Rosaire, de l’Annonciation à la Pentecôte, et nous en imprègne profondément. Marie nous conduit toujours à Jésus dans la docilité à l’Esprit Saint. Elle nous accompagne dans tous les sacrements, gestes de Jésus dans l’Eglise d’aujourd’hui. Elle nous invite toujours à nous rassembler pour prier, à faire Eglise ensemble avec les apôtres et leurs successeurs en esprit d’unité, afin que le monde croie.

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