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Accueil "Longo" Tu nous invites à la fête
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Mois de juin 2013 – Tu nous invites à la fête


En signe de sa présence (Corps et sang du Christ C)

  • Genèse 14, 18 – 20 : L’offrande du pain et du vin par Melkisédek annonce le pain et le vin du sacrifice eucharistique.
  • Ps 109 : Seigneur, nourris ton peuple du pain d’éternité !
  • 1 Corint 11, 23 – 26 : Le plus ancien récit sur l’Eucharistie. Paul l’a reçu d’une tradition qui remonte au Seigneur. Lisons-le et écoutons-le !
  • Luc 9, 11 – 17 : Le Christ nourrit son peuple.


Cet Evangile peut nous étonner au premier abord. Pourquoi l’avoir choisi pour la fête du Corps du Christ puisqu’il ne raconte pas l’institution de l’Eucharistie, mais seulement la multiplication des pains ?

C’est que les choses ne sont pas aussi tranchées. Il est vrai que Jésus, ce jour-là, apaise la faim des corps : il nourrit son peuple, et avec quelle profusion puisqu’il reste douze paniers remplis de morceaux. Jésus apaise la faim du corps car il est venu sauver l’homme tout entier. Comment pourrait-on nourrir les âmes en ignorant les besoins élémentaires des hommes ? Jésus est réaliste, il nourrit son peuple.

Mais à y bien regarder, il ne se limite pas à cela, et, par plusieurs indices, saint Luc nous laisse entrevoir qu’il s’agit déjà du pain d’éternité. Cette multiplication des pains, saint Luc la raconte à la manière d’une messe. Que nous dit cet Evangile ?

« Jésus parlait du règne de Dieu à la foule » : c’est en quelque sorte la liturgie de la Parole, les trois lectures de notre messe. Jésus parle au cœur de l’homme, il satisfait d’abord notre soif d’absolu, d’infini, et ces cinq mille hommes en oublient de manger dans ce désert, tant est grand leur faim de Dieu, des vérités éternelles : ils passent toute la journée à écouter Jésus qui leur parle de Dieu. Donc Jésus parlait du règne de Dieu et « il guérissait ceux qui en avaient besoin » : Luc était médecin, cette action de Jésus le frappe et il nous le présente comme le vrai médecin de l’humanité malade : celui qui guérit l’homme tout entier, corps et âme, par sa Parole et par le Pain de vie. Déjà nous pouvons entrevoir ce qu’est l’Eucharistie : une nourriture et remède pour notre mal.

« Le jour commençait à baisser » : c’est la même expression qu’à Emmaüs, quand les deux disciples forcent Jésus à rester avec eux dans l’auberge et qu’ils le reconnaissent à la fraction du pain. Par cette expression Luc nous avertit : attention, ce pain que Jésus multiplie, c’est la figure, l’annonce du Pain de Vie. Enfin les gestes et les paroles de Jésus pour multiplier les pains sont déjà les gestes et les paroles de notre messe : « Jésus prit les cinq pains, et levant les yeux au ciel il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples » pour les distribuer. Jésus ne dit pas encore « ceci est mon corps », mais les cœurs sont préparés.

Jésus nous apparaît là comme Celui qui rassasie son peuple par sa Parole et par son Pain. Il se donne à nous en nourriture pour nous faire vivre de sa vie.

Les Douze n’oublieront jamais ce repas : ce jour-là, alors qu’ils avaient les mains vides devant la faim des hommes, Jésus les a rendus capables de rassasier les foules avec le don de Dieu. La multiplication des pains est ainsi surtout un repas, un repas de Jésus avec les hommes et avec les Douze.

Partager le pain dans nos maisons, nous savons ce que c’est, ce bonheur d’être rassemblés, cette union profonde des esprits et des cœurs que réalise la nourriture prise, ensemble réunis autour de la table, la même nourriture partagée qui nous fait vivre, cette joie de la rencontre, de l’échange, cette communion humaine qui compte parmi les grandes joies de la vie. Rompre ensemble le pain de l’amitié, celui qui fait de nous, à la même table, véritablement des « copains », des gens qui partagent le même pain.

Cette joie du repas fraternel, Jésus est venu la vivre parmi les hommes. On est frappé de la place que tiennent les repas dans la vie de Jésus, à tel point qu’on le lui a reproché : un buveur qui s’attable avec les pécheurs !

Mais parmi tous ces repas, il en est un d’un caractère exceptionnel, car C’était la veille de sa mort, son dernier souper : la Cène. Ce soir-là, Jésus a voulu charger le pain et le vin de ce dernier repas d’un signe particulier, unique : ce repas serait à jamais le signe de son amour total pour les hommes, le signe de sa vie donnée pour nous, le signe de son sacrifice : Corps livré, Sang versé pour une alliance éternelle avec l’humanité. « Faites cela en mémoire de moi », voilà la parole qui fait de ce repas quelque chose d’unique, de fondateur. Ce pain et ce vin, Jésus les remplit de sa présence, Il se met tout entier dans ce signe : désormais ce repas sera le mémorial de sa Passion.

Voilà pourquoi nous célébrons aujourd’hui cette merveille de l’amour de notre Dieu : c’est la fête du Corps et du Sang du Christ, la fête du Saint Sacrement, la Fête-Dieu.

Et en cette fête nous sommes invités à entrer en communion avec le Seigneur, avec son amour rendu présent dans le signe, le sacrement de la vie donnée et de l’amour vécu jusqu’à la Passion. Vivons le véritablement !

Seigneur, nous prions :

  • Pour les successeurs des Douze et tous les ministres de l’Eglise à qui tu as confié l’Eucharistie : qu’ils soient de fidèles dispensateurs du don de Dieu.
  • Pour les malheureux, les malades : qu’ils se sentent toujours les premiers invités à la table du Seigneur.
  • Pour nous, pécheurs, invités au repas du Seigneur : que cette nourriture nous transforme à l’image de son amour.

Relève-toi (X C)

  • 1 Rois 17, 17 – 24 : Au-delà de notre mort, Dieu est capable de nous redonner vie.
  • Ps 29 : Je t’exalte Seigneur, toi qui me relèves !
  • Gal 1, 11 – 19 : L’Evangile n’est pas une « invention » des hommes. Ceux qui le transmettent s’en portent garants.
  • Luc 7, 11 – 17 : Nous sommes appelé à faire Eglise et à imprégner notre vie de la Bonne Nouvelle.


Luc nous montre Jésus venant de Capharnaüm où il a guéri le serviteur d’un officier romain de l’armée d’occupation, un païen dont il vient d’admirer la foi sans égale, même en Israël. Et Jésus arrive à Naïm, pas très loin de Nazareth.

Il faut préciser que Luc est seul évangéliste à raconter cet épisode. Il y présente Jésus comme un prophète : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ». Pour nous présenter Jésus, Luc aime bien à le mettre en parallèle avec le prophète Elie. Si Matthieu nous présente Jésus comme un nouveau Moïse, Luc le désigne plutôt comme un nouvel Elie, celui-là même dont il a été question dans la première lecture.

Pourquoi Elie ? Parce que dans l’histoire du peuple élu, dans l’Ancien Testament, Elie est le champion des droits de Dieu face au roi Achab qui avait introduit le culte des idoles. Aussi doit-il s’enfuir en terre étrangère, et, en un temps de famine, il y trouvera meilleur accueil qu’en Israël, l’accueil des pauvres, telle la veuve de Sarepta, au pays de Sidon…

La veuve, à cette époque, est le type même de celle qui a perdu tout appui, toute considération sociale, tout espoir de descendance et donc de soutien pour ses vieux jours. Dans la Loi, la veuve, l’orphelin et l’étranger sont toujours nommés comme les catégories sociales les plus défavorisées, les pauvres que Dieu protège et qu’il faut secourir. Or c’est cette veuve de Sarepta,  cette femme sans ressources, qui accueille Elie, le prophète, en temps de famine et cuit pour lui son premier pain : générosité immense des pauvres… Générosité et détresse : outre la famine, voici que cette veuve perd son seul appui, son fils ; et c’est la scène de notre première lecture, la souffrance de la femme, la supplication d’Elie qui « le rend à sa mère » - les même mots que dans l’Evangile – et la foi de la femme.

Elie apparaît là comme un prophète, un prophète puissant en parole et en œuvre, puissant de la puissance même de Dieu : « Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que, dans ta bouche, la parole de Dieu est véridique ».

Rapprochée de cet épisode, notre page d’Evangile est claire : Jésus refait les œuvres d’Elie. En rendant à sa mère veuve son fils qui était mort, Jésus agit avec la puissance d’Elie, il se manifeste comme un homme de Dieu et, dans sa bouche, la parole de Dieu est véridique : ce qu’elle dit, s’accomplit. Jésus est le nouvel Elie, nous dit saint Luc, à une différence près cependant, et elle est capitale. Devant le malheur de la veuve de Sarepta, la parole d’Elie est une supplication à Dieu, une prière : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant », et c’est par trois fois qu’Elie doit s’étendre en invoquant le Seigneur.

Dans notre page d’Evangile, rien de tel ; d’une seul parole et d’une parole souveraine, Jésus opère de sa propre autorité : « Ne pleure pas… jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ». Je te l’ordonne : il y a ici plus et mieux qu’Elie. Assurément, « un grand prophète s’est levé » comme dit la foule, mais ce nouvel Elie est le maître de la vie. « Dieu a visité son peuple », Luc suggère que c’est Dieu en personne, Dieu le Fils, Jésus le propre Fils de Dieu, qui sera mis à mort, mais se relèvera du tombeau et nous sera rendu.

Ainsi Luc nous montre-t-il que Jésus n’est pas seulement un précurseur, comme Jean-Baptiste, il n’est pas seulement un prophète comme Elie, il est le prophète par excellence, envoyé et porte-parole du Père, celui qui ouvre à l’humanité un monde nouveau. Le croyons-nous, demande saint Luc ? Et il souligne que les gens de Nazareth ne l’ont pas cru : aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. Comme tout prophète, Jésus sera incompris, contesté, mis à mort à Jérusalem. Mais telle est la puissance de vie éternelle qu’il porte en lui, qu’il se relèvera d’entre les morts.

« Lève-toi » : à chacun d’entre nous, Jésus ressuscité redit cette parole. Toi qui es découragé, épuisé, désespéré, toi qui t’es arrêté, couché, toi qui es cessé d’avancer, toi qui es comme mort, « lève-toi » ! Et Jésus nous rend ainsi à nous-mêmes, aux nôtres, à l’Eglise, au monde. Par la foi, il nous remet debout, en marche, à sa suite. Alors, devant tous les paralysés de la vie rencontrés sur notre route, comme Pierre serons capables de dire à notre tour : « Je n’ai ni or ni argent, mais au nom de Jésus, lève-toi et marche ».

Seigneur :

  • Prions pour l’Eglise : que la charité du Christ la saisisse pour manifester au monde la tendresse de Dieu, en se mettant au service des malheureux.
  • Prions pour tous ceux qui vivent une situation de mort, découragés, isolés, abandonnés sans force et sans espoir : que Dieu suscite en nous un geste fraternel.
  • Prions pour les croyants : dans ce monde en crise, qu’ils témoignent, par leur vie, que l’Evangile est une force de résurrection qui transforme les hommes.

Invité au Pardon (XI C)

  • 2 Samuel 12, 7 – 10, 13 : A celui qui reconnaît sa faute, Dieu pardonne toujours.
  • Ps 31 : Heureux celui… qui pardonne.
  • Gal 2, 16, 19 – 21 : Paul nous dit son expérience : ce qui nous sauve, c’est la foi au Christ Jésus.
  • Luc 7, 36 – 8, 3 : Pour Jésus, l’amour repentant compte plus que le poids du passé.


David, Paul, la femme pécheresse, Simon le pharisien, quatre personnages qui ont vécu une rencontre bouleversante avec Dieu, à travers l’expérience du péché et du pardon. Quatre personnages dont l’expérience rejoint et éclaire la nôtre.

A quoi bon me confesser, je recommence toujours, je n’y arriverai jamais… je suis incapable d’en sortir : qui d’entre nous n’a jamais pensé cela un jour ou l’autre, alors qu’il était retombé une fois encore ? Avec se sentiment d’impuissance, comme si, en nous, une loi de pesanteur réduisait à néant nos aspirations généreuses et nos meilleures résolutions. Au temps de notre jeunesse ardente, peut-être avions-nous pensé pouvoir, avec l’aide de Dieu, ôter une à une les mauvaises herbes de notre jardin. Mais le temps qui passe nous apprend que les racines en sont plus profondes que nous ne pensions, le mal trouve en nous de secrètes connivences et nous sommes tentés de baisser les bras : non seulement nous commettons le mal – j’ai péché – mais nous sommes pécheurs, radicalement incapables d’aimer les autres et nous-mêmes selon Dieu. Les péchés sont comme la barbe, disait Luther, ils repoussent… qui nous en délivrera ?

Voilà l’essentiel. L’enjeu est là, c’est l’heure de vérité : ou bien nous acceptons de dire à Dieu : j’ai péché, je suis pécheur, prends pitié de moi, témoignant par là que nous attendons encore de lui le pardon de son amour ; ou bien nous nous raidissons derrière une façade hypocrite qui dissimule notre mal profond et ne veut pas le reconnaître. Vous avez reconnu ces deux attitudes opposées : celle de David et celle de Simon le pharisien.

Ne nous y trompons pas : les pharisiens, au temps de Jésus, n’étaient pas des médiocres, ils voulaient au contraire être les « purs » (c’est ce que signifie le mot pharisien) ; ils voulaient être des purs et durs, des justes intransigeants selon la loi de Moïse scrupuleusement observée. Simon est de ceux-là : c’est l’homme de la loi. Attitude rigoureuse, puritaine, intransigeante qui n’admet aucune faiblesse pour soi ni pour les autres ; chez le pharisien, nulle faille reconnue par où puisse entrer le pardon de Dieu…

Tout autre est l’attitude de David. Comblé par Dieu d’un royaume prospère où rien ne lui manque, voici qu’il a fait tuer au combat un de ses officiers pour lui prendre sa femme… Mais quand le prophète lui reproche son crime, la réaction de David est exemplaire : « J’ai péché, j’ai péché contre le Seigneur ». David ne se dérobe pas, il ne cherche pas d’excuses, il se situe devant Dieu en vérité. Même s’il atteint les hommes, le péché est toujours contre Dieu, rupture dans une relation d’amour, infidélité à l’alliance de notre baptême, ingratitude envers Dieu notre Père. « Contre toi, toi seul, j’ai péché », s’écrie David dans une prière poignante.

Vient alors l’essentiel, la réponse de Dieu : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas ». Telle est l’expérience bouleversante de David : Dieu m’aime, Dieu m’aime quand même ; je n’ai pas su aimer, mais lui m’aime toujours. Alors que mon péché menait à la mort, l’amour de Dieu me redonne vie, me pardonne, en me donnant à nouveau la force d’aimer… C’est par ma blessure reconnue qu’a pu entrer le pardon de Dieu qui me guérit.

Rien de tel chez Simon le pharisien. Au contraire, c’est du haut de sa bonne conscience qu’il juge cette femme qui vient d’entrer, tandis qu’il prend son repas avec Jésus. Alors se produit un renversement extraordinaire qui est une révélation évangélique : en se laissant toucher par cette femme, Jésus se manifeste comme le prophète de la miséricorde de Dieu.

Car elle ne dit rien cette femme, on ne sait pas même son nom ; ce pourrait être vous ou moi, elle incarne l’humanité pécheresse, elle ne dit rien, sa vie mauvaise est connue, mais elle agit : elle s’approche de Jésus, elle implore en silence, elle manifeste sa détresse et son amour. Jésus se laisse toucher, au grand scandale de Simon.

Dans sa parabole, Jésus est clair : Simon doit bien comprendre que nous sommes tous débiteurs envers Dieu, incapables de rembourser, pécheurs. Et plus grande est la remise de notre dette, plus grande aussi est la reconnaissance. Aussi la fin du récit voit-elle Jésus faire le procès de Simon pour ce qu’il n’a pas fait et l’apologie de la pécheresse. Et la scène se termine comme pour David : « Tes péchés sont pardonnés, ta foi t’a sauvée, va en paix ! »

Tel est le renversement évangélique. Ce n’est pas la loi qui rend juste, mais la foi en Jésus-Christ manifestée dans l’amour : l’amour de Dieu est plus grand que notre péché, il pardonne et il relève.

Prions :

  • Pour la sainte Eglise des pécheurs que nous sommes : que Dieu lui donne d’être, pour tous les hommes, le lieu de sa tendresse et da sa miséricorde.
  • Pour ceux qui sont dispensateurs du pardon de Dieu : que Dieu leur donne d’être, envers tous, accueillants et fraternels, fermes et éclairés.
  • Pour ceux que leur péché aveugle, et ceux que leur péché accable : que la rencontre du Dieu d’amour les éclaire et les relève.

Suivre Jésus (XII C)

  • Zacharie 12, 10 – 11 : La Passion de Jésus éclairera ce que Zacharie nous fait entrevoir : la mort d’un juste peut être la révélation d’un chemin de conversion.
  • Ps 62 : Avec le juste souffrant, chantons notre attente de Dieu : mon âme a soif du Dieu vivant, quand le verrai-je face à face ?
  • Gal 3, 26 -29 : Le baptême fait de tous les croyants un peuple sans frontières.
  • Luc 9, 18 – 24 : Quel est le Messie que nous attendons ?


L’avez-vous remarqué, quand un mal, ou un malheur, arrive dans notre société, tout de suite on cherche un responsable. Cela n’aurait pas dû arriver, pense-t-on, il doit y avoir une erreur quelque part, erreur humaine, peut-être même une faute. Notre monde ne se satisfait pas d’une explication purement matérielle : au-delà d’une défaillance technique, il recherche les responsables, comme si, pour exorciser sa peur, pour que tout rentre dans l’ordre, il lui fallait une victime sur qui décharger son angoisse, un bouc émissaire chargé de tout le mal.

Quelqu’un peut être ainsi la victime de la mauvaise conscience d’une société qui cherche à se libérer : victime de l’injustice des hommes. La victime peut être totalement innocente du mal dont on la charge. Elle peut aussi choisir une voie plus haute : celle qui consiste à prendre sur soi, par amour, le mal d’un peuple, le mal de l’humanité. Porter, comme un agneau innocent, le péché du monde, enlever le péché du monde, comme un juste souffrant qui offre sa vie pour le salut de tous.

Cette figure du « Serviteur souffrant » présente le prophète Zacharie. Il s’agit d’un juste que l’on a rejeté, accablé comme un bouc émissaire, en se débarrassant sur lui de tous les maux pour se donner bonne conscience… schéma classique et banal jusque-là. Mais voici ce qui est nouveau : Zacharie entrevoit le jour où les hommes ouvriront les yeux devant le résultat de leur méchanceté. Ils reconnaîtront leur péché dans une vraie conversion, et « ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé », dans une attitude pleine de foi et d’espérance.

Eh bien, on peut l’affirmer clairement, ce type de Messie, de messie souffrant qui nous sauve en donnant sa vie, le peuple d’Israël, et donc les apôtres ne l’avait pas retenu dans sa mémoire collective : ce qu’ils attendaient, c’était un messie libérateur de la puissance occupante, un messie vengeur, guerrier, triomphant qui assurerait la victoire de son peuple et ferait régner la justice et la paix.

Jésus, au contraire, semble bien comprendre que c’est ce type de juste souffrant et donnant sa vie qu’il doit être pour libérer les hommes du mal intérieur qu’est le péché. Vous mesurez la distance entre l’attente des apôtres et le projet de Jésus… Alors, dans notre passage d’Evangile, Jésus prend l’initiative et il pose la question : « Pour la foule, qui suis-je… et pour vous ? »

La scène est bien connue et l’on sait quelle est la réponse de Pierre : « Tu es le Messie de Dieu ». Le messie, c’est-à-dire : l’envoyé de Dieu, le consacré. Après cette profession de foi, Jésus explique justement : il faut que le Fils de l’homme soit rejeté par les autorités, qu’il soit tué, pour ressusciter le troisième jour. Et en s’adressant à la foule, la foule des disciples, c’est-à-dire nous, les croyants, Jésus proclame : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, chaque jour, et qu’il me suive ».

Tout comme nous-même, Pierre et les disciples auront du mal à accepter que Jésus soit messie de cette manière-là. Nous les voyons enthousiastes dans les épisodes qui précèdent ce passage : leur mission en Galilée et la multiplication des pains. Un peu plus tard, la Transfiguration viendra apaiser le trouble que cette annonce d’un messie crucifié avait dû provoquer. Il n’empêche, dans cet épisode, Jésus se présente comme le messie qu’il a choisi d’être, à contre-courant des attentes de son peuple : un messie qui sauve par la croix. Ce ne dut pas être facile pour Jésus, et les tentations au désert nous montrent bien. Pour Jésus, c’est un choix, un choix mûri dans la prière, comme le souligne saint Luc : « Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : pour vous, qui suis-je ? »

Et Jésus nous interroge aussi : pour toi, qui suis-je ? Et Il nous avertit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, chaque jour, et qu’il me suive ». Devant la spirale de la violence et le déchaînement du mal dans notre monde, quelle sera ma réponse ? Chercher des boucs émissaires en accusant les autres, ou bien, humblement, en regardant la croix, essayer de suivre Jésus sur le chemin de la vie donnée par amour pour qu’enfin le mal soit vaincu, en moi et dans le monde ?

Seigneur :

  • Guide nos chefs spirituels, assiste ceux qui disposent du pouvoir, éclaire ceux qui nous conduisent.
  • Augmente notre foi, affermis notre espérance, stimule notre charité.
  • Réconforte ceux qui sont dans le besoin, donne à tous la concorde et la paix.

Pierres vivantes (XIII C)

  • Actes 12, 1 – 11 : Après sa résurrection et son ascension, le Christ ne nous a pas quittés ; il est toujours avec nous et il accompagne son Eglise.
  • Ps 33 :
  • 2 Timothée 4, 6 – 18 : Paul a compris que le Seigneur ne l’abandonne pas et qu’il est toujours avec lui.
  • Matthieu 4, 6 – 18 : « Pour vous, qui suis-je ? » Tâchons d’apporter à cette question de Jésus, non pas simplement la réponse du catéchisme, mais la réponse de notre cœur et de notre foi personnelle.


Quand on est plusieurs attelés à une même tâche, il est bon, en principe, de voir de la même manière les problèmes qui se posent, d’avoir les mêmes idées et le même tempérament, afin de pouvoir travailler bien ensemble.

Or, pour son Eglise, le Christ a fait appel au contraire à des hommes très différents qui n’avaient pas forcément les mêmes idées et qui ont parfois eu mal à se mettre d’accord.

Déjà quand on regarde de près les noms des douze apôtres, on s’aperçoit qu’ils étaient de milieux sociaux très variés.

C’est ce qui ressort aussi de cette fête des apôtres saint Pierre et saint Paul qu’on appelle souvent les « deux colonnes », les deux piliers de l’Eglise. Eux aussi étaient très différents d’origine, d’éducation et de tempérament. Seulement tous deux, Pierre aussi bien que Paul, aimaient tellement le Christ, ils avaient l’un et l’autre tellement à cœur de le faire connaître et de travailler pour lui, qu’ils ne pouvaient pas finalement se mettre d’accord en se partageant les responsabilités. Pierre avait dit à Jésus par trois fois : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ! » Et Paul écrivait aux Philippiens : « Pour moi, vivre, c’est Jésus-Christ ! » Alors, n’était-ce pas là l’essentiel ?

Et pourtant : Pierre, c’était l’homme qui avait toujours vécu au sein du judaïsme, à l’intérieur de ses frontières, dans la fidélité parfois scrupuleuse aux grandes prescriptions de la Loi juive sur la circoncision, sur la séparation d’avec le monde païen, ou encore sur certaines interdictions concernant la nourriture… Il était normal qu’il se sente fait davantage pour annoncer le Christ dans ce monde juif qui avait toujours été le sien.

Paul, au contraire, tout en ayant eu une éducation juive très poussée, était originaire de Tarse, en Cilicie, en plein monde païen. Pour lui, l’important, c’était que l’Eglise chrétienne n’apparaisse pas aux yeux du monde comme une sorte de secte juive, mais comme quelque chose d’universel et d’ouvert à toutes les nations et races de la terre.

Finalement, à force de concessions mutuelles, ils se sont mis d’accord, comme Paul l’écrira un jour aux Galates : « Le Christ, qui a fait de Pierre l’apôtre des Juifs, a fait pareillement de moi l’apôtre des Païens, en sorte que l’évangélisation des Païens me soit confiée, comme à Pierre celle des Juifs ».

Plusieurs chapitres du Livre des Actes des Apôtres racontent par quels affrontements entre les partisans de Pierre et ceux de Paul il a fallu passer pour en arriver là. Mais, n’est-ce pas, pour l’un comme pour l’autre, la fidélité à Jésus-Christ et la mission passait avant tout, et quand on est d’accord sur l’essentiel, on finit aussi par s’entendre sur le reste.

En quoi tout cela nous intéresse-t-il aujourd’hui ? De trois manières.

Tout d’abord, ne nous étonnons pas s’il nous arrive de constater chez prêtres ou chez les évêques des divergences dans leurs orientations ou leurs sensibilités pastorales. Il en a toujours été ainsi. Les uns ressemblent plutôt à Pierre, d’autres plutôt à Paul. Les uns se sentent faits davantage pour animer les communautés paroissiales, d’autres pour animer les mouvements ou associations, d’autres encore pour rencontrer les incroyants. Les uns exercent un ministère plutôt traditionnel, les autres un ministère plus missionnaires. Mais ce qui fait leur unité, c’est leur attachement à Jésus-Christ et leur souci constant de l’évangélisation.

Et ce que je dis là des prêtres, sur leur diversité et leur unité en Jésus-Christ, je pourrais le dire aussi de tous les chrétiens : de par votre éducation, votre milieu social, vos convictions politiques, vous êtes très différents les uns des autres, mais vous êtes tous attachés au Christ, et vous essayez de vous estimer mutuellement par-dessus vos différences.

C’est que l’Eglise voulue par Jésus est catholique, c’est-à-dire qu’elle doit être ouverte à tous, à tous les milieux sociaux, à toutes les cultures, aux ouvriers comme aux dirigeants, aux pauvres comme aux riches, aux Noirs comme aux Blancs.

Telle est précisément la seconde leçon de la fête d’aujourd’hui : ne nous étonnons pas de la diversité avec laquelle la foi chrétienne s’enracine dans les divers pays du monde.

Enfin, si Jésus a dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », il nous dit de même à chacun : « Toi aussi, sois une pierre vivante de mon Eglise ! » Nous avons tous à apporter dans l’Eglise notre note spécifique.

Il faut de tout pour construire l’Eglise vivante du Christ. Le Seigneur a besoin de chacun d’entre nous. Chacun a sa note particulière à y apporter, sa place à tenir, ses responsabilités à y prendre, comme dans un concert chaque instrument a sa partie à jouer, pour la beauté de l’ensemble, pour le bien de tous.

Aujourd’hui, ne nous séparons pas sans avoir cherché, chacun personnellement, quelle fonction il a dans l’Eglise du Christ, quel rôle il pourrait y remplir, comment il pourrait progresser pour y devenir un membre plus vivant, plus dynamique, plus compétent, par amour pour le Christ. Si nous ne faisons rien pour lui, comment pourrions-nous dire au Christ : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime, tu es ma vie ? »

Prions Seigneur :

  • Pour nous tous, pierres vivantes de l’Eglise du Christ, pour que nous restions unis entre nous, unis et cimenté par notre amour du Christ et notre esprit fraternel.
  • Pour les pays du monde où les croyants sont emprisonnés, persécutés à cause de leur foi, et privés de leur libertés civiles ou religieuses.
  • Pour le Pape, tous les évêques et tous les missionnaires qui poursuivent la tâche de Paul, pour que l’Eglise apparaisse aujourd’hui comme un lieu de vérité et de liberté, de justice et de paix, où tout homme puisse retrouver l’espérance.

End FAQ

 


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