Bannière

Année pastorale 2016

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux

Cathédrale

Construction de la nouvelle cathédrale.


Cliquez ici pour voir la progression de la construction.

Météo

Morombe °C
Tuléar °C
Antananarivo °C
  24.11.2017 Wetter Ostsee

Translation

French English German Italian Polish Portuguese Spanish

Recherche

Qui est en ligne ?

Nous avons 57 invités en ligne

Statistiques de 15/08/10

Affiche le nombre de clics des articles : 884321

Visiteurs de 30/10/11

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui53
mod_vvisit_counterHier370
mod_vvisit_counterCette semaine1494
mod_vvisit_counterCe mois8333
mod_vvisit_counterTotal visiteurs559192
Accueil "Longo" On peut tout de même...
PDF Imprimer Envoyer

Mois d’octobre 2013 – On peut tout de même…

 

La foi de Jésus (XXVII C)


  • Habacuc 1, 2 – 4 : La foi, c’est une confiance en la fidélité de Dieu.
  • Ps 94 : Tu es ma foi.
  • 2 Tim 1, 6 – 8, 13 – 14 : Le don de la foi n’est jamais reçu une fois pour toutes : il faut le raviver sans cesse.
  • Luc 17, 5 – 10 : Dieu attend de nous que nous soyons des croyants, des hommes et des femmes qui vivent chacune de leurs journées dans la lumière de la foi, avec la force de la foi en Jésus Christ ressuscité, vainqueur du mal. Au milieu de l’indifférence qui nous entoure, notre foi risque d’être endormie. Comme les apôtres, demandons à Dieu de réveiller la foi reçue à notre baptême : Seigneur, fais grandir en nous la foi !

Elle est touchante de simplicité cette demande des apôtres à Jésus : « Augmente en nous la foi », et nous nous y reconnaissons assez bien. Il nous est bon de constater que la foi n’a pas été plus facile pour les Douze que pour nous…

Pourtant ils vivaient constamment avec lui, durant trois ans ils ont pu bénéficier de sa présence, de ses paroles, de ses miracles. Eh bien ! précisément, la plupart du temps ils ont été déconcertés par Jésus : tout ce qu’il disait sur l’argent, sur le mariage et le divorce, sur le pardon des offenses, sur l’amour des petits, des immigrés et des marginaux, sur la prier, le sabbat, etc…, tout ce qu’il disait et tout ce qu’il faisait, ainsi son attitude par rapport au temple, aux pharisiens, au pouvoir établi ; tout cela les déconcertait profondément. Et ses miracles aussi, bien sûr. Marc le note souvent dans son évangile ; les apôtres se sont sentis en décalage par rapport à Jésus, étonnés, déconcertés…

D’où cette demande : « Augmente en nous la foi ! » A quel propos l’ont-ils formulée ? Est-ce quand ils n’ont pu chasser le démon d’un possédé, ou quand ils ont vu tout desséché le figuier que Jésus avait maudit la veille ? On ne le sait pas, et peu importe après tout. L’important est que les compagnons de Jésus lui aient posé cette question, eux qui vivaient quotidiennement avec lui : « Seigneur, augmente en nous la foi ». En disant cela, ils soulignent deux choses : ils avouent leur peu de foi, leur manque de foi ; mais aussi, ils admirent la foi de Jésus.

C’est sans doute le plus important : les apôtres ont vu en Jésus un homme d’une grande foi, d’une foi exceptionnelle. Jésus avait foi en Dieu son Père. Jésus a vécu toute sa vie d’homme dans la confiance du Fils venu faire la volonté de son Père, qui est de sauver les hommes. En venant parmi les hommes, Jésus s’est conduit comme un fils aimant, obéissant, fidèle jusqu’à la mort envers son Père : il transmet les paroles de son Père, il incarne visiblement l’amour de son Père pour ce monde. Toute sa vie le montre, Jésus est en relation constante avec son Père : dans la prière, avant le choix des apôtres, après la multiplication des pains ou durant l’agonie à Gethsémani ; dans ses miracles, par exemple quand il guérit Lazare : « Père, je sais que tu m’exauces toujours » ; dans ses discussions avec les pharisiens : « Les œuvres que je fais, c’est au nom de mon Père que je le fais », et jusqu’à son dernier soupir : « Père, en tes mains je remets mon esprit ».

Et ensuite, c’est vers le Père qu’il retourne pour envoyer l’Esprit à ses disciples. Jésus a donc une très grande foi, c’est cela que les apôtres ont senti : Jésus vit habituellement en relation avec son Père, qu’il aime, et en qui il a une confiance totale. Jésus se sait aimé de son Père, Jésus fait en tout le bon plaisir de son Père. C’est cela que les apôtres ont compris peu à peu : Jésus est habité par quelqu’un, quelqu’un vit en lui, qui l’inspire, qui le remplit d’amour et de force.

D’ailleurs il le dira lui-même : « Qui me voit, voit le Père ». La foi, c’est ce qui fait vivre Jésus, c’est une relation aimante et constante avec son Père, dans l’Esprit.

Voilà ce que les apôtres ont deviné, peu à peu, en mesurant tout le décalage entre Jésus et eux. Alors, un jour, ils le lui ont dit, comme ils ont pu, maladroitement : « Augmente en nous la foi ! » Comme si la foi c’était quelque chose, un avoir que l’on puisse augmenter, comme on augmente un dépôt sur un compte en banque ! D’ailleurs, dans presque tous les passages de l’évangile où il est question de la foi, Jésus répond à ses disciples : priez, priez davantage et alors Dieu vous entendra. C’est dire que la foi, ce n’est pas quelque chose, c’est une relation vivante avec quelqu’un en qui l’on a confiance, parce qu’on se sait aimé de lui…

La foi, ce n’est pas d’abord une doctrine religieuse, un savoir sur Dieu et la religion ; la foi, ce n’est pas d’abord la recherche d’un explication du monde ; la foi, ce n’est même pas d’abord un idéal de perfection morale. Car il ne s’agit pas « d’avoir » la foi, mais de devenir, « d’être » croyant. La foi, c’est la rencontre de quelqu’un à qui l’on donne sa foi, et cette rencontre transforme toute la vie de celui qui croit. Rencontrer, découvrir personnellement Jésus comme l’envoyé, le Fils du Dieu vivant qui m’appelle : voilà la foi. Non pas une doctrine, mais lui, Jésus : c’est lui la Vérité. Non pas une morale, mais lui, Jésus : c’est lui le Chemin et la Vie, celui qui donne sens à ma vie, à notre vie.

Etre croyant : vivre sa vie la plus quotidienne en dialogue constant avec Jésus qui nous conduit au Père, vivre en faisant ce qui lui plaît ; se laisser conduire intérieurement par l’Esprit de Jésus, appuyés sur sa parole, nourris et fortifiés par ses gestes de vie que sont les sacrements, en lien avec tous les frères et sœurs de la communauté des croyants qu’est l’Eglise répandue à travers le monde.

C’est bien dans cette Eglise que nous avons reçu le germe de la foi par le baptême. Mais si la foi est une vie, elle est appelée à se développer, à grandir. Que notre foi ne soit pas un trésor inerte, un trésor enfoui, un trésor dévalué, peut-être, par rapport au monde d’aujourd’hui. Notre baptême est-il simple mention inscrite sur un registre, ou est-il l’acte de naissance, le passeport toujours valide pour la vie éternelle ? C’est chaque jour que nous devons vivre dans la mémoire de notre baptême, comme un citoyen du ciel vivant parmi les hommes. C’est pour cela que, chaque année, l’Eglise nous en fait renouveler les promesses à la Vigile pascale, et surtout maintenant, durant cette année de la foi.

Le don de Dieu que vous avez reçu, il faut le réveiller, le raviver nous dit saint Paul. Et voici que le cri des apôtres devient aussi le nôtre : « Augmente en nous la foi, Seigneur ! » Quelle est notre relation avec Jésus Christ ? Peut-être est-elle devenue tiède, lointaine, routinière… Notre foi se nourrit-elle par la prière quotidienne, la fréquentation des sacrements, une lecture spirituelle, le partage d’évangile avec d’autres, une action caritative, un engagement apostolique ou social ?

Si votre foi était plus grande, nous dit Jésus, rien ne vous serait impossible ! Bien sûr, nous ne sommes que des pauvres serviteurs, des serviteurs quelconques, mais Jésus compte sur nous pour être des témoins rayonnants de son amour pour ce monde. Alors, Seigneur, nous t’en prions, « augmente en nous la foi ! »

Seigneur :


  • Pour l’Eglise entière : qu’elle demeure inébranlable dans la foi ; pour le Pape : qu’il nous affermisse dans notre foi ; pour les évêques : qu’ils trouvent la manière d’annoncer l’évangile en termes simples et parlants pour les hommes de notre temps.

  • Pour les parents, les catéchistes, les enfants : que tous progressent dans la rencontre de Jésus, le témoignage et la prière.

  • Pour les uns pour les autres : que nous ayons le courage de réveiller la grâce de notre baptême pour rendre notre foi plus vivante.

Merci, Seigneur (XXVIII C)


  • II Rois 5, 14 – 17 : C’est à contre cœur que Naaman le Syrien, un païen frappé de la lèpre, accepte ce que lui demande le prophète Elisée et qu’il rentre dans le Jourdain, et qu’il bénéficie d’une spectaculaire guérison.
  • Ps 97 : Le Seigneur nous a sauvé.
  • Tim 2, 8 – 13 : Saint Paul, incarcéré à Rome, supplie Timothée, son disciple, et nous tous, à travers lui, de s’ouvrir par la foi au mystère du Christ, sauveur de tous les hommes.
  • Luc 17, 11 – 19 : Quand Jésus est venu chez les siens, ils ne l’ont pas reçu, ils ne l’ont pas reconnu. C’est un Samaritain, un étranger, qui accueille vraiment le don de Dieu. Et nous ?

Jésus ne guérit pas sur-le-champ les lépreux. Il les envoie aux prêtres qui devaient authentifier les guérisons dans la communauté d’Israël, pour que les pestiférés puissent reprendre leur place, quand ils étaient vraiment guéris. Eux aussi, comme Naaman, vont obéir, sans voir le résultat, et ils seront guéris.

On pourrait donc conclure que les manières de Dieu ne sont pas les nôtres et qu’il faut apprendre à faire confiance, sans trop voir comment le Seigneur s’y prend, dans la nuit. Mais l’évangile contient une autre leçon, encore plus déconcertante : en fait, un seul de ces dix hommes est véritablement guéri, selon Jésus, un seul s’est offert à la véritable guérison que Jésus est venu apporter, celle du cœur, celle qui s’obtient par la foi. Et il se trouve que cet homme n’est même pas un Juif mais un Samaritain, un étranger, un hérétique méprisé.

Qu’est-ce que la foi, ici ? Le fait de reconnaître le Christ comme source unique non seulement de santé, mais de joie, de vie, d’espérance. C’est la foi aussi qui jette cet homme à terre, pour remercier le Christ, dans un geste tout à fait expressif, où le corps tout entier parle autant que la bouche. « Relève-toi et va, lui dit Jésus, ta foi t’a sauvé ». Nous sentons bien que cet homme est entré dans une tout autre expérience que celle de la seule guérison de son corps, déjà si fortement appréciable, ici ! Il vit ce qu’a vécu le paralytique que Jésus avait non seulement remis debout mais à qui il avait pardonné ses péchés. Une sorte de remise à neuf totale, extraordinaire, qui rend à l’homme tous les pouvoirs merveilleux de communication d’intelligence, de liberté qu’il avait « au commencement », quand il était sorti des mains de son créateur, ce « commencement » que Jésus connaît si bien et qu’il vient restaurer.

Nous mesurons mal, évidemment, en tant qu’homme, les dimensions de cette guérison : il nous semble que l’arrachement à la paralysie et à la lèpre sont déjà une bien grande chose et nous n’avons pas tort ! Mais pour le Christ, la paralysie et la lèpre ne sont que l’image d’une réalité encore bien plus effroyable. « A quoi sert de gagner l’univers si l’on doit perdre son âme ? » (Mt 16, 26) A quoi sert de retrouver la santé, la prospérité si nous ne savons pas trouver ce chemin « resserré qui mène à la vie » (Mt 7, 13), dont parle l’évangile ?

Que devons-nous faire pour nous ouvrir à cet Esprit de Jésus qui nous guérit ? Que devons-nous éviter ?

Il faudrait que nous comprenions de mieux en mieux que la réponse ne se trouve au seul niveau humain. Jésus nous dit, avec quelle force, que « Dieu seul est bon » ! (Lc 18, 19) Saint Paul ajoute que l’homme livré à sa seule raison « ne comprend pas les choses de Dieu. Elles sont une folie pour lui ». (1 Cor 2, 14) La réponse à cette question vitale ne se trouve qu’au niveau de l’Esprit Saint, qui, seul, peut nous initier à ce qu’est, en vérité, l’amour… aimer nos frères, leur pardonner leurs fautes, le cas échéant, quand ils nous ont blessé, communiquer en profondeur avec le Christ, nous intéresser vraiment à la parole de Dieu, vivre en un mot ! Cet Esprit sans lequel « nous ne pouvons pas plaire à Dieu », comme dit saint Paul (Rom 8, 8).

Voilà pourquoi seule la foi peut sauver, comme Jésus le dit si souvent dans l’évangile. Seule la foi qui vient de l’Esprit saint peut tendre vraiment vers « la vie et la paix » (Rom 8, 6). Seul l’Esprit peut montrer à l’homme ce qu’est en réalité le drame du péché, ce fatal enfermement égoïste qui empêche la vie divine et crée une sorte de perversion cachée, encore pire que la lèpre.

Puissions-nous, aujourd’hui, comprendre et vivre le geste de ce Samaritain guéri que le Seigneur nous donne en exemple dans cet évangile. Il se prosterne en louant Dieu aux pieds de celui qui est la parole même de Dieu… Si nous savions comme lui recourir avec tout notre être à la parole de Dieu, soit au niveau de l’Ecriture, soit au niveau des Sacrements, si nous savions entrer dans cette prière profonde où tout se tait en nous, au profit de ce que, secrètement, l’Esprit veut nous donner, dans ce style si simple, si humble, si déconcertant de Dieu, nous ne tarderions pas à en voir les fruits.

Le premier de ces fruits, comme nous le disions, sera de nous faire comprendre que nous ressemblons, beaucoup plus que nous ne le pensions, à ces neuf lépreux, soit avant leur guérison, soit après.

Avant, car il y a en nous toutes sortes de manières de vivre et de penser qui « contristent l’Esprit Saint », pour reprendre l’expression de saint Paul : des raideurs, des refus, des blocages et, surtout peut-être, une absence d’élan et de confiance, vis-à-vis du Seigneur, qui le paralysent à son tour… Si nous ne savons pas attendre assez de lui, nous l’empêchons, par le fait même, de nous venir en aide. Beaucoup trop peu de chrétiens comprennent qu’il faut chercher Dieu, frapper à la porte pour qu’on leur ouvre, demander pour qu’on ait le droit de leur donner…

Jetons nous aussi aux pieds de Jésus, avec cette confiance, cet élan, cette attente qui sont à la fois de merveilleux fruits de l’Esprit et la condition indispensable pour que tout continue encore bien mieux.

Prions le Seigneur :

  • Jésus continue à guérir, aujourd’hui, de même qu’il continue à proclamer le Royaume de Dieu à travers l’action et la prédication de l’Eglise. Pour que des vocations se lèvent et que le Maître envoie des ouvriers dans sa moisson.

  • Des étrangers sont à l’honneur dans les textes que nous méditons. Pour que nos cœurs s’ouvrent à ceux qui sont différents de nous, pour que l’Esprit Saint nous garde de la peur, d’une méfiance injuste et de l’égoïsme.

  • Le Seigneur agit sans cesse pour nous venir en aide et, comme ces lépreux de l’évangile, nous ne le voyons pas toujours. Pour que nos cœurs découvrent l’action de grâce qui permet à l’Esprit de nous combler encore bien plus.

Toujours prier (XXIX C)


  • Exode 17, 8 – 13 : L’entrée en terre promise est suspendue à un combat et l’issue de ce combat est suspendue à la prière de Moïse.
  • Ps 120 : Le Seigneur est le Sauveur de son peuple.
  • Tim 3, 14 – 4, 2 : L’inspiration de toute prière, comme de toute action, demeure, aujourd’hui comme hier, la Parole de Dieu.
  • Luc 18, 1 – 8 : Ce texte se termine par un cri déchirant du Seigneur : le Fils de l’homme, quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Que toute notre vie soit une réponse à cette question. Le Seigneur vient si nous savons le reconnaître dans notre vie, le prier, prier le Père avec lui et en lui, alors notre prière devient irrésistible, comme il nous le promet, à condition qu’elle soit persévérante.

Rien n’est plus important, pour Jésus, que la prière. Il passait, nous dit l’évangile, des nuits en prière. La prière était, pour lui, le premier aspect de cette « nourriture » dont il parle, cette nourriture qui était la volonté de son Père.

« Toujours prier, sans se décourager », est-ce possible ?

Si nous entendons par prière une sorte de communication mystérieuse avec le Seigneur qui nous aime et que nous essayons d’aimer, communication qui affleure parfois par des appels, des dialogues familiers, alors il deviendrait possible de toujours prier. Jésus communiquait constamment avec son Père et nous propose de vivre, par rapport à lui, ce qu’il vivait lui-même si bien avec son Père. Le secret de cette communication entre le Père et le Fils, c’était l’Esprit Saint. Le secret de notre communication avec Jésus Christ, c’est justement cet Esprit Saint que Jésus nous promet au moment de quitter la terre et qui doit nous conduire à la vérité tout entière.

Sans doute n’avons-nous pas assez réfléchi à une petite phrase tout à fait essentielle de Saint Paul, dans l’épître aux Romains : « Nous ne savons que demander, pour prier comme il faut, mais l’Esprit Saint intercède pour nous par des gémissements ineffables ». (Rom 8, 26) Et Saint Paul nous montre le Père sondant les cœurs et prêtant l’oreille à ces gémissements, pour y répondre. Nous ne savons pas assez que chaque fois que nous sommes dans ces dispositions de calme et de simplicité d’un cœur ouvert, chaque fois que nous sommes dans la paix et l’amour désintéressé, même dans les circonstances les plus banales de l’existence, l’Esprit Saint peut gémir en nous et demander au Père, au nom du Fils, ce que nous ne savons pas demander. Ce sont ces dispositions mêmes qui rendent le cœur des enfants si agréable à Dieu, c’est la raison profonde pour laquelle il nous les donne en exemple.

Comment Jésus lui-même apprend-il à prier ?
Après avoir reçu de Joseph, comme tout enfant juif, les fondements de la Loi et les habitudes de la prière, Jésus avait pensé retrouver son Père éternel au Temple de Jérusalem, la maison de son Père, ce qui s’explique tout particulièrement dans son cas et avec la conscience qu’il avait d’être le Messie. D’ailleurs tout semble lui donner raison : il apprend, il émerveille tous ces savants, spécialistes de la Loi. Mais, comme nous le savons, Marie vient et lui dit : « Pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois, ton père et moi, nous te cherchions tout angoissés… » (Lc 2, 48) Jésus à son tour, est complétement déconcerté, d’un côté parce qu’on le cherche dans ce temple, de l’autre, et c’est essentiel, parce qu’on appelle Joseph son père ! Il se doit aux affaires de son Père !

La suite est tout à fait extraordinaire : être chez son Père, pour Jésus, va consister à se cacher avec Marie à l’ombre de Joseph, cette ombre qui figure l’ombre du Père éternel !

Le maître à prier du Fils de Dieu sur la terre est donc Joseph, l’époux de marie que Jésus doit adopter pour son père sur la terre, le seul humain qui soit directement l’ombre du Père. Joseph est ainsi amené à enseigner à Jésus d’abord, puis à nous, ce qu’il a dû si profondément apprendre lui-même, une foi à toute épreuve ; un silence total, radicale épuration de la pensée humaine ; une patience que rien ne décourage.

Plus nous apprenons de ce père, comme Jésus l’a fait si longtemps, plus Marie peut être notre mère, c’est-à-dire plus l’Esprit peut alors nous habiter, plus la prière nous devient comme intérieure, familière, extraordinairement neuve, jaillissante, profonde. Nous retrouvons les conditions mêmes dans lesquelles le Fils de l’homme a appris à prier.

Avec eux deux, nous devenons ces enfants que Dieu aime. Avec eux deux, apprenons l’art difficile mais essentiel d’être comme des enfants confiants, simples, non plus ces adultes vieillissants, bourrés d’habitudes et d’idées toutes faites, incapables de recevoir, d’apprendre, de grandir. Spirituellement, nous devons sans cesse grandir, c’est pourquoi la condition d’enfant est la seule qui nous convienne. La nourriture spirituelle indispensable à cette croissance, le pain de chaque jour, comme dit le Notre Père, est le fondement même de toute prière. Plus nous en ferons l’expérience, plus nous verrons ce que c’est que les fruits de l’Esprit et les secrets de la véritable vie.

Prions le Seigneur :

  • Beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui, beaucoup de jeunes cherchent à marcher vers Dieu. Pour que le Seigneur leur donne de véritables guides, à la fois sûrs et humbles, qui les aident dans ces chemins essentiels et délicats de la prière.

  • Pour les gouvernants, les responsables de la vie sociale et de l’information, afin qu’ils comprennent que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain et qu’ils favorisent une vie fraternelle ouverte sur le Seigneur.

  • Pour tous ceux qui sont écrasés par la maladie, le chômage, la persécution, afin qu’il trouvent dans la prière de l’Eglise, l’intercession des contemplatifs et leur propre prière la force et la lumière dont ils ont besoin.

L’avenir du monde (dimanche des Missions)


Textes proposés :

  • Isaïe 2, 1 – 5 :
  • Ps 66 :
  • Actes 1, 3 – 8 :
  • Jean 20, 19 – 23 :

Quel avenir pour notre monde ?

L’avenir, c’est la science ? Les progrès spectaculaires de la science et de la technique ont laissé croire depuis deux siècles que l’homme parviendrait à vaincre toute ignorance ; les mystères disparaîtront et Dieu avec. L’homme sera alors en mesure de maîtriser l’univers.

La plupart des savants ne partagent plus aujourd’hui cet optimisme. Les certains d’eux reconnaissaient qu’une découverte en astronomie, en physique, en chimie sur un point précis entraînait souvent une vingtaine de nouveaux problèmes, des énigmes non résolues. Beaucoup ont peur de l’apprenti sorcier, qui risque de déchaîner les forces de la nature et de provoquer la fin de notre histoire dans une explosion de l’atome ou la guerre des étoiles. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Le salut serait-il alors dans la politique ? Si la science accomplit des merveilles pour améliorer la condition des hommes, c’est grâce, en partie, à la politique qui essaie d’aménager les relations dans la commune, la cité, la nation, au plan international, pour un plus grand service des hommes. L’engagement dans cette direction est très important et nul ne peut se désintéresser de cet avenir humain qu’ensemble nous devons préparer.

Mais souvent la politique devient exclusive, enjeu d’ambitions partisanes ou personnelles. Elle aboutit à la paralysie de forces contradictoires, à la division, ou même à la guerre. La tour de Babel, construite par l’orgueil de l’homme, devient une symphonie inachevée et discordante. Des tyrans se lèvent, asservissent tout un peuple et finissent tragiquement, souvent remplacés par d’autres dictateurs.

Et voilà qu’au cœur de notre désespoir surgit une parole, celle de Jésus, Messie et Fils de Dieu, qui ose nous dire : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». « Celui qui croit en moi ne verra jamais la mort ». « Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde, maintenant je quitte ce monde et je m’en vais au Père ». Aucun être humain n’a parlé comme cet homme. Et l’Eglise proclame qu’il est le sauveur universel, l’unique médiateur entre Dieu et les hommes : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi ».

Sa doctrine, c’est sa personne elle-même. Elle vaut pour le présent et pour l’avenir.

Imaginons concrètement ce qui pourrait changer sur notre terre, si chacun d’entre nous et tous les hommes appliquaient scrupuleusement sa consigne essentielle, observaient son unique commandement : « C’est à ce signe qu’on vous reconnaîtra comme mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres, comme je vous ai aimés, comme le Père m’a aimé ». Tout est là ! Il ne s’agit plus de rêver mais de vivre et d’agir. C’est à nous, chrétiens, de commencer et de donner l’exemple, à la suite du Seigneur. Il a servi jusqu’au bout. Il a aimé jusqu’au don total de sa vie, de son corps et de son sang. Chaque messe est un envoi en mission pour faire à notre tour pour les autres ce qu’il a fait pour nous, un sacrifice en vue d’une communion. Il faut bâtir dès aujourd’hui partout cette civilisation de l’amour.

Et oui, Jésus nous redit encore une fois : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Recevez le Saint Esprit ». « Vous serez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Jésus me redonne l’Esprit de mon baptême et da ma confirmation. Et il m’envoie en mission pour témoigner dans ma famille, mon quartier, mon milieu, partout où j’irai.

« Vous êtes la lumière du monde », ce qui suppose être branchés sur le Christ, unique lumière, par la vie intérieure, par un cœur rempli de l’Esprit Saint, par la prière. Ensuite rayonner la présence qui nous habite, par nos actes de service. En voyant vos bonnes œuvres, les hommes reconnaîtront le Père qui nous aime et qui agit à travers nous et ils glorifieront ce Père unique et universel.

Enfin, quand on a fait l’expérience du bonheur avec le Christ, on ne peut pas ne pas parler et redire pour les autres ce qu’on a vu, entendu, touché de sa parole vivante. A certains moments, Jésus se taisait, à d’autres, il n’a pas craint courageusement de parler sans agresser personne, dans le plus grand respect des libertés. Son témoignage devant le grand prêtre l’a conduit au martyre. La mission peut nous amener jusque-là. Quand la fin sera venue, puissions-nous dire : mission accomplie !? Alors, ne faisant plus qu’un avec Jésus, nous rassemblerons tous les hommes dans l’amour.

Humbles et pauvres (XXX C)


  • Sirac 35, 15 – 17, 20 – 21 : Aucun privilège ne compte devant le Seigneur : c’est surtout aux humbles qu’il est attentif.
  • Ps 33 : Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu.
  • 2 Tim 4, 6 – 8, 16 – 18 : Paul, en prison, écrit sa dernière lettre : il fait le bilan de sa vie et constate que tout est grâce.
  • Luc 18, 9 – 14 : Ce ne sont pas les « gens bien » mais plutôt le pécheur repentant que le Seigneur accueille.

Cette page de saint Luc est un petit chef-d’œuvre. En quelques mots, tout est dit sur l’attitude de l’homme devant Dieu et vis-à-vis de ses frères. La question est : Comment prier ? Dans la prière, comment se situer devant Dieu, quelle attitude prendre, quelles dispositions avoir dans son cœur ? Et Jésus répond par ce tableau vivant : deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était pharisien, l’autre publicain.

Que dit-il, ce pharisien, dans sa prière ? Il parle de lui-même, avec suffisance, et il se vante devant Dieu de toutes ses pratiques et observances. Sans cesse il dit « je ». Je ne suis pas comme les autres hommes… Moi, je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de mon revenu aux prêtres. Merci, mon Dieu, de n’être pas comme les autres qui sont voleurs, injustes, adultères. Le pharisien est celui qui se met à part, au-dessus des autres, qu’il méprise. Le pharisien est celui qui met en lui-même toute sa confiance : il a fait tout ce qu’il fallait, il a évité le péché, il est plein de mérites, il a droit à la récompense et, en toute bonne conscience, il prend Dieu à témoins de ses efforts et de sa vertu. Bardé de pratiques extérieures, cuirassé de vertus hautaines, en réalité il se ferme à Dieu dont il a peur et dont les exigences l’obligeraient à se convertir.

C’est cette attitude hypocrite que Jésus a en horreur et qu’il n’a cessé de dénoncer avec violence tout au long de l’évangile. Cette attitude, sous des apparences de pratique religieuse, est en réalité une fuite de Dieu, une fermeture, une suffisance. Cette attitude défigure Dieu : Dieu seul est le Créateur, Dieu seul nous recrée par son amour et nous rend capables de le servir. Un tel comportement est faux : il fait mentir la parole de Jésus : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Que peut-on attendre de Dieu quand on est plein de soi-même ? Et, par voie de conséquence toute naturelle, fermé aux autres, dont on ne veut pas se reconnaître frères et que l’on accuse… C’est un renversement de mentalité, un changement total de perspective, une conversion que demande Jésus. L’attitude juste devant Dieu, c’est celle du publicain.

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » : il le sait bien, le publicain qui se tient « à distance », il ne le sait que trop qu’il est un traître à sa patrie, un collaborateur qui trafique avec l’occupant romain et s’enrichit sur le dos de ses concitoyens. Il le sait, il le reconnaît devant Dieu, et voilà pourquoi sa prière est vraie, authentique. Devant Dieu, il ne porte pas de masque, il ne se grime pas comme un tartuffe, il ne dissimule pas la vérité, il se présente comme il est. C’est du fond de sa misère qu’il crie : « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ». Et précisément, c’est ce dégoût de lui-même, cette blessure secrète, cette ouverture à Dieu qui le sauve. Il n’est pas cuirassé contre Dieu, le publicain, il n’a rien à lui offrir que sa misère et sa détresse.

Voilà l’attitude vraie de l’homme devant Dieu, celle qui permet à Dieu d’agir en lui, de le guérir, de le combler, de le rendre juste et saint. Parce qu’il s’est abaissé, Dieu le relève ; parce qu’il s’est reconnu pécheur, Dieu lui pardonne : la prière du pauvre, la prière de celui qui a le cœur brisé, cette prière traverse les nuées, elle touche le cœur de Dieu.

Le pharisien, au contraire, en dissimulant sa misère, ne fait que repousser la miséricorde ; il se trompe lorsqu’il n’excepte que lui en condamnant tous les autres. Au regard de Dieu, il n’est qu’une attitude vraie de l’homme : c’est l’humilité de celui qui se reconnaît pécheur comme le publicain, c’est la vérité de celui qui s’abaisse. L’humilité, c’est notre vérité. Dans le mot humilité, il y a « humus », la terre. L’humilité est la vertu de celui qui se sait très terre à terre dans sa vie. L’humilité, c’est l’attitude de celui qui se souvient que nous ne sommes que poussière devant Dieu. L’humilité, c’est la vertu de celui qui s’abaisse au souvenir de ses péchés, qui s’abaisse pour implorer Dieu et servir ses frères.

N’oublions jamais que celui qui nous propose cette parabole, Jésus, s’est lui-même abaissé, bien qu’étant sans péché.

Nous prions aussi, mais avec quels sentiments ? Quelle est notre attitude devant Dieu et vis-à-vis de nos frères ? Quel est le contenu de notre prière ? Les hommes voient l’apparence, mais Dieu regarde le cœur. Alors mettons notre cœur à nu devant Dieu, dans une humble confiance, et il pourra nous rendre justes.

Seigneur :

  • Pour la sainte Eglise des pécheurs que nous sommes et pour ses ministres : pape, évêques, prêtres et diacres, qu’ils n’oublient jamais la parole dite à Pierre : « Et toi, une fois revenu, affermis tes frères ».

  • Pour que l’Eglise manifeste de plus en plus à travers le monde son option préférentielle pour les pauvres que Dieu aime et dont il exauce la prière.

  • Pour tous ceux qui sont persécutés à cause de leur foi ou de leur combat pour la justice : que Dieu les remplisse de force pour la cause de l’Evangile.

End FAQ

 


Copyright © 2010 DIOCÈSE (ECAR) MOROMBE. Tous droits réservés. Contactez: ecarmorombe@gmail.com