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Accueil "Longo" Une opinion publique
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Mois de novembre 2013 – Une opinion publique


En foule (Tous les Saints C)


  • Apoc 7, 2 – 14 : Innombrable est la foule des saints, de ceux qui entrent pour toujours dans l’intimité de Dieu. Parmi eux, ceux qui viennent de la grande épreuve : ceux qui ont payé cher leur exigence de justice. Ceux qui, sans forcement le savoir, ont lutté pour établir la justice et la paix entre les hommes.
  • Ps 23 : Les pèlerins s’apprêtent à entrer dans le Temple.
  • 1 Jean 3, 1 – 3 : Nous sommes appelés à entrer dans l’intimité de Dieu : il nous engendre à sa vie. De cette vocation découle une exigence : ne plus pécher, pratiquer la justice et l’amour des frères en Christ.
  • Mat 5, 1 – 12 : Portrait du candidat au Royaume de Dieu, les Béatitudes montrent comment communier à la volonté de Dieu sur nous.

Il y a des jours où nos églises s’emplissent d’une population inhabituelle. Ces gens ont mis costumes et robes de fête ; ils sont heureux mais un peu gauches. Ils se tiennent dans les rangs du fond. Ils sont venus pour un baptême, ou un mariage, ou un enterrement. Ils sont probablement du quartier. Et nous, les pratiquants habituels, nous pourrions dire comme l’ange de l’Apocalypse : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? »

Les anges et les Anciens de notre récit de l’Apocalypse ont dû connaître pareille surprise. Ils n’ont de regard que pour Dieu, et voici que fait irruption une foule de gens, qui sont comme nos pratiquants occasionnels de tout à l’heure : inattendus. Ils sont « de toutes nations, races, peuples et langues ». Ils ne sont pas la lumière de Dieu, mais ils ont été illuminés de cette lumière. « Ils viennent de grande épreuve », leurs vêtements ont été purifiés dans le sang de l’Agneau. Ces arrivants qui envahissent le ciel, ce sont les saints, ceux que nous fêtons aujourd’hui, jour de la Toussaint.

La sainteté parfois nous effraie : elle nous semble réservée à une élite. Il faudrait pour y parvenir subir d’effroyables tourments. Or les textes d’aujourd’hui, et surtout l’Evangile, nous disent que la sainteté n’est pas un concours d’entrée à une grande école et que chacun peut y parvenir. Les pauvres de cœur, les doux, les artisans de paix, obtiendront cette terre promise qu’est le Royaume des cieux. Et même si cela nous dérange, observons que Jésus ne demande ni pratique religieuse, ni certificat de baptême. Il demande seulement de n’avoir pas les mains avides et le cœur hérissé de pointes. Il demande seulement de n’être pas lié par ce qu’on possède et d’être attentif aux besoins de l’autre. Seulement… Facile à dire… difficile à réaliser !

Alors regardons les autres, ceux qui ont déjà achevé leur vie et dont c’est la fête aujourd’hui. Certains ont illuminé notre vie de leur aide, de leur parole, de leur affection. Ils se sont faits attentifs quand nous étions malheureux, ils ont favorisé notre bonheur. Et ils ne s’occupaient pas que de nous : on ne les sollicitait jamais en vain. Vous les voyez venir ces cohortes de parents, de grands-parents, d’amis, d’éducateurs, de voisins que vous avez eus. Ils n’ont pas subi le martyre, mais ils ont donné de leur vie aux autres. Pas toute leur vie : c’étaient des pécheurs ; mais de leur vie. Ils étaient de tous bords, de tous partis. Ils connaissaient Dieu ou ne le connaissaient pas. Mais c’est par eux que la terre a été plus douce et le malheur moins solitaire.

Parmi eux, certains ont peut-être bravé l’impopularité : ce n’est pas facile de défendre la dignité de la femme adultère ou d’un homme mis en examen et placé en détention. Ils l’ont fait, simplement. Et l’exemple de leur vie simple et sainte doit nous rassurer et nous encourager.

Alors, si vous vous reconnaissez un peu dans ces Béatitudes : heureux les doux, les pauvres de cœur, les artisans de paix, ayez confiance, ayez la foi. Le Royaume des cieux vous attend : vous les pratiquants de tous les dimanches ; vous les pratiquants des seuls jours de fête ; vous, qui ne m’entendez pas ou ne me lisez pas, mais savez ouvrir votre porte et votre cœur.

La Toussaint est un jour où l’Eglise dit au monde entier : venez au banquet, il y a de la place pour tous. Et elle nous dit, à nous tous : allez, invitez les gens de toutes les nations, de toutes les races et de toutes les langues au grand festin que Dieu nous prépare. Et déjà, le festin que nous célébrons durant la Messe est comme un avant-goût de celui qui nous attend quand nous parviendrons, nous aussi, dans la demeure du Père.

La vraie vie (les défunts C)


Aujourd’hui, nous pensons à tous les morts de nos familles, aux nos amis qui nous ont quittés, à ceux avec qui nous étions liés. Et nous avons conscience que ces liens d’affection, d’amitié, de travail en commun que nous avons tissés ensemble, ces liens de courage et de soutien mutuel n’ont pas été brisés par la mort, car ils avaient une valeur éternelle. Ils restent inscrits dans nos mémoires. A plus forte raison restent0ils gravés pour toujours dans le cœur de Dieu. Oui, nos défunts vivent avec Dieu, et nous sommes appelés à rejoindre, « ce peuple immense de ceux qui l’ont cherché ».

Un enfant à qui on avait expliqué cela répondait : « Mais alors, maintenant, nous n’avons pas la vraie vie. La vraie vie, ce sera la vie définitive avec Dieu, après notre vie actuelle ». Oh non ! Notre vie de maintenant est déjà la vraie vie : la vie que nous avons reçue de Dieu par nos parents, c’est la vraie vie qui commence. C’est pour cela que nous l’aimons, car, malgré les difficultés quotidiennes, nous trouvons que, la vie est belle : nous avons raison de l’aimer comme un cadeau de Dieu.

Seulement, elle n’est qu’un commencement, une ébauche de ce qu’elle doit devenir auprès de Dieu. Sur terre, nous sommes tous limités de mille manières : dans nos forces physiques, dans notre santé, dans nos affections, dans nos projets… Et si Dieu nous a donné la vie, ce n’est pas pour qu’elle reste ainsi fragile et limitée et qu’elle se termine pour toujours au moment de la mort. C’est pour qu’elle parvienne auprès de lui à son plein accomplissement. Nous sommes ici-bas comme en apprentissage de notre éternité. Dieu, à notre mort, ne nous donnera pas une autre vie ; il donnera à notre vie actuelle sa dimension d’éternité que nous ne pouvons pas imaginer. Elle sera transformée tout entière par l’Esprit de Jésus ressuscité : plus de limites dans nos affections, plus de problèmes de communication. Nous serons transparents les uns aux autres, car Dieu sera tout en tous ! Oui, nous le croyons : si nos défunts ont franchi cette étape douloureuse de la mort terrestre, c’est pour entrer dans une intimité inimaginable avec Dieu et avec tous ceux qui y sont déjà parvenus.

Mais, me direz-vous, ils ne l’ont peut-être pas méritée ? Cette plénitude de vie ne se mérite pas, en effet. C’est un pur don de Dieu qui dépasse tout ce que nous pouvons mériter : « C’est par grâce que nous sommes sauvés, à cause du grand amour dont Dieu nous a aimés ! »

Oui, nous sommes en marche vers l’épanouissement définitif de notre vie. Alors nous découvrirons ce que c’est que vivre et aimer en plénitude, ce que c’est que vivre et aimer à la mesure même de Dieu.

Se convertir (XXXI C)


  • Sagesse 11, 23 – 12, 2 : Le sage comprend que Dieu tempère sa justice par amour pour ses créatures. Afin que les coupables accèdent à la vie, Dieu les éclaire, les provoque à la conversion et les conduit à la foi.
  • Ps 44 : Action de grâce pour la bonté du Seigneur.
  • 2 Thess 1, 11 – 2, 2 : L’Apôtre rappelle aux chrétiens que c’est Dieu qui fait tout. Ils ont fait ce qui est bien en se convertissant. Mais ils ne progresseront pas par leur propre force : c’est encore Dieu qui devra achever ce qu’il a commencé. L’essentiel est d’accueillir la grâce de Dieu dans le moment présent.
  • Luc 19, 1 – 10 : Le salut devient effectif quand l’homme l’accueille par la conversion ; et celle-ci s’exprime nécessairement par une démarche concrète. Comme a fait Zachée, un pécheur notoire.

Il est des hommes politiques à qui on reproche d’avoir parfois changé de bord, d’opinion, d’avoir, comme dit la sagesse populaire, retourné leur veste. C’est à cela précisément que la Parole de Dieu nous invite : un retournement de soi-même, une conversion.

Certaines vérités ne se découvrent pas sans une conversion de la pensée. Ceci se vérifie dans bien des domaines, celui de la science, par exemple. Un chercheur va passer des mois, parfois des années, à buter sur un problème. Il lui suffira, plus tard, de reprendre ses observations sous un autre angle ou sous le regard neuf d’un collaborateur, pour que l’explication cherchée lui saute aux yeux. Tâchons, nous aussi, de modifier notre façon de voir, d’entendre et d’accueillir la Parole de Dieu. Bien souvent, nous découvrirons avec joie que la vérité recherchée se révèle plus simple et accessible qu’il ne semblait au premier abord. Dans la plupart des cas, nous ne trouvons pas parce que nous ne savons pas écouter avec attention, avec une attente curieuse et accueillante. Les Apôtres en ont fait l’expérience. Il leur a fallu une formidable conversion d’esprit pour reconnaître dans un homme crucifié le Sauveur du monde (1 Cor 1, 23 – 24).

Nous ne pouvons pas comprendre Dieu sans changer notre manière de penser et les systèmes de valeurs qui nous imprègnent. Vous savez le temps qu’il a fallu à nos sociétés pour accepter l’idée que l’esclavage est contraire au respect dû à tout homme. C’est difficile de prendre du recul, de changer ses habitudes, de quitter ses idées toutes faites.

La conversion ne s’arrête pas, vous pensez bien, à un changement de ce qui se passe dans la tête. Tout notre être est encombré de forces instinctives, d’habitudes, d’attachements qui nous empêchent de rencontrer Dieu et les autres.

Nous portons difficilement un regard de foi, nous agissons avec peine pour le bien de tous, parce qu’en nous, des tas d’empêchements se dressent à l’encontre. Il nous faut changer tout cela, quoi qu’il en coûte. On se convertit pour trouver un mieux. Se convertir suppose en quelque sorte une mort à soi-même. Quoi de plus pénible que de retrancher de soi ce qui semble faire partie de soi. Pourtant, Jésus ne mâche pas ses mots quand il parle de ce nécessaire renoncement pour assurer son bonheur : « si ta main te pousse au mal, coupe-la et jette-la au feu ».

Une conversion, pour être sincère, doit pouvoir se lire dans la vie. Zachée, quand il a reconnu Jésus, renonce à ce qui était jusqu’alors le plus précieux pour lui : sa fortune. Et il s’engage par des actes concrets. Paul, une fois les « écailles » tombées des yeux de son esprit, devient l’apôtre de Jésus. Charles de Foucauld, touché par la grâce, renonce à sa vie de plaisirs pour découvrir un amour sans commune mesure avec ce qu’il appelait de ce nom auparavant. Monsieur Paul, fils de banquier et banquier lui-même, laisse sa profession et le confort qu’elle lui procurait, pour rejoindre l’abbé Pierre et vivre pauvrement au service des démunis.

Nous ne sommes pas tous capables de changements aussi radicaux. Mais tous nous sommes appelés à opérer des modifications dans notre tête, dans notre cœur et dans nos comportements.

Commençons par petit ; le reste viendra en son temps. Dieu ne nous demande pas au-dessus de nos forces. Et ce qu’il nous demande, nous pouvons l’accomplir. Avec sa grâce, bien sûr.

Ressusciter (XXXII C)


  • II Martyrs d’Israël 7, 1 – 2 ; 9 – 14 : Sept frères acceptent de mourir suppliciés plutôt que de renier les lois religieuses des ancêtres et de violer l’alliance conclue par Dieu. C’est qu’ils croient au Dieu juste : il leur rendra justice par delà la mort en leur offrant une vie éternelle. Les justes morts martyrs ont l’espérance de ressusciter dans la joie, mais l’impie n’y aura aucune part.
  • Ps 16 : L’innocent injustement poursuivi vient chercher asile auprès de Dieu, dans son sanctuaire. Au nom même de ce qu’il est, Dieu se doit de rendre justice. Le juste persécuté voit la face de Dieu.
  • 2 Thess 2, 16 – 3, 5 : L’encouragement que l’Apôtre adresse aux croyants est riche en convictions : dans son amour, Dieu donne gratuitement un réconfort éternel et une belle espérance : au bout de notre route, nous entrerons dans l’intimité du Seigneur Jésus Christ et de Dieu.
  • Luc 20, 27 – 38 : Le parti des prêtres ridiculise la résurrection des morts, une innovation doctrinale qui n’a que deux siècles. Mais Jésus refuse de la concevoir comme une réanimation du corps et une reprise de la vie terrestre. Elle sera une transformation radicale et joyeuse, qui fera naître les humains à la condition céleste et les mettra en présence du Dieu vivant.

Actuellement, il paraît que les sondages révèlent que 60% des hommes ne croient à aucune survie après la mort. Ce n’est pas nouveau : l’Evangile nous dit que déjà au temps de Jésus, les Sadducéens ne croyaient pas à la résurrection après la mort et tournaient en dérision ceux qui y croyaient. Le tout est de s’entendre sur ce mot : « résurrection ». Que voulons-nous dire au juste quand nous affirmons dans notre credo : « Je crois à la résurrection de la chair… j’attends la résurrection des morts ? »

Il serait ridicule d’y voir un phénomène biologique : comment un cadavre pourrait-il récupérer ses membres, ses organes, ses articulations, et parvenir à revivre ? C’est contraire au bon sens. La foi ne nous demande pas de croire à des absurdités.

Il serait ridicule aussi de comprendre la résurrection comme un retour en arrière, un retour à une vie semblable à celle qu’on avait avant de mourir. Ce serait là une réanimation d’un cadavre et non une résurrection.

Il serait tout autant absurde de se représenter la vie des ressuscités sur le modèle de notre vie sur terre. C’était là l’erreur des sadducéens dont nous parle l’Evangile.

Non ! La résurrection des morts n’est ni un phénomène biologique, ni une réanimation, ni un retour à une vie semblable à celle de maintenant. La résurrection des morts est une réalité toute spirituelle, qui relève uniquement de notre foi en Dieu : c’est un acte de Dieu, un passage définitif dans la vie de Dieu, un accomplissement en Dieu de notre vie d’ici-bas toujours fragile et limitée. On ne peut en parler que par images, et les images sont toujours plus ou moins trompeuses. Mais que ce soit celle du festin, celle des noces, ou celle de la graine qui meurt en terre pour revivre au printemps, elles évoquent toutes la joie d’une merveilleuse aventure, une communion d’amour et de vie inimaginable, un don gratuit de Dieu.

Car notre foi en la résurrection est liée à notre foi au vrai Dieu qui est amour et vie, qui n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, qui n’est pas le Dieu de la mort mais le Dieu de la vie. Son projet d’amour sur nous est de nous faire partager la plénitude de sa vie et de son amour, et c’est en Jésus que nous y parvenons, dans une une transfiguration définitive à son image. Aussi peut-on dire que, dès maintenant, nous sommes en apprentissage de notre vie de ressuscités ; nous sommes en train de ressusciter en nous laissant peu à peu transformer par Jésus au plus profond de nous-mêmes, par notre foi en lui. Tous les sacrements sont autant de rencontres avec le Christ qui vient à nous pour faire de nous des hommes nouveaux, vivant toujours plus intimement de sa vie, en nous laissant animer par son Esprit qui fait de nous des Fils et des Filles de Dieu.

Notre résurrection est progressive ; elle commence à l’intérieur de nous-mêmes. Quand nous pensons « vie éternelle », ne pensons pas d’abord à une vie qui dure toujours, mais pensons d’abord à notre vie de maintenant en marche vers son suprême accomplissement. Après avoir commencé à ressusciter dès maintenant au plus profond de nos vies, nous ressusciterons ensuite visiblement quand le Seigneur voudra : « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ apparaîtra, alors, vous aussi, vous apparaîtrez avec lui en pleine gloire ».

Puisque toute la vie de Jésus fut une affaire d’amour et que Dieu est amour, notre résurrection dépend de notre capacité d’aimer et de servir nos frères au jour le jour. « Quiconque aime est né de Dieu. Le signe que nous sommes passés de la mort à la vie et que nous sommes des ressuscités, c’est que nous aimons nos frères ». L’amour est plus fort que la mort !

Passer et demeurer (XXXIII C)


  • Malachie 3, 19 – 20 : Le jour de la venue de Dieu se prépare. La même parole de jugement sera brûlure inextinguible pour ceux qui font le mal, et rayon lumineux bénéfique pour ceux qui ont confiance en Dieu. Après la nuit de l’adversité et de la persécution, ceux-ci connaîtront la pleine lumière du bonheur.
  • Ps 97 : Dieu est tout à la fois juge et sauveur de son peuple.
  • 2 Thess 3, 7 – 12 : La cause du désœuvrement de certains chrétiens, dénoncé par l’Apôtre, est l’attente fiévreuse du retour du Christ qui va venir juger l’univers. A l’exemple de Paul, nous avons à vivre et à œuvrer dans la présent : c’est là que nous vivons la fin des temps.
  • Luc 21, 5 – 19 : Ce discours du Christ n’a pas pour but de décrire par avance le déroulement de l’histoire, mais d’insuffler aux chrétiens la force de tenir la tête haute au milieu des épreuves. Il leur rappelle que le temps présent a une valeur positive : c’est là que Dieu fait signe.

Imaginons un de nos groupes en contemplation devant toute construction remarquable faite par l’homme. Chacun y va de son commentaire : le génie des hommes, la force de travail, l’argent dépensé, le prestige et, finalement, notre fierté commune et notre admiration. Un passant interpelle ce groupe en extase et dit : « Ce que vous contemplez là, un jour, tout sera détruit ». Et on a envie de savoir pourquoi, quand, comment cela se produira. On est parfois prévenu d’une alerte à la bombe. Mais quand il s’agit d’inondation, de cyclone, de tremblement de terre, d’épidémie, de guerre, de cancer, d’infarctus, est-on prévenu ? On pourrait dire : « oui et non ». « Oui » quand on sait qu’on a construit sa maison ou son usine dans une zone inondable ; « oui » si on mange, si on boit, si on fume au-delà des limites supportables. Nous sommes un peu avertis mais la catastrophe, quand elle survient, nous dépasse toujours et peut nous anéantir physiquement ou nous enfoncer dans le désespoir.

Parfois nous sommes atteints à l’intérieur de nous-mêmes. Etre envoyé en prison, comparaître devant les juges, être torturé physiquement, atteint par la maladie, menacé par la mort, toutes ces situations humaines de détresse sont insupportables. Alors, comment tenir debout et garder le goût de vivre ? Une manière de lire et d’entendre cet Evangile pourrait donner à penser qu’il s’agit de visions du futur. En fait, par la radio, la télévision, la presse nous sommes informés, tous les jours, de ce qui se passe dans le monde et surtout de ce qui ne va pas bien. L’Evangile nous parle donc de notre vie de tous les jours. Mais nous l’entendons peu pour aujourd’hui. Nous sommes comme ces femmes imprudentes qui partent sans vérifier s’il y a assez d’huile dans la lampe pour éclairer tout leur chemin.

Le texte de l’alleluia, avant l’Evangile, nous donne une clé pour comprendre : « Soyez vigilants et demeurez dans la prière pour qu’il vous soit donné de tenir debout en présence du Fils de l’homme ». Demeurer dans la prière c’est garder les yeux et le cœur ancrés en Dieu. C’est cet ancrage permanent qui permet au bateau de ne pas dériver. Quand tout s’effondre, une seule réalité demeure, cette relation unique et irremplaçable : l’alliance entre Dieu et l’humanité, entre Dieu et chacun de nous. Même la mort ne peut l’anéantir.

Alors que ce monde passe et qu’il peut nous en coûter d’y vivre, nous sommes appelés à nous y engager de toutes nos forces. Paul rappelle une consigne : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus ». Le travail n’est pas seulement source de salaire. Il est aussi participation à l’activité créatrice de dieu et peut devenir épanouissement pour le travailleur. « Par son action, l’homme ne transforme pas seulement les choses et la société, il se parfait lui-même. Il apprend, il développe ses facultés, il sort de lui-même et se dépasse. Cet essor, bien conduit, est d’un tout autre prix que l’accumulation possible de richesses extérieures… L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a ». (Gaudium et Spes n0 35) Chacun de nous peut s’efforcer de n’être pas à la charge des autres, comme dit Paul. C’est une manière d’être : des malades ou des handicapés sont parfois source de paix, de bonheur et nous encouragent à donner notre vie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, nous venons de Dieu et nous allons vers lui, ensemble. C’est pourquoi nous avons à nous mettre au service les uns des autres. C’est ce que Jésus nous a appris : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Une alliance royale (Christ Roi C)


  • 2 Samuel 5, 1 – 3 : David est oint comme roi par Israël ; son investiture est ordonnée par oracle divin. Le rôle de lieutenant de Dieu, d’intermédiaire entre celui-ci et les hommes, le messianisme davidique idéal attendu par Israël pour la fin des temps, est ici de nature politico-militaire.
  • Ps 121 : Les pèlerins sont saisis par l’aspect de cohésion qui se dégage de la ville sainte.
  • Col 1, 12 – 20 : Les dimensions politico-militaires du messianisme ne sont que la partie émergée de l’iceberg ! A quoi servirait que nous soyons délivrés des ennemis, si nous restions dans le péché, si nous n’étions changés intérieurement ? La médiation du Christ s’étend du début à la fin, avec sa mort en arrière fond. C’est par lui que Dieu crée, réconcilie, pacifie. D’où sa primauté.
  • Luc 23, 35 – 43 : Fils de David et Messie de Dieu, Jésus réalise un messianisme royal d’un ordre différent de celui de son ancêtre. Il sauve celui qui croit que la mort est le passage à la vraie vie.

En Israël, on conservait le souvenir de la lente accession au trône de David. Le prophète Samuel avait été envoyé par Dieu pour conférer l’onction royale à David alors que celui-ci n’était encore qu’un jeune berger qui gardait les troupeaux de son père Jessé. Ensuite, David avait régné sur la seule tribu de Juda. Puis enfin, il y eut cette réunion d’Hébron où les tribus du nord firent alliance avec David et en firent le roi de tout Israël. Il est tout à fait remarquable que le livre de Samuel ait conservé ce souvenir d’une alliance entre le peuple et le roi. C’était un peu une élection au suffrage universel ! A la base de la royauté de David, il y a l’alliance du peuple avec son roi. A la base de la royauté de Jésus, il y a aussi l’alliance de Dieu, non plus seulement avec le peuple d’Israël, mais avec l’humanité entière.

L’intronisation de Jésus se fait au jeudi saint dans le repas qui anticipe déjà sa mort sur la croix : il donne son sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle.

La royauté de Jésus est reconnue ironiquement par les soldats qui le couronnent d’épines et par Pilate qui fait inscrire sur la croix : « Celui-ci est le roi d’Israël ». La royauté de Jésus est enfin reconnue, du fond du cœur, par ce brigand crucifié avec Jésus. On dirait qu’il a compris que, pour Jésus, devenir roi c’est établir une nouvelle alliance en son sang, par sa mort sur la croix. Et Jésus répond à cet homme : « Toi aussi, c’est par ta mort sur la croix que tu vas accéder à la vie et au bonheur ».

« Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » dit Jésus. Notre route est tracée. C’est celle de Jésus. Si nous prenons notre croix chaque jour, alors nous suivons la route qui renouvelle l’alliance nouvelle et éternelle. Si nous prenons notre croix chaque jour, nous devenons rois nous aussi, comme le Christ.

Le souvenir qu’on gardait en Israël de la royauté de David c’est qu’il avait réconcilié et réuni les tribus du nord et celles du sud. Paul, dans la lettre aux Colossiens parle aussi du royaume de Jésus. Il le décrit comme un royaume universel où toute la création sera rassemblée : les êtres visibles et les puissances invisibles. Jésus est roi parce qu’il rassemble en lui toute créature, parce qu’il réconcilie en lui tous les hommes par le sang de sa croix. Nous serons rois de la même manière, en rassemblant et en réconciliant.

L’Eglise entière participe à la royauté du Christ dans la mesure où justement elle rassemble et réconcilie. C’est notre plan de travail : réconcilier les hommes entre eux, les réconcilier avec la nature, aider chacun à se réconcilier avec lui-même. Au terme de ces réconciliations, il y a la réconciliation des hommes avec Dieu.

Aucune de ces réconciliations ne vient toute seule. Ce ne sont pas seulement des mots aimables qu’on accepte de se dire. C’est un vrai contrat, une alliance nouvelle. Il nous faut refaire alliance avec la nature, avec nos frères et avec le Père des cieux. Mais nous ne sommes pas seuls pour réaliser ces réconciliations. Jésus lui-même vient à notre aide. Il envoie son Esprit pour que nous soyons arrachés aux ténèbres, libérés de nos péchés et que nous devenions, nous aussi, des gens capables de faire la paix.

A chaque eucharistie, nous renouvelons cette alliance nouvelle et éternelle qui réactive l’effort de l’humanité pour parvenir à son unité. Nous trouvons là les forces qui vont nous permettre de travailler à réduire les fractures de toutes sortes dont nous souffrons. Lorsque nous partageons le même pain, nous annonçons le moment où, comme le bon Larron, nous accéderons au royaume nouveau, dans la joie d’une création tout entière libérée du mal et rajeunie pour la gloire et joie de Dieu notre Père.

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