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Accueil "Longo" Qui est là?
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Mois d’avril 2014 – Qui est là ?


La Vie (5 C A)


  • Ezéchiel 37, 12 – 14 : Le prophète Ezéchiel prophétise la résurrection de tout un peuple. Lisons l’expression de ce visionnaire extraordinaire.
  • Ps 129 : Peuple de l’Alliance.
  • Rom 8, 8 – 11 : L’apôtre Paul nous livre sa conviction : Dieu, par son esprit, nous libérera de la mort.
  • J 11, 1 – 45 : Dieu nous appelle à la vie. Il nous attire à lui et nous fait sortir de nos tombeaux, de nos enfermements. « Lazare viens dehors ! » ordonne le Christ à son ami. « Et le mort sortit ». Dans le doute, qui peut nous harceler devant la mort, les textes nous parlent de vie. Laissons-nous envahir par l’espérance.

La résurrection ! Pour tout homme, depuis la nuit jusqu’à la fin des temps, quelle question obsédante ! Chaque fois que nous nous heurtons à la mort d’un être aimé, une pensée lancinante nous harcèle. Pourquoi ? Est-ce le vide maintenant ? La mort est-elle le point final de notre moi ? La résurrection ne serait-elle qu’une élucubration de l’esprit humain qui a peur du vide ? Dans notre désarroi devant la mort nous nous demandons si notre foi en Dieu ne nous fait pas faire fausse route, si la mort n’est pas une fin, un noir insurmontable.

Or, depuis la venue du Christ, quelque chose a changé dans l’approche humaine de la mort. Pourquoi ? Relisons la Bible, à la lumière de l’expérience du Christ dans notre vie.

Depuis longtemps on y pensait.

L’Ancien Testament parle de l’espoir en la résurrection. Ezéchiel n’est pas le premier dans l’histoire juive à exprimer cet espoir mais il nous donne une vision saisissante de la résurrection de tout un peuple. Sa mission de prophète, à l’époque de l’exil à Babylone, lors de la première déportation du peuple juif, est d’expliquer le sens des évènements tragiques que vivent les juifs, de maintenir l’espérance en la restauration de ce peuple élu de Dieu.

Dans le premier texte, nous avons l’expression d’un visionnaire qui veut faire passer à son peuple sa conviction profonde que Dieu, par l’Esprit, va recréer son peuple : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez… Je l’ai dit et je le ferai ».

La résurrection ne peut être qu’une œuvre de Dieu. Cette vie après la mort implique la puissance de vie de Dieu, son pouvoir sur la mort. Jean, dans le récit de la résurrection de Lazare, souligne ce pouvoir sur la mort que détient Jésus, le Christ, fils de Dieu.

Lazare, un précieux témoin.

Marthe, Marie et leur frère Lazare (qui en hébreu signifie Dieu a secouru), tous les trois aimés de Jésus, vivent à Béthanie. Lazare tombe malade, va mourir alors que leur ami, Jésus, se trouve au delà du Jourdain. Dans leur désespoir, les deux sœurs se tournent vers Jésus. Il ne répond pas de suite à leur S.O.S.

Deux jours plus tard, nous dit Jean, alors que Lazare est mort, Jésus décide de se mettre en route, malgré l’inquiétude exprimée par ses disciples de retourner en Judée, inquiétude croissante face à l’opposition hargneuse des juifs contre leur Maître. Ils le suivent malgré tout car ils savent que le moment est grave.

Jésus, témoin de l’humanité de Dieu.

Marthe apprenant sa venue, accourt à sa rencontre. Elle lui adresse un reproche mais aussi un acte de foi impressionnant, édifiant : « Notre frère est mort parce que tu l’as abandonné... mais je sais que si tu veux, tu peux tout ». Jésus répond : « Si tu crois, tout est possible ».

Devant la mort de son ami, Jésus comprend que l’heure est venue de se manifester pleinement comme homme souffrant mais aussi  comme Fils de Dieu. Ebranlé il se rend devant  la tombe. Sa présence, sa voix réveille Lazare.

Jésus a accompli sa mission. Jésus le Christ.

« Les nombreux juifs qui étaient venus entourer Marie et avaient vu ce que faisait Jésus crurent en lui ».

La vie au terme d’un combat.

Jean fait suivre ce récit par le complot des chefs qui vont chercher à le faire mourir. Jésus peut mourir maintenant, au moment même où il vient d'affirmer sa prodigieuse maîtrise de la mort et de la vie, au moment  où il vient d’affirmer qu’il est le Christ. Sa rencontre avec la mort de son ami, la façon avec laquelle il a montré que tout en étant profondément  homme, il était  autre, source de vie, l’amène à sa mort.

Que nous dit cet Evangile ? Pouvons-nous faire un parallèle entre la résurrection de Lazare et celle du Christ que nous allons célébrer dans quinze jours ?

Oui, pour une part, car il est la figure de Jésus qui va rester dans le tombeau trois jours avant de ressusciter. Non, d’autre part, car la résurrection de Lazare n’est que la reviviscence  de son cadavre. C’est un retour à la vie mortelle. Or Jésus ne sera plus soumis aux lois cosmiques. Il ne sera plus soumis à la mort.

Jésus, en se posant comme source de vie, nous montre que si la mort atteint notre relation avec l’autre, elle n’atteint pas notre relation avec Dieu. Elle n’est qu’un passage. Le Christ est prêt pour aller vers Pâques, Pâques un passage et non un anéantissement. C’est la nouveauté du message du Christ. Tous les maux seront vaincus même le plus grand.

Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, l’exprime : « Notre corps est promis à la poussière mais si le Christ vit en nous la puissance de l’Esprit fera de nous des vivants, même dans la mort ». La nouveauté du message est cette promesse de la résurrection : partout la mort engendrera la vie.

Pourquoi ! Pour Quoi ? (Rameaux A)


  • Isaïe 50, 4 – 7 : Beaucoup attendaient un Messie triomphant. Isaïe pressentait un Messie qui prendrait sur lui nos fautes.
  • Ps 21 : Fais paraître ton jour.
  • Phil 2, 6 – 11 :
  • Mat 26, 14 – 27, 66 : Passion du Christ.

Il ne nous avait pas ainsi habitués...

Pendant de longues années je me suis demandé, pourquoi Jésus a joué le jeu d’une entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux.

On m’avait donné quelques explications, mais qui ne me satisfaisaient pas : il y avait trop de « distance » entre le dénuement de la crèche, où Jésus n’avait pas joué au pauvre, et ce plébiscite du jour des rameaux.

Tout au long de sa vie publique, il nous avait habitués à beaucoup d’humilité, accomplissant signes et guérisons en cachette. Et puis, voilà cette entrée triomphale et cinq jours après, de nouveau, une foule hurlante, la même peut-être, exigeant la mort de cet homme..!

Poser un signe... un ultime signe.

Mais Jésus n'était pas un bouffon jouant aux hommes une mauvaise comédie. Alors, qu’est-ce que cela pouvait signifier ? Je me suis arrêté à cette phrase : « Cela s’est passé pour accomplir la parole du prophète : « Dites à la fille de Sion (Jérusalem) ; voici venir ton roi vers toi, monté sur une ânesse et un petit âne ».

J’ai été voir dans la bible, chez les prophètes : Isaïe (62/11) et surtout Zacharie (9/9)  parlent d’un roi établissant un règne de paix, bannissant la charrerie de guerre et les chevaux de combats et montant un animal bien utile pour les travaux domestiques : une ânesse.

Jésus a donné beaucoup de signes montrant qu’il était le messie annoncé. Toutes les guérisons, signifiaient qu’il était ce sauveur dont on disait qu’il vaincrait le mal. Mais  ces signes n’ont été reçus que par quelques témoins. Les autres ne voulaient rien savoir, l’accusant même d’avoir fait un pacte avec le démon.

Jésus tente un ultime signe pour montrer qu’il est bien celui qui est attendu. Il réalise à la lettre, la vision du prophète Zacharie. Les gens simples connaissaient les écrits des prophètes. Ils ne s’y sont pas trompés, eux qui, avec des branchages, des rameaux et des manteaux, traçaient une voie royale, chantaient et criaient leur joie comme David quand il introduisit solennellement l’Arche de Dieu à Jérusalem... mille ans plus tôt.

Un geste prophétique...

David avait inauguré une ère nouvelle. Mille ans après, Jésus, à son tour, ouvrait aussi une ère nouvelle. Le signe en est clair, il utilise une bête de travail et non point un animal employé pour les combats. Toutes proportions gardées, cela n’a pas le même sens, de défiler avec des tracteurs agricoles ou avec des tanks !

Ce n’était donc point en « conquérant » armé, qu’il voulait entrer à Jérusalem ; il n’avait pas de visée « impérialiste »,  il ne voulait pas prendre le pouvoir.

C’était un autre mode de présence : non point régir mais animer, non point dominer mais diriger. Non point un peuple brimé, abaissé, mais des hommes debout, heureux d’être aimés de Dieu et de marcher avec lui.

Bien plus, ce geste, était une annonce lointaine pour dire : « Voilà ce qui un jour arrivera ». En effet, Jésus n’était pas dupe ; il savait que les gens en place avaient décidé sa perte. Alors, avant qu’il ne soit trop tard, en même temps qu’il s'affirme comme celui qui était depuis longtemps attendu, il signifie et montre ce qui peu à peu se réalisera et apparaîtra à la fin des temps : tous les peuples reconnaîtront le Christ comme Fils de Dieu et seront heureux d’être rassemblés en Lui. Cela va commencer  vite...

En effet, à peine Jésus est-il mort en croix, que le centurion et les soldats avec lui, disent publiquement : « Vraiment, il était Fils de Dieu ! », tandis que la foule, venue cyniquement assister à ce spectacle, s’en retourne en se frappant la poitrine, le cœur brisé de chagrin.

Ils étaient venus avec des glaives, ils repartent gênés d’être armés tellement il était désarmant. C'est tout un retournement intérieur.

Depuis ce jour-là, des hommes, des femmes comprennent qu’ils sont aimés de Dieu, ils savent qu’un monde nouveau est possible.

Jésus signe de contradiction.

Depuis longtemps, un lourd contentieux s’accumulait entre Jésus et les autorités. Sa manière de situer l’homme par rapport à Dieu, et Dieu par rapport à l’homme, les heurtait. A la place d’une relation verticale où Dieu est exalté et l'homme abaissé, Jésus a voulu révéler un Dieu aimant les hommes, partageant leurs soucis, leurs joies... un Dieu passionné par l’aventure humaine. Jésus, de condition divine n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu mais il s’est fait homme.

Des hommes signes de contradiction.

Depuis, nous comprenons que « l’homme passe infiniment l’homme ». Chrétiens, ne restons pas muets. Dans le monde entier, des hommes luttent pour la dignité de l’homme. Si Jésus a délaissé sa condition divine pour rejoindre notre humanité, ne pourrions-nous pas délaisser notre tranquillité pour crier l’éminente dignité de ceux qui portent les traits du crucifié ?

Invités au partage (Jeudi Saint A)


  • Exode 12, 1 – 14 : Notre fête de Pâques prend racine dans cette fête de la liberté que tout bon juif commémore chaque année. Elle nous invite à faire le passage vers plus de bonté.
  • Ps
  • 1 Cor 11, 23 – 26 : Le récit le plus ancien de l’institution de l’Eucharistie. L’essentiel du signe est dit. Et Paul de conclure : « chaque fois que vous mandez ce pain, c’est la mort du Seigneur que vous proclamez, jusqu’à qu’Il vienne ».
  • J 13, 1 – 15 : Lavement des pieds.

Dieu nous invite à sa table.

Ce soir, Jésus Christ nous invite à partager son repas ; Il nous livre l’essentiel : « Comprenez­ vous ce que je viens de faire ? Si donc, moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, c’est un exemple que je vous ai donné pour que vous fassiez de même ». Avez vous remarqué combien cette expression « faites ceci en mémoire de moi » revient souvent ? Il s’agit plus que d’un souvenir ; il s’agit de refaire. Le geste du lavement des pieds, c’est-à-dire le rôle du serviteur, ou bien le signe du pain et du vin c’est-à-dire la vie donnée aux autres, ces messages-là Jésus nous les propose toujours. Mais ils ne garderont leur force et leur persuasion que si des hommes d’aujourd'hui, des chrétiens parlent, écrivent, prient, agissent et meurent « en mémoire de lui ».

Le signe du repas.

La première lecture évoque le repas pascal des juifs que Jésus a bien connu. Un repas religieux à vrai dire puisqu’on y mangeait l’agneau, des herbes amères, du pain sans levain ; on faisait circuler des coupes de vin. Tout cela était fait dans une ambiance d’hymnes et de cantiques qui faisaient mémoire du Jour où Dieu avait fait sortir son peuple de l’esclavage.

Dans la deuxième lecture, l'apôtre Paul évoque le dernier repas de Jésus avec ses apôtres. Il ne retient que le signe eucharistique du pain et du vin qui fait mémoire, pour les chrétiens, de Jésus donnant sa vie par amour pour ses frères. Voilà le signe de la Nouvelle Alliance. L’agneau immolé ne suffit pas, c’est sa propre vie qu’il veut donner. Une fois la messe « entendue », il nous faut payer de notre personne. Car chaque fois que le prêtre fait mémoire de ce geste de Jésus, quand il prononce les paroles de la consécration, les chrétiens savent ce qui est signifié au-delà du pain et du vin, ce qui est rendu présent : le moment le plus grave et le plus difficile de la vie de Jésus, l'heure où Il passe « de ce monde à son Père ». Le moment où seul contre tous ses ennemis, alors même que tous ses amis l’ont abandonné, Il reste fidèle à son Père.

Dans l’Evangile, nous venons d’entendre Jean évoquer, à son tour le dernier repas de Jésus. Lui, n’a retenu que le geste du lavement des pieds, le geste du service. Le Maître inverse les rôles à la grande stupéfaction de Pierre qui n’y comprend rien. Et nous-mêmes, comment nous mettons-nous au service des autres ? Jésus nous laisse ici son testament, ses dernières volontés, l’essentiel de ce qu’Il voudrait nous voir faire. Il se met bien ainsi dans la grande tradition de la Bible qui nous parle d’un Dieu libérateur, d’un serviteur souffrant. C’est Lui, Jésus Fils bien-aimé de Dieu qui réalise ce service de libération. Les temps nouveaux sont donc inaugurés. Dieu nous invite à réaliser, nous aussi. Allons-nous rester les bras ballants ?

Nos actes prouveront si Jésus est vivant.

Si des chrétiens se réclament de Jésus, parlent, agissent et meurent « en mémoire de Lui », c’est-à-dire à sa manière, alors Jésus est toujours vivant, alors Pâque est au cœur de nos vies. Le message n’est pas mort, il nous fait vivre. Sa présence devient réelle.

Nous avons répondu à l’invitation du Seigneur, nous sommes venus partager sa table. Aussi lorsque nous communierons, « en mémoire de lui » à son corps et à son sang, nous nous souviendrons de quelle manière Il a vécu et nous nous efforcerons de faire de même. Déjà d’autres le font, joignons-nous à eux.

Nous avons vu tomber, il n’y a que quelques années, Mgr Roméro, évêque de San-Salvador, sous les balles des soldats au moment où il disait la messe, parce qu’il avait voulu imiter Jésus qui avait toujours eu une préférence pour les pauvres.

J’ai encore en  mémoire les paroles du Président du C.C.F.D. qui évoquait la vie d’un responsable des chiffonniers de Manille : « J’ai été dans son trou à rats, où il vit avec sa femme et ses cinq enfants. Je l’ai vu circuler dans le bidonville, salué par tous, rayonnant, lumineux et grave. Il a fait l’offrande de sa vie. Grâce à lui des pauvres vivent un peu moins mal ». (La Vie). Alors je me souviens que la campagne d’année 87 pour le C.C.F.D. parle d’habitat. Et je sais qu’en sortant je verrai cette « marmite de la faim » placée au fond de l’Eglise pour aider des pauvres à se procurer « un toit pour se nourrir, se soigner, apprendre, travailler ».

Rassemblés parce que nous croyons en Lui, en ce soir du Jeudi-Saint, laissons-nous imprégner par cette atmosphère de charité. Cherchons ce que nous allons faire « en mémoire de lui ». Nous sommes entrés dans ces jours de Pâques qui sont pour nous, chrétiens, des moments de ferveur plus grande. Jésus nous a aimés « jusqu'au  bout », dit l’Evangile. Ne nous arrêtons pas sur le chemin. Des personnes attendent probablement de l’aide. N’oublions jamais que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir.

L’espérance (Vendredi Saint A)


  • Isaïe 52, 13 – 53, 12 : C’est au moment où le peuple hébreu connaît la dure épreuve de la déportation que furent écrits ces poèmes qui parlent d’un mystérieux serviteur, dont Jésus réalisera les traits à la perfection.
  • Ps
  • J 18, 1 – 19, 42 : L’heure de la glorification est arrivée, l’heure de vérité également. Tout l’Evangile de Jean converge vers ce sommet où Jésus s’avance librement et sans faiblesse.

Mes amis, il est parfois arrivé que l’on présente la mort de Jésus comme une mort vraiment terrible jusqu'à faire de ce Golgotha  une « capitale de la douleur ». On dit parfois que bien peu de gens ont souffert autant que Jésus sur la croix. C’est loin d’être évident. La lente agonie des déportés dans les camps nazis de la dernière guerre a malheureusement pulvérisé un certain nombre de tristes records en ce domaine.

Pourtant en nous faisant le récit de la mort de Jésus, il semble bien que les évangélistes  aient eu envie de nous faire comprendre que Jésus se trouvait dans la pire des situations, et que pourtant il en est sorti vivant, victorieux. Il a accumulé un nombre considérable de souffrances : trahi par l’un de ses proches, abandonné de presque tous ses disciples, victime d’une erreur judiciaire très organisée, condamné à un supplice réellement barbare, conspué par les foules qui l’avaient acclamé quelques jours plus tôt. Brutalisé, battu, fouetté, soumis à la dérision des soldats et à l’indifférence de Pilate, poursuivi, même après sa mort par la haine des pharisiens, il n’a plus visage d’homme, comme l’avait annoncé le prophète Isaïe. On dirait que les évangiles, en nous transmettant ces récits, voudraient nous faire comprendre que nos doléances sont hors de saison : il a tellement plus souffert que n’importe qui d’entre nous que maintenant, nous n’avons plus droit à la parole. Devant une telle douleur, oser encore évoquer nos petits problèmes relève de l’indécence. « Vous qui passez sur le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur semblable à la mienne ».

Rien ne semble lui avoir été épargné, pas même ce sentiment d’avoir été abandonné par Dieu qu’il nommait pourtant son Père.

Ecrasé, il ne se révolte pas. Bien plus, il trouve encore la force de pardonner à ses bourreaux. Il prend soin de sa mère, la confie au seul disciple qui reste encore là, au pied de la croix et, finalement, remet son âme avec confiance à ce Dieu silencieux qui ne paraît plus entendre ses prières. Quelques jours plus tard, parlant aux disciples d’Emmaüs, il expliquera : « il fallait bien que le messie passât par là avant de ressusciter d’entre les morts. Car c’est bien là le paradoxe : enfoncé comme il l’était, il a cependant pu retourner la situation et sortir vivant du tombeau. Le mal, la haine sont vaincus.

Déjà au moment où il meurt, la situation commence à se renverser : parmi les soldats qui l’ont mis à mort, un centurion reconnaît en lui le Fils de Dieu ; un pharisien, disciple de Jésus mais en secret, sort de la clandestinité pour aller réclamer le corps de Jésus et l’ensevelir. Alors que tout semblait fini, on pressent que quelque chose de nouveau est en train de commencer. On le pressent seulement et la résurrection n’y changera rien car c’est dans le secret de rencontres furtives et dans une sorte d’incognito que les disciples devineront que Jésus est vivant, vraiment vivant et capable de les rendre vivants eux aussi.

Notre célébration aujourd’hui s’inscrit dans cette continuité : nous prenons conscience de la puissance d’amour et de transformation que peut déployer Dieu notre Père. A partir de ce que nous sommes, à partir des gens très ordinaires que nous sommes devenus au fil des ans, il peut susciter des foyers « modestes » de chaleur et de lumière utiles à beaucoup d’autres. Nous sommes des pécheurs très ordinaires, pas même de grands malfaiteurs comme ce bon larron qui était crucifié près de Jésus. Mais de cette grisaille, Dieu peut faire sortir de la lumière. Il n’est personne qui soit trop terne pour n’être pas capable de devenir reflet de la lumière et de l’amour du Père. Si bas qu’on soit tombé on reste toujours capable d’entendre la voix de Jésus nous disant : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi ! »

Alors, Frères, continuons notre démarche d’espérance. Redisons à Dieu tout ce que nous attendons, tout ce que nous espérons devenir capables de réaliser un jour. Redisons lui ce que nous lui demandons de faire en nous. Ce sera notre premier point : en partant de notre situation actuelle, des péchés dont nous nous sentons chargés, disons quels changements nous souhaiterions.

Le second point de notre démarche consistera  à chercher les motifs que nous avons de faire confiance à Dieu : ce qu’il a peut être déjà fait pour nous ou pour d’autres, ce que nous avons compris et retenu de la parole de Jésus et de ses promesses.

Nous serons alors prêts à énumérer nos péchés qui ne sont que les signes de la misère dans laquelle nous sommes plongés et qui vont devenir autant d’appels vers Dieu pour qu’il nous transforme et nous aide à transformer le monde.

En Galilée (Veillée Pascale A)


Un grand tremblement.

Ce ne peut être qu’un tremblement à la fois physique et intérieur. Un homme ne reste pas dans la mort, dans la tombe, dans la terre. Sa maison n’est pas la terre, même si on a pris soin de rouler une lourde pierre devant la porte  de sa mort. Cet homme s’appelait Jésus.

Cela ne peut se passer que le premier jour de la semaine. Une nouvelle semaine commence parce  qu’une  nouvelle  conception  du  temps  advient. L’Evangile prend bien soin de noter que c’est après le sabbat, c’est-à-dire, après la plénitude de la première création où Dieu s’est reposé pour contempler son œuvre, comme nous l’avons entendu tout à l’heure.

Nous sommes à l’aube d’un nouveau jour. Ce sont des femmes, Marie Madeleine et l’autre Marie qui sont les premiers témoins. Il faut dire qu’elles font le lien avec l’Ancien Testament. Respectueuses des lois, elles ont attendu, impatientes, depuis que la loi du Sabbat est tombée sur la ville, de pouvoir continuer les soins au corps de Jésus commencés le vendredi.

Tout le monde est bouleversé, les femmes et les gardes plus que quiconque. Le texte dit que les gardes sont « comme morts », tandis que les femmes, si elles s’effrayent, sont rassurées tout de suite. « Vous, soyez sans crainte ». Il faut préciser aussi qu’elles étaient à la recherche de Jésus le crucifié, tandis que les gardes avaient mission de le garder dans le tombeau, dans la mort. Elles seules peuvent percevoir le message : « Il n’est pas ici, il est ressuscité. Il est ressuscité d’entre les morts. Il vous précède en Galilée : là, vous le verrez ». Autrement dit : vous qui le cherchez vous le verrez, non pas ici, à Jérusalem, la ville des villes, la ville sainte qui lui a donné la mort, mais vous le verrez en Galilée. C’est-à-dire là où tout a commencé, là d’où tout peut repartir.

La question à nous poser, en cette nuit où nous ressuscitons avec le Christ, c’est de nous demander quelle est notre Galilée, quel est l’endroit où nous témoignons d’un monde nouveau, d’un monde de vivants. Quel est l’endroit d’où nous pouvons partir, à notre tour, pour annoncer la vie nouvelle que Jésus est venu apporter pour que tous l’aient en abondance.

Une brèche ouverte… (Pâques A)


  • AA 10, 34 – 43 : Pierre arrive chez un centurion romain, un étranger donc au peuple de Dieu. Voici son témoignage.
  • Ps 117 : Ce jour que fit le Seigneur.
  • 1 Cor 5, 6 – 8 : La résurrection du Christ nous révèle ce que nous devons faire mourir en nous et ce que nous devons faire grandir.
  • J 20, 1 – 9 : Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie. Que rien ne vienne troubler notre espérance. Le Seigneur est ressuscité.

Contempler la vie.

Un jour, en montagne je longeais une falaise. La roche calcaire était blanche.... Sur des centaines de mètres de longueur et des dizaines de mètres de hauteur, elle était vide, brûlée par le soleil, minérale, austère comme un sol lunaire : immense pierre dressée pour barrer l’accès à toute vie. Pourtant, ici et là ; quelques auréoles de lichens s’agrippaient à la paroi. Et là-haut, tout en haut, fragile et solitaire, vacillait au grès des vents, une petite fleur bleue.

Je m’arrêtai et la contemplai longuement.

Le vent avait soufflé et dans une rainure, avait déposé un peu de poussière que la pluie avait fixée. Le vent avait emporté des graines et l’une d’elles y avait été déposée. Elle avait germé. Ses radicelles s’étaient accrochées et insinuées entre les grains de roche : la vie avait gagné. Dans la roche inerte, minérale, une brèche était ouverte.

La vie est un poème qui nous donne toujours à penser. Savons-nous prendre le temps de la contempler, le temps de nous émerveiller devant une fleur éclose, devant le regard émerveillé d’un enfant qui regarde la vie ? Sommes-nous des passionnés de la vie ?

Le tombeau vide.

Ils avaient pris beaucoup de précautions pour qu’il soit bien fermé et que Jésus soit parfaitement enfermé. Ils avaient même pris soin d’apposer des scellés et de poster là quelques gardes : il fallait qu’il soit définitivement mort et le garder dans la mort. Rien ne pouvait mieux marquer leur complicité avec la mort. Cette nuit-là, dans la nuit qui insistait encore, Marie-Madeleine, sort de la ville et va au tombeau.

Qu’aurait-elle pu faire puisqu’une pierre énorme en interdisait l’accès. Il est des moments où on ne pense pas à tout. Jésus, à qui elle devait beaucoup, gisait là-bas. Rien d’autre n’avait place dans ses sentiments.

Mais la pierre était roulée, la tombe, béante et vide.

Une brèche dans notre terre.

Comment la terre aurait-elle pu enfermer celui qui librement, sans volonté d’homme ni fatalité, a voulu de lui-même, venir sur notre terre ? Comment la terre aurait-elle pu contenir celui qui délivrait les hommes de la mort ? Comment la terre aurait-elle pu retenir celui qui avait dit : « Jeune homme, jeune fille, je te l’ordonne, debout ».

Pour la première fois dans l’histoire de notre humanité, une brèche était ouverte en notre terre. Désormais, plus rien ne saurait être comme auparavant. Il ne sera plus possible d’imaginer le déroulement de la vie comme on l’avait fait depuis les origines de l’humanité. La mort n’est plus la fin de la vie. Elle en fait partie, puisqu’elle est passage. Elle n’est plus fermeture, mais ouverture. Nos raisonnements qui pensaient la vie comme une marche inexorable vers une mort fatale, sont dépassés. Il n’y a plus de fatalité. L’avenir est ouvert. Tout peut modifier l’élan de notre vie, mais rien ne saurait le stopper ou le briser.

C’est la bonne nouvelle que les apôtres émerveillés ne pouvaient s’empêcher de proclamer. Rien n’a pu les arrêter.

Une vie pour vivre.

Maintenant nous savons que nous sommes nés pour vivre. Quand nous avons été mis à la vie, cela a été pour toujours. Fruit merveilleux de nos parents, mûris par des années d’éducation, de travail et de réflexion, de naissances en arrachements, de changements en transformations, nous bâtissons notre personnalité. Constamment nous pouvons créer du neuf : acquisition de nouvelles connaissances, amour qui invente d’autres délicatesses, idées toutes faites que nous cessons de réciter pour penser. Chaque fois, nous créons, plus exactement, c’est Dieu qui crée en nous. En voyant le tombeau ouvert au matin de Pâques, nous croyons qu’il est passage de la vie à la résurrection. Nous croyons que notre vie est une longue maturation qui, à travers le creuset du tombeau, nous conduira jusqu’à la résurrection. Notre vie, prend du sens, elle a une issue, une dimension d’éternité.

Ouvrir des brèches...

Le Seigneur Jésus, par toute sa vie a manifesté cette force de création et de résurrection.  Dès le début, il manifeste sa volonté de briser tout ce qui enchaîne la vie. Les traditions, les dictons et les coutumes avaient réglé la vie de chacun, fixé les places dans la société et la vie. Les boiteux, les paralysés, les lépreux, les aveugles, avaient une place, ils avaient droit à la charité publique mais c’était une place de malade, dépendante de la bienveillance des passants : une vie rabaissée. Le Seigneur Jésus perçoit en eux une lueur d’espoir et de foi, il leur dit : « Debout », « Lève-toi », « Redresse-toi ». C’est à chacun de nous qu’il lance aujourd’hui cet  appel à se tenir debout, à devenir des vivants, de vrais vivants, dans la lumière et la joie de sa résurrection.

Des signes (2 P A)


  • AA 2, 42 – 47 : saint Luc nous montre la première communauté chrétienne de Jérusalem tout entière animée par la présence invisible du Christ ressuscité.
  • Ps 117 : Eternel est son amour.
  • 1 Pierre 1, 3 – 9 : Nous croyons au Christ ressuscité sans l’avoir vu, mais l’espérance de le voir un jour nous fait tressaillir de joie.
  • J 20, 19 – 31 : Christ est vivant aujourd’hui, demain, pour toujours. C’est la clé de voûte de notre foi.

Il y a huit jours, nous fêtions Pâques, non pas simplement comme un souvenir du passé ou comme un rappel de la résurrection de Jésus autrefois, là-bas, en Palestine, mais comme une réalité d’aujourd’hui : c’est aujourd’hui, avec nous, dans le monde où nous vivons, que Christ est vivant ; c’est aujourd’hui, en chacun de nous, que le Christ veut ressusciter pour nous faire vivre de sa propre vie, unis à lui, comme les branches des arbres qui paraissaient mortes depuis plusieurs mois reprennent vie avec le printemps qui vient, à condition toutefois qu’elles ne fassent qu’un avec l’arbre qui les porte. Pour exprimer votre volonté de ressusciter ainsi avec le Christ, vous avez tenu à recevoir les sacrements de réconciliation et d’eucharistie.

Jésus est vivant aujourd’hui, c’est le b-a ba de notre foi chrétienne.

Mais quels signes en avons-nous ? Et quels signes en donnons-nous aux gens que nous rencontrons chaque jour, au travail, dans le quartier où nous habitons, dans les groupes dont nous faisons partie ?

Les trois textes que nous venons d’entendre nous ont rapporté quelques-uns des signes qui montraient que Jésus était bien vivant dans les premières communautés chrétiennes.

D’abord, le texte des ACTES DES APOTRES : Les frères étaient fidèles à écouter l’enseignement des apôtres ; ils vivaient en communion fraternelle les uns avec les autres, priant ensemble, partageant ensemble tout ce qu’ils avaient, et tout cela d’une manière toute naturelle et spontanée. On sentait, on touchait du doigt la présence invisible du Christ Jésus ressuscité qui unissait ensemble tous les siens dans la foi et l’amour, à tel point que la communauté chrétienne attirait de nouveaux croyants.

LA LETTRE DE SAINT PIERRE, beaucoup plus tardive, nous dépeint une autre communauté chrétienne aux prises avec toutes sortes d’épreuves et peut-être même de persécutions. L’auteur félicite les membres de cette communauté de rester malgré tout dans la confiance et dans la joie. Quelle est la source de cette confiance et de cette joie ? « Jésus que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ». A travers cette joie dont vous tressaillez et qui vous transfigure, on devine la présence de ce Jésus ressuscité qui vit en vous et qui vous donne espérance et courage.

L’EVANGILE  SELON SAINT JEAN nous rapporte deux des apparitions de Jésus à ses apôtres à huit jours de distance. Pauvres apôtres ! La mort de Jésus les avaient complètement bouleversés, ils avaient perdu tout courage, ils se recroquevillaient frileusement sur eux-mêmes, verrouillant les portes, paralysés par la peur… Et voilà que Jésus se montre à eux : il est là, avec eux ; il leur parle ; il mange avec eux... Alors, c’est leur propre résurrection qui se réalise : le courage renaît, la foi ressuscite en eux, la joie éclate, la peur disparaît : leur Maître est vivant ! Et huit jours après, Thomas qui était absent va ressusciter à son tour à la foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Pour les apôtres, ce passage de la peur, de la tristesse et du découragement le plus complet à la joie, au courage et à l’assurance la plus intrépide, fut une véritable résurrection spirituelle, et elle reste pour nous l’un des signes les plus éclatants de la résurrection de Jésus lui-même.

AUJOURD’HUI, quels signes de Jésus vivant ?

Le principal signe de Jésus vivant aujourd’hui, c’est l’Eglise qui demeure plus vivante que jamais depuis bientôt deux mille ans. Cette Eglise que Jésus a fondée, qui a commencé petitement avec les apôtres, qui a subi pendant des siècles et encore maintenant toutes sortes d’épreuves et de persécutions, cette Eglise qui a connu des hérésies, des divisions, des  schismes, tout au long de son histoire, cette Eglise qui a eu parfois des responsables, indignes de leur charge, cette Eglise dont les membres, les chrétiens, sont pécheurs et ont du mal à se convertir..., eh bien, cette Eglise, notre Eglise, comment aurait-elle pu survivre et faire surgir tant de saints à maintes époques, si le Christ ressuscité ne l’habitait pas ?

Et nous, ici, nous qui sommes une petite parcelle de l’Eglise, c’est donc à travers nous aussi que doivent apparaître les signes de la présence vivante du Christ. Et ces signes doivent être du même genre que ceux du temps des apôtres et des premières communautés chrétiennes : la réconciliation, l’union des chrétiens rassemblés pour l’eucharistie, l'esprit d’amour et de partage, la révolte devant les injustices ou la misère des autres, l’action menée contre le mensonge, contre l’hypocrisie, contre le mépris des petits, des pauvres... Tout cela n’est-il pas le signe que Jésus est là, continuant à agir à travers nous ? C’est à travers tout homme, que Jésus continue à agir aujourd’hui.

Chaque dimanche, nous fêtons le Christ vivant parmi nous, agissant à travers nos démarches, le Christ vivant dans l’humanité tout entière, agissant à travers tous les hommes de bonne volonté, et faisant progresser le monde vers sa résurrection définitive. Apprenons à discerner et à proclamer  tous ces signes, du Christ dans notre monde d’aujourd’hui.

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