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Accueil "Longo" Un temps de grâce
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Mois d’août 2013 – Un temps de grâce


Vivre (XVIII C)


  • Eccl 1, 2 ; 2, 21 – 23 : Bien avant le Christ, un sage d’Israël constate l’inutilité des efforts de l’homme pour échapper aux limites de sa condition mortelle.
  • Ps 89 : Dieu tu me connais.
  • Col 3, 1 – 5 ; 9 – 11 : Saint Paul proclame la liberté du baptisé. Mort et ressuscité avec le Christ, il est devenu un homme nouveau, libéré de l’emprise des passions.
  • Luc 12, 13 – 21 : On ne peut pas servir seulement l’argent et les biens matériels.

« Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Non, Jésus n’arbitrera pas le conflit qui oppose deux frères à propos de leur héritage.

Au premier abord, la réponse du Christ peut nous paraître aller de soi. Pour dire le droit, les juristes ne manquent pas et les notaires se chargent habituellement des problèmes de succession. Cependant, au temps du Christ, les rabbins étaient souvent appelés à arbitrer des querelles de famille. La requête n’était donc pas insolite et le refus du Christ est lourd de sens : « Gardez-vous de toute âpreté au gain car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses ».

Nous voici donc invités à nous garder de la recherche éperdue de l’argent. Exhortation familière à tous les fidèles. Rappelons rapidement quelques versets de l’Evangile. Et tout d’abord cette béatitude : « Heureux, vous les pauvres, le royaume de Dieu est à vous… Mais malheureux, vous les riches, vous tenez votre consolation ». Et cette explication de la parabole de semeur : « Les épines qui empêchent la parole de parvenir à maturité, ce sont les richesses et les plaisirs de la vie ». Ou encore ce conseil donné à un notable qui interroge Jésus : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ? Tout ce que tu as, vends-le, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux. Puis, viens et suis-moi ».

Ces textes et de nombreux autres sur le même sujet, nous les avons entendus souvent et, osons le dire, ils nous agacent un peu.

Oui, pensons-nous, la pauvreté évangélique, c’est bien… pour les religieux et les religieuses qui ont prononcé des vœux. Mais pour les autres ? Comment pourrait-on vivre et faire vivre une famille en méprisant l’argent ? Comment assurer la vie d’une cité ou simplement la vie d’une entreprise en sous-estimant les réalités économiques ? Tout cela, c’est du bon sens, n’est-ce pas ?

Certes, nous connaissons le devoir du partage. Dans notre budget, nous faisons la part aux plus petits, à l’église, etc. Nous savons d’ailleurs répondre avec générosité à toutes ces nécessités. Mais précisément, si nous n’avions pas quelques biens, aurions-nous la possibilité de partager ?

Bon, arrêtons là et soyons donc attentifs à la parabole qu’il nous conte : « Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se réjouissait… » Cet homme « riche », c’est peut-être moi ? Je n’ai sans doute pas de grands biens mais j’ai du travail et aussi une certaine culture. Et je m’en réjouis. Ecoutons la suite : « Dieu lui dit : tu es fou, cette nuit même on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? »

Nous sentons bien que nous ne sommes encore qu’à surface des choses et que nous n’avons pas encore atteint le cœur de la pensée du Christ. Un mot revient à deux reprises dans le texte, le mot : vie. Là est peut-être la clef de ce passage. « La vie d’un homme ne dépend pas de ses richesses ».

Qu’est-ce donc que la vie ? On pourrait répondre tout simplement : vivre c’est laisser s’épanouir librement et harmonieusement les dons reçus à la naissance. On ajouterait peut-être que cet épanouissement suppose un environnement familial et social. On aura ainsi pris conscience que la vie de chacun dépend d’autrui et que tout homme est, à des degrés divers, responsable de la vie de ses frères.

Tout cela est vrai et il n’est pas inutile de nous le redire. Pourtant, ne faisons pas comme si nous étions laissés aux seules forces du raisonnement. Christ a révélé aux hommes ce qu’est la vie qu’il possède de toute éternité puisque l’apôtre Jean écrit : « En lui était la vie ». Vivre, c’est être en communion avec le Père. C’est pourquoi Christ est « le chemin, la vérité, la vie ». Quant à nous, incorporés au Christ par notre baptême, « notre vie est cachée avec le Christ » (Col 3, 3). Pour nous, « la vie, c’est le Christ » (Ph 1, 21). Et en Christ est la totale adhésion à la volonté du Père qui veut que tout homme ait la vie et l’ait en abondance.

Et nos biens dans cette perspective de vie ? L’Eglise ne nous dit pas ce qu’il faut faire dans le quotidien de nos vies. Faut-il effectuer ou non tel achat ? Faut-il consacrer à nos loisirs, telle ou telle part de notre budget ? Faut-il ou non deux salaires dans notre foyer ? L’Eglise n’a pas de réponse à des questions de ce type. Mais elle nous dit : le travail est un moyen pour vivre et faire vivre d’autres hommes. L’argent est un moyen pour vivre et pour aider d’autres hommes à vivre. Un moyen oui et jamais une fin. La fin, c’est la vie et l’amour qui au service de la vie.

Tout cela est affaire de conscience. Mon choix va-t-il ou non dans le sens du projet de Dieu sur l’homme ? Ce que Dieu veut c’est que ses enfants aient la vie. Là est l’essentiel. Où en suis-je par rapport à cette volonté de Dieu : la vie pour tout homme, la vie pour tous les hommes ?

« Tout est vanité », disait l’Ecclésiaste. Tout, sauf l’amour.

Seigneur :

  • A ceux d’entre nous qui travaillent durement, donne de te rencontrer dans ce travail qui est service de leurs frères.
  • A ceux d’entre nous qui ne savent plus ce qu’est le travail ni ce que sont les vacances, les chômeurs mais aussi les malades et aussi les prisonniers et les marginaux, donne nous t’en prions, de rencontrer des frères attentifs qui témoignent auprès d’eux que tu es l’amour.
  • A ton Eglise que nous formons tous ensemble, donne d’être présence d’amour dans le monde.

Transfiguration


  • Daniel 7, 9 – 10 ; 13 – 14 : Après le dernier jugement, Dieu va donner au Fils de l’homme la gloire.
  • Ps 96 : Le Seigneur qui est en haut, règne sur le monde.
  • 2 Pierre 1, 16 – 19 : Les témoins dévoilent tous ces qu’ils ont vu et entendu sur la montagne.
  • Luc 9, 28 – 36 : Toi, tu es mon Fils bien-aimé.

Un homme jeune annonce à ses parents, le visage transfiguré : Je suis papa ! Je viens d’avoir un fils et vous un petit-fils ! Il vous ressemble.

C’est bien de cette ressemblance entre père et son fils qu’il s’agit, quand on parle de transfiguration, la communication de sa propre figure à un autre, à la fois distinct et identique. La transfiguration, c’est le rayonnement d’un visage qui se contemple dans le miroir vivant d’un autre visage. Déjà physiquement, l’enfant ressemble à son père, couleur des cheveux, des yeux, profil du nez, du front ou de la bouche. Mais quelle fierté pour le père lorsque le fils lui sera semblable spirituellement, en réussissant dans la vie, comme lui et mieux que lui. Il le présentera à l’école, à ses amis, à l’entreprise, au monde, en disant : C’est mon fils, mon autre moi-même, vous pouvez lui faire confiance. Il a fait ses preuves grâce à moi.

Avec la transfiguration de Jésus, c’est la figure du Père, lumineuse, ensoleillée, qui transparaît sur le humain de Jésus. Jésus a manifesté à ses contemporains qui Il était et qui était le Père, un Dieu de pauvreté, d’humilité, de douceur, de miséricorde, un Dieu de paix et de justice, mais aussi un Dieu persécuté, bref un Dieu rayonnant de tendresse.

Depuis la création de l’homme, Dieu avait essayé de transférer son visage et de communiquer son esprit. Mais pour devenir comme Dieu, les hommes se sont trop souvent trompés de modèle. Au lieu de l’écouter longuement s’exprimer dans le silence, à la façon de disciples fidèles, ils ont préféré imaginer à leur propre ressemblance un Dieu écrasant qui s’impose par la violence, parce qu’Il veut être en tout le plus grand.

Jésus connaît la même tentation de faire appel au feu de Dieu pour punir un village samaritain inhospitalier, de pulvériser, en mobilisant des légions d’anges, ses adversaires qui veulent le tuer, de s’emparer par la force de tous les royaumes du monde, à la façon des grands conquérants de l’histoire. Mais Jésus résiste de toute son énergie à cette volonté de puissance qui ne correspondrait pas à l’image fidèle qu’il se fait de son Père bien-aimé. En effet, ce Père unique et universel lui donne tous les hommes, non pas à haïr, mais à aimer, non pas à perdre, mais à sauver, non pas détruire, mais à faire exister, y compris au détriment de sa propre vie.

Jésus a donc choisi son destin, une certaine volonté d’impuissance face à l’agression des autres. Devant le mal, la calomnie, les complots, les blessures, l’humiliation, il se servira de toute la force de Dieu qui, face aux pécheurs et pour combattre le péché, envoie sa pluie et son soleil indifféremment sur les bons et sur les méchants. Jésus manifestera sa bénédiction, sa bienfaisance, sa bienveillance à l’égard de tous sans exception. Il se montrera ainsi témoin jusqu’au bout, jusqu’à la mort accepté, de ce Dieu scandaleux, incapable de vouloir le mal et de le faire, de ce Dieu fou qui aime les pécheurs à la folie, car il les considère toujours comme ses fils.

Devant cette ressemblance totale entre Lui et son Fils, le Père se retrouve parfaitement. Il le dit, à travers ce soleil qui rayonne sur le visage de son fils, le soleil du Dieu humilié et crucifié, qui s’éclipse devant la liberté des hommes, à travers sa parole : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, mon fils transfiguré. Ecoutez-le. Quand il parle, c’est moi qui parle, quand il agit, c’est moi qui agis ; quand il meurt, c’est moi qui depuis la création du monde meurs d’amour pour servir les hommes et les délivrer de leur péché ».

Et nous, de quel Dieu sommes-nous les témoins ? Est-ce que nous prenons le temps longuement de l’écouter dans la prière et la contemplation, comme Jésus, pour faire ensuite tout ce qu’il nous dira ?

Dieu, notre Père, nous dit, à travers son fils, de ne pas juger, ni condamner, de ne perdre aucune brebis égarée, même si elle se dresse contre nous comme un loup enragé, mais de les sauver toutes. Pour celui qui veut imiter le Père et le Fils, il n’y a pas d’autre solution que le chemin de la croix, celui de la pauvreté, de la douceur et du pardon, chemin aussi du vrai bonheur, des béatitudes, de la lumière et de joie. Dieu attend aujourd’hui des fils parfaitement ressemblants pour que sa paternité inconditionnelle, souvent défigurée par nos choix partisans, soit transfigurée, rayonnante, glorieuse.

Vacances (XIX C)


  • Sagesse 18, 6 – 9 : L’auteur du Livre de la Sagesse chante la joie des Hébreux, esclaves des Egyptiens, dans l’espérance de leur délivrance toute proche.
  • Ps 32 : Tu es notre Dieu.
  • Héb 11, 1 – 19 : Abraham vivait comme un voyageur et un étranger, parce qu’il se savait appelé à la cité éternelle de Dieu.
  • Luc 12, 32 – 48 : Ne vous endormez pas, veillez, tenez-vous prêts.

Nous voici en vacances, du moins beaucoup parmi vous. Ces vacances que vous aviez longtemps attendues, espérées, préparées… elles sont arrivées. Profitez-en bien ! Détendez-vous ! Faites connaissance avec des gens qui vont vous faire sortir de votre petit monde habituel et avec lesquels vous pourrez lier amitié.

Mais ces quelques semaines seront vite passées, trop vite au goût de la plupart d’entre vous. C’est ce que nous disent sans avoir l’air les textes bibliques : tous les trois nous invitent à regarder vers l’avenir, car ici-bas, nous le savons bien, rien n’est définitif, nous sommes comme en voyage, en route vers autre chose. Ce temps limité de vacances, c’est un peu comme un avant-goût et une annonce de « Vacances éternelles » qui nous attendent et auxquelles le Seigneur Dieu nous invite.

Le premier texte, tiré de l’Ancien Testament, évoque l’époque où les Hébreux, esclaves des Egyptiens, attendaient leur libération. La veille du jour où ils devaient partir, ils chantaient déjà leur délivrance. Ils veillaient, ils remerciaient d’avance le Seigneur qui allait faire d’eux un peuple libre et les mettre en route vers la terre promise. Ils se doutaient bien que ça n’irait pas tout seul, mais l’espérance de la libération les rendait tout joyeux.

Si l’Eglise nous fait entendre ce texte, c’est parce qu’il nous concerne. Nous aussi, nous sommes tout joyeux de vivre ce mois de vacances, mais pensons-y : nous aussi, nous sommes en marche vers la « terre promise éternelle » que le Seigneur a préparée pour nous. Nous avons bien qu’au cours de cette marche ici-bas, tout n’est pas facile, mais l’espérance du salut nous stimule et nous remplit de joie par avance.

Nous sommes tous en route, en voyage, ici-bas. C’est aussi le sens de la Lettre aux Hébreux qui nous parle d’Abraham. Abraham obéissant à l’appel de Dieu, était parti lui aussi, sans trop savoir où il devait aller. Quand il faisait étape le soir, il montait son campement, il ne s’installait pas, il savait qu’il devrait repartir le lendemain. Il passait comme un étranger à travers les régions qu’il traversait ; il se sentait fait pour autre chose, pour un « Ailleurs ».

Tout cela nous concerne nous aussi. Que nous soyons en vacances ou non, nous sommes sur cette terre comme des voyageurs. Comme Abraham, nous plantons notre tente ici ou là, tout heureux de mordre à la vie et aux joies qui nous sont offertes, mais tout en sachant que nous cheminons vers un « Ailleurs ». Car, si belle soit notre vie, si beau soit ce monde, nous savons que tout cela n’a qu’un temps et ne nous rassasiera jamais complètement ni définitivement. D’ailleurs, les épreuves ou les petites difficultés quotidiennes que nous connaissons tous sont là pour nous le rappeler. Nous sommes faits pour autre chose, pour cette Cité éternelle de Dieu que le Christ est allé nous préparer après sa mort et sa résurrection. C’est là que notre vie trouvera la plénitude de son épanouissement, ce seront les vacances éternelles.

Alors, nous dit l’Evangile : ne vous endormez pas, veillez, tenez-vous prêts. Et surtout, pensez-y : le vrai trésor qui fera toute notre joie, celui qui nous comblera pour de bon, ce n’est pas ici-bas que nous le trouverons, quels que soient nos revenus, notre situation, ou l’importance de notre rang social ou professionnel, mais c’est Dieu lui-même qui nous l’offrira : ce sera son « Royaume », c’est à lui que doit aspirer sans cesse notre cœur sans nous laisser emprisonner par les petites joies de chaque jour. Sachons les goûter, bien sûr, mais sachons aussi ne pas nous y arrêter ; sachons les dépasser, chercher au-delà, au-dessus, « là où le voleur n’approche pas, où les mites ne rongent pas ».

Vous voyez comment Dieu se révèle à nous à travers tout cela : notre Dieu, c’est le Dieu de la vie et le Dieu de la joie ; mais comme il est pour nous un Père infiniment aimant, il nous appelle à une Vie et à une Joie infiniment plus grandes que celles que nous pourrions imaginer ou que nous pourrions découvrir ici-bas. Il ne nous dit pas de renoncer aux joies terrestres ou de les bouder, mais il nous invite à ne pas nous y arrêter puisqu’il nous a faits pour infiniment plus et infiniment mieux. Nous sommes ici-bas comme des oiseaux dans une magnifique volière, mais nous sommes faits pour voler au-delà de tous les grillages ; nous sommes heureux de boire aux joies de l’amitié, de la détente et d’une certaine liberté, mais c’est l’infinité de l’Océan divin qui seule pourra nous désaltérer pour le bon.

Cette Cité éternelle que Dieu nous offrira, cette Patrie meilleure dont il est lui-même le bâtisseur et l’architecte, il ne la bâtit pas tout seul. Nous en sommes nous aussi les ouvriers, dès maintenant.

Seigneur, nous prions :

  • Pour Eglise et tous ses responsables, pour qu’ils rappellent inlassablement au monde quelle cité d’amour et de paix nous avons à bâtir, afin de préparer la cité éternelle de Dieu.
  • Pour les chefs des nations et pour tous ceux qui jouissent d’une autorité sur les autres, afin qu’ils découvrent les vraies joies du service désintéressé.
  • Pour ceux à qui Dieu a beaucoup confié et donné, pour nous tous afin que nous sachions mettre nos biens et nos talents au service des autres.

Assomption


  • Ap 11, 19 ; 12, 1 – 6, 10 : Comment traduire avec des mots humains la gloire du ciel ? Comment traduire avec des mots humains l’invraisemblable dureté de la vie humaine ? Comment traduire avec des mots humains le combat que Dieu conduit pour libérer l’homme du mal qui le ravage ? Comment traduire avec des mots humains la victoire du Seigneur ?
  • Ps 44 : Le Seigneur m’a comblé de joie.
  • 1 Cor 15, 20 – 26 : Depuis que le monde est ce qu’il est, la mort est la réalité la plus répandue. Elle nous atteint tous dans nos affections avant de nous atteindre personnellement. La mort est l’ennemie de l’homme. Mais aucune puissance du mal ne résiste à la puissance de vie du Seigneur. Notre mort sera détruite.
  • Luc 1, 39 -56 : La gloire du ciel n’est pas réservée à ceux qui ont eu une brillante conduite sur la terre. Dieu voit le fond de nos cœurs. Il donne sa gloire aux humbles qui se mettent à son service.

« Aujourd’hui, la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel ».

Le 15 août ! Un jour dans le déroulement des jours ! L’Eglise veut que ce jour soit pour elle et chacune de nos vies comme un moment privilégié. Elle nous invite à regarder plus loin que notre premier souci.

Un jour pour célébrer, non pas tellement le Seigneur qui est capable de sauver, que l’humanité qui, de fait, par la grâce de ce même Seigneur, accueille ce salut et entre dans la gloire de la Trinité. Un jour pour regarder l’assomption de Notre Dame.

Comment accueillir ce langage ? Notre aujourd’hui ressemble à tous les aujourd’hui, ceux d’hier et ceux de demain. Notre aujourd’hui est fait de petites peines qui conduisent à de grandes peines ; de petites espérances qui conduisent à de grandes espérances.

Il n’y a pas de gloire si personne n’est glorifié. La gloire N’existe pas s’il n’y a pas, de fait, quelqu’un qui est glorifié par quelqu’un d’autre.

Il y a gloire dans le ciel parce que Jésus est ressuscité, parce qu’il est assis à la droite de son Père, parce qu’il domine toutes les puissances du mal qui parcourent la terre et avertissent chacun de nos cœurs. Il y a une gloire du ciel parce que quelqu’un, Jésus Christ, habit auprès de Dieu, son Père, avec le réalisme de son humanité.

Depuis ce moment-là de l’histoire humaine, le ciel, c’est quelqu’un qui attend, quelqu’un qui accueille.

Aujourd’hui justement, nous célébrons quelqu’un qui est accueilli. Ce quelqu’un, c’est une femme dont on sait pas grand-chose si ce n’est qu’on a un peu parlé d’elle parce qu’on a surtout parlé de Lui, son Fils et son Sauveur.

Une femme qui n’a revendiqué qu’un titre au long de son chemin sur la terre : « servante du Seigneur ! »

Une femme qui avait un projet de vie ; elle partageait l’attente ardente de toutes les femmes en Israël et elle a rejoint les pauvres de son époque, les femmes stériles que l’on considérait comme punies de Dieu. Donc, Marie n’aura pas d’enfant. Elle restera vierge.

Et voilà qu’elle renonce à son projet pour accueillir le projet de dieu sur elle. Elle sera la mère du Messie. Marie, une femme qui a renoncé à être efficace et que Dieu a rendue extraordinairement féconde !

Cette femme est élevée aujourd’hui dans la gloire du ciel. Elle est étonnée par l’événement qui lui arrive et en même temps parfaitement accordée à la grâce qu’elle reçoit et à la mission qui est désormais la sienne. Celle que personne ne cherchait à voir est aujourd’hui regardée par tous ceux qui nous ont précédés. Elle est regardée par tous les chrétiens à travers le monde. Et dans ce regard, il n’y a ni envie ni jalousie mais admiration et imploration. Sa vie s’ouvre à qui veut bien se mettre à son école un chemin sûr vers la gloire.

Parler de gloire sur la terre nous fait penser à quelques célébrités dont les médias nous entretiennent. Des service rendus, des découvertes importantes, des succès remarquables ou simplement les idées à la mode font que l’on parle davantage de celui-ci ou de celui-là. Mais il est tout de même bien clair qu’aucun homme sur terre ne peut vivre sans gloire, sans un minimum vital de gloire. Chacun a besoin pour vivre que sa valeur, sa compétence soient reconnues, mises en service, respectées. La gloire du ciel sera pour nous d’être accueillis par le Seigneur qui reconnaîtra en nous l’originalité des Béatitudes, la trace de sa croix, la lumière de sa résurrection. Parce que nous aurons accueilli sa vie, il accueillera la nôtre. Courage !

Seigneur :

  • Pour l’Eglise. Que son regard sur Marie glorifiée soit la source d’une louange sans cesse émerveillée ; qu’il renouvelle l’attention respectueuse qu’elle veut donner à toute personne humaine.
  • Pour les femmes et les jeunes filles. Que leur regard sur Marie glorifiée assure le chemin de leur mission au service du monde et de l’Eglise.
  • Pour les mamans et les futures mamans. Que leur regard sur Marie glorifiée assure leur chemin de l’accueil et de l’éducation des enfants que Dieu leur confie.

Guerre ou paix ? (XX C)


  • Jérémie 38, 4 – 6 ; 8 -10 : Jésus est souvent comparé au prophète Jérémie. L’un et l’autre ont eu à souffrir des choix qu’ils ont cru devoir faire. Et nous ?
  • Ps 39 : Les mots que tu nous dis…
  • Héb 12, 1 – 4 : Le choix radical proposé par Jésus ne permet pas de rester encombrés de trop de choses inutiles. Mais qui fera le tri entre le nécessaire et le superflu ?
  • Luc 12, 49 – 53 : Nos choix sont aujourd’hui souvent dilués. Ils se font comme imperceptiblement. Avons-nous souvenir d’occasion où nous avons eu à prendre position pour ou contre Jésus ?

La vie et l’enseignement de Jésus présentent perpétuellement de vigoureux paradoxes. C’est le même homme qui a pu revendiquer une sorte de pacifisme intransigeant et qui invite à la lutte. Jésus dit : « Si l’on te frappe sur une joue, tu dois encore tendre L’autre ». Mais il dit aussi : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais la guerre ». Jésus chasse les vendeurs du temple avec une vigueur qui n’a rien de pacifique. Par contre, il proclame : « Si l’on veut te prendre ton manteau, laisse aussi ta tunique ». Jésus rappelle le commandement de l’amour et particulièrement l’amour des proches : « Tu aimeras ton père et ta mère ». Mais c’est encore lui qui exige : « Celui qui vient à moi sans haïr son père, sa mère et jusqu’à sa propre vie, celui-là n’est pas digne de moi ». On n’en finirait pas de relever dans les Evangiles des paradoxes de cette taille. On n’en finirait plus de relever, dans la vie même de Jésus, des manières d’agit totalement opposées.

Mais, dans notre propre vie, n’est-ce pas la même chose ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, très partagés ? N’avons-nous pas, nous aussi, des comportements opposés selon les moments de notre vie ou à cause de mystérieuses tendances que nous ne contrôlons pas tout à fait ? J’ai rencontré un homme qui est en train de divorcer. Selon les moments, il exprime une haine violente ou un amour fou pour sa femme. Nous avons tous entendu des réflexions d’enfants disant à leur père ou à leur mère : quand tu seras mort, voilà ce que je ferai… On peut vouloir du mal même pour ceux que l’on aime le plus.

Ces sentiments contradictoires, nous prenons soin de les cacher. Jésus, lui, nous invite au contraire à les voir en face. Jésus voudrait nous faire comprendre qu’il n’est pas possible de vivre seulement sur un registre. Jésus voudrait nous amener à constater que le monde, la vie, la famille, les relations de travail, tout cela est trop complexe pour être réglé d’une seule manière. Il y faut des approches diverses, des approches contradictoires même. « Il y un temps pour tout, disait déjà Quohélet, un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se taire et un temps pour haïr ». Chrétiens, n’avons-nous pas un peu trop gommé cette profonde vérité humaine ? N’avons-nous pas trop dit qu’il suffisait d’aimer, n’avons-nous pas un peu trop fait la promotion de la douleur ? N’avons-nous pas dévalorisé à l’excès la réussite, l’argent, le plaisir ? « Il y a un temps pour tout », disait Quohélet. Si nous voulons rester des hommes et des femmes à part entière, recevons aujourd’hui la parole de Jésus qui nous invite à accueillir nos sentiments, nos désirs, avec tout ce qu’ils comportent de contradictoire.

Comme une traînée de poudre, l’Evangile s’est répandu dans toutes les contrées de l’empire romain. Les apôtres ont en effet réalisé une vraie pêche miraculeuse. A leur appel, d’un bout à l’autre du monde connu, l’Evangile est venu bouleverser, convertir des hommes, des femmes, des jeunes, des personnages importants mais aussi des esclaves. C’était véritablement ce feu dont parle Jésus dans l’Evangile : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

N’aurions-nous pas oublié cet aspect fondamental de la démarche chrétienne : la conversion, le changement, le chambardement ? Le monde tel qu’il est, le monde tel qu’il devient, le monde tel qu’il est en nous n’a-t-il pas besoin d’être profondément remis en cause ? N’est-il pas toujours vrai que le pauvre s’appauvrit et que le riche s’enrichit ? N’est-il pas toujours vrai que ce monde devient irrespirable à beaucoup ? Ne sentons-nous pas la nécessité de changer en nous plein de choses pour pouvoir être heureux ? Ne sentons-nous pas la nécessité de changer en nous plein de choses pour rendre les autres Heureux ?

C’est un programme qui nous est proposé par l’Evangile. Qu’allons-nous faire ?

Seigneur, nous te prions :

  • Pour tous les responsables qui ont à faire des choix et à prendre des décisions. Envoie en eux ton Esprit de sagesse.
  • Pour tous ceux dans l’Eglise qui ont à faire des choix. Qu’ils montrent ainsi les préférences de Jésus pour tous les pauvres et les opprimés.
  • Pour tous ceux qui souffrent. Donne-leur la force de poursuivre leur route malgré tout.

Missionnaires (XXI C)


  • Isaïe 66, 18 – 21 : Les Juifs sont revenus d’exil. Encore blessés dans leur cœur, ils retrouvent leur pays en ruines. Le prophète Isaïe les invite à regarder plus loin que leurs blessures et leur terre misérable. Dieu veut rassembler tous les hommes. Son peuple doit être le messager de cette bonne nouvelle. Par la puissance de sa parole, les peuples seront effectivement rassemblés et Jérusalem retrouvera sa gloire.
  • Ps 116 : Dieu est amour. Son amour est une force. Il est fidèle.
  • Luc 13, 22 – 30 : Nous aimerions connaître les chances que nous avons d’être sauvés. Le Seigneur nous invite au courage de la lucidité. Il nous envoie vers tous ceux qui ne connaissent pas son nom. Ils ont leur place au festin du royaume.

Il y a des gens qui se plaisent dans la foule. Il y en a d’autres qui se plaisent dans les petits groupes et les coins tranquilles. Il y en a d’autres qui se plaisent dans la solitude.

La première lecture nous rappelle le projet de Dieu : rassembler les hommes. Le mot de rassemblement peut évoquer un entassement, voire une promiscuité, une discipline toujours mal reçue. Il peut évoquer aussi un rassemblement organisé, chacun y ayant sa responsabilité. Le rassemblement devient alors la condition nécessaire d’une harmonie.

Quand Dieu rassemble, il donne sa gloire à contempler et les hommes sont heureux. La contemplation de la gloire de Dieu construit la personnalité de chacun. La foule devient peuple. Chacun y a sa place reconnue dans un ensemble harmonieux.

Ces hommes rassemblés ont répondu à une invitation transmise par des messagers que le texte décrit d’un mot : rescapés, les rescapés du peuple de Dieu. Parler de rescapés évoque une catastrophe et quelques survivants qui ont besoin de se remettre de leurs blessures, de leurs émotions, de leur peur. Ce sont sans doute des gens fragiles.

Si le seigneur n’a que des rescapés à envoyer en mission, ne serait-ce le signe qu’il est à bout d’effectifs et de ressources ? Il envoie au combat les derniers restes de troupes usées et défraîchies.

Mais il peut arriver que les rescapés soient les meilleurs messagers. Ils ont autre chose à faire que répéter ce qu’ils ont lu dans les bons livres. Ils parlent d’expérience ; leurs plaies sont glorieuses ; elles sont le lieu de la victoire du Seigneur. Par conséquent, ils ont davantage de chances d’être convaincants et écoutés. Leur vie donne du poids à leur parole. La mission que Dieu donne à ces rescapés est aussi vaste que le vaste monde. Les Juifs n’avaient pas la réputation d’avoir le pied marin. Ils sont pourtant envoyés vers les « îles lointaines » parce que les hommes de là-bas n’ont pas entendu parler de Dieu ; ils n’ont pas vu sa gloire et ne sont pas heureux.

On peut faire quelques remarques à partir de cette lecture. L’Eglise d’aujourd’hui cherche des missionnaires pour les envoyer dans les îles lointaines de notre époque : les pays lointains, bien sûr, mais aussi les domaines immenses de la science, des nouvelles cultures et des nouvelles techniques.

Les missionnaires sont des rescapés. Faudrait-il comprendre que notre chrétienté est installée dans ses sécurités, qu’elle a perdu le goût des vastes horizons et de l’aventure ?

Faudrait-il comprendre que n’ayant rien vécu, elle n’a rien risqué et rien perdu et donc qu’elle n’a rien à dire ? Faudrait-il comprendre que n’ayant été sauvés de rien nous ne voyons pas très bien le danger couru par les autres et de quoi ils ont besoin d’être sauvés ?

Ce sont des questions qui s’adressent è chacun de nous dans son histoire la plus personnelle : Suis-je rescapé de quelque chose ? Ai-je conscience que Jésus a été un sauveur pour moi ? De la réponse à ces questions dépend sûrement notre enthousiasme ou notre anémie. L’Evangile peut nous aider de sa lumière.

Jésus est donc en route, en mission de ville en village et quelqu’un s’inquiète : « N’y aura-t-il que peu de monde à être sauvé ? » Jésus ne répond pas à la question par oui ou par non ; il ne donne pas de chiffres. Il renvoie chacun à ses choix personnels mais n’y a-t-il pas un lien entre le petit nombre des sauvés et le titre de « rescapés » ? Les rescapés d’une catastrophe sont toujours minoritaires. Ils disent qu’ils sont passés par la bonne porte. L’Evangile dit qu’ils sont passés par la porte étroite.

L’Evangile nous donne une piste pour identifier la catastrophe à laquelle ont échappé les rescapés. Ils sont les rescapés du bien-être et de l’illusion. Par le baptême, la confirmation et l’eucharistie, nous sommes entrés dans le peuple de Dieu. Il peut nous arriver de nous y sentir heureux. Il peut nous arriver aussi d’y prendre nos habitudes. Au fil des jours, nous perdons la saveur des commencements. La tiédeur devient notre régime de croisière. Le royaume vers lequel nous étions en route se trouve réduit à la satisfaction de nos besoins intellectuels ou spirituels. Le peuple de Dieu devient une bonne compagnie d’assurance, un organisme de protection, un alibi, un club de bonnes manières, une académie du bien-penser.

Au nom de ce royaume, les pauvres finissent par devenir plus pauvres et les riches plus riches. « Eloignez-vous de moi, vous qui faites le mal. Je ne sais pas d’où vous êtes ». Et nous nous croyions des gens bien ! Il se peut que nous soyons nombreux à nous faire des illusions sur la vérité, sur l’authenticité de notre foi. Il se peut qu’entrés dans le royaume, nous en soyons sortis sans trop nous en rendre compte. Peut-être aussi avons-nous cru que nous étions entrés dans le royaume parce que nous en avions rêvé. Nous ne voyons plus la distance entre nos idées si généreuses et nos actes si pauvres.

La porte qui donne accès au royaume est une porte de service. C’est la porte du temps donné, de la compétence mise au service de tous. C’est la vie offerte. La mort et la résurrection du Christ n’ont pas été un rêve. Les hommes ne répondront pas à l’appel des rêveurs mais ils suivront les serviteurs qui ont eux-mêmes expérimenté le salut. Qu’ils aiment la foule, les petits groupes ou la solitude, ils se laisseront rassembler car il s’agira de contempler la gloire du Seigneur. Les uns et les autres seront heureux.

Seigneur :

  • Pour les chrétiens qui vivent leur foi dans la routine. Qu’ils se laissent réveiller par l’Esprit Saint et deviennent acteurs dans le projet de salut de Dieu.
  • Pour les savants et les chercheurs affrontés aux questions fondamentales posées par les découvertes de notre époque. Qu’ils acceptent de chercher le sens de leurs travaux et soient accueillants au message de l’Evangile.
  • Pour ceux qui souffrent de la solitude, de l’ignorance religieuse. Pour ceux qui cherchent un sens à leur vie et que notre société étourdit parfois par ses amusements. Qu’ils trouvent sur leur chemin des hommes et des femmes sauvés par Dieu. Qu’ils accueillent de leur part la parole de salut que Dieu leur propose.

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