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Accueil "Longo" L'Eglise
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Mois de mai 2013 – L’Eglise


Comme je vous ai aimés (5 P C)

  • Actes 14, 21 – 27 : Nous poursuivons aujourd’hui la lecture des Actes des premières communautés chrétiennes. Nous les voyons à la fois s’organiser dans l’épreuve et rester ouvertes et accueillantes.
  • Ps 144 : Amour qui nous attends
  • Apocalypse 21, 1 – 5 : Les radieuses perspectives de la fin des temps lorsque le Seigneur aura fait toutes choses nouvelles.
  • Jean 13, 31 – 35 : On nous reconnaîtra pour les disciples de Jésus à l’amour que nous aurons les uns pour les autres.

Nous ne sommes pas dans une situation aussi différente que nous le croyons de celle des chrétiens de l’âge apostolique. Et leur témoignage nous aide, nous, chrétiens du XXI siècle, à persévérer, malgré les difficultés, dans l’annonce de l’Evangile. Que nous disent-ils ?

Tout d’abord, ils nous parlent de patience : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu ». C’est dire qu’il faut compter avec le temps, alors que nous avons tellement tendance à vouloir tout de suite. Savoir attendre que germe la Parole dans le cœur d’un enfant ou dans l’âme d’un peuple est une sagesse difficile.

Ils nous parlent aussi d’ouverture de l’esprit et du cœur. Les Apôtres étaient juifs, attachés à des traditions sacrées. Voyant des païens accueillir l’Evangile, ils ont été amenés à accueillir comme des frères ces étrangers « auxquels Dieu a ouvert la parole de la foi ». Or, nous le savons bien, nous catholiques de l’époque postconciliaire, il ne nous est pas toujours facile de fraterniser avec des chrétiens qui expriment leur foi autrement que nous. C’est pourquoi on nous rappelle souvent que, dans l’Eglise « unité n’a rien à craindre de la pluriformité qui est une vraie richesse ».

Ces chrétiens de l’aube nous disent aussi que l’Eglise ne peut se passer d’une organisation et qu’elle est à sa manière une institution. Dès le début, elle eut ses ministres. Paul et Barnabé « désignèrent des anciens pour chacune des Eglises et après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui ». Le mot « institution » n’a pas bonne presse dans nos milieux ravagés par l’individualisme. Pourtant n’est-ce pas le Christ qui a établi Pierre dans la charge « d’affermir ses frères » établissant ainsi une hiérarchie parmi les apôtres ? Et plus une communauté est ouverte, plus ses membres se veulent libres, plus il lui est nécessaire que des hommes et des femmes soient investis de la responsabilité de témoigner pour cet essentiel sans lequel la communauté se disloque. C’est vrai pour nos familles, pour nos patries, pour notre Eglise.

L’Eglise est donc, depuis le début, mémoire et accueil. Elle se souvient et elle accepte de se lasser bousculer par l’Esprit. En son sein, ses ministres n’ont d’autre vocation que de l’aider à progresser sur ce chemin qui est celui de l’unité dans la foi et l’amour.

Cette Eglise d’ici-bas, cheminant depuis plus que 2000 ans, c’est aussi, c’est surtout, le germe de ce Royaume que l’Apocalypse décrit comme la Jérusalem céleste. Dans les dernières décennies du Ier siècle, alors que Pierre et Paul avaient déjà connu le martyre à Rome, les communautés croyantes durement éprouvées fortifiaient leur espérance dans la certitude du retour du Christ. Alors « la mort n’existerait plus et il n’y aurait plus de pleurs, de cris ni de tristesse car la première création aurait disparu ».

La Jérusalem nouvelle, cité de la joie alors que la mort nous effraie et nous afflige ! La Jérusalem nouvelle cité sainte alors que nous sommes communauté de pécheurs ! Telle est l’espérance qui nous est proposée comme elle l’était à nos pères dans la foi.

Cette espérance ne peut être la nôtre que si nous acceptons d’entrer dans le mystère de L’Eglise. C’est avec le Christ, en étroite communion avec lui, vivifiée par son Esprit, c’est en lui qui est l’homme parfait selon le cœur du Père, que la caravane humaine peut avancer vers son accomplissement. A la fin des temps, l’humanité pleinement réconciliée avec son Dieu, célébrera le triomphe de l’amour. D’ici-là il nous faut cheminer avec le Christ. Avec cette consigne : « mes petits enfants, je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés ».

« Comme je vous ai aimés », c’est-à-dire totalement, avec tous les risques que cela comporte, jusqu’à offrir sa vie. Ce qui n’est déjà pas aussi courant que nos sourires et nos petits gestes quotidiens…

« Comme je vous ai aimés », c’est aussi en ayant foi en tout homme, quel qu’il soit, malgré ses faiblesses, ses limites, son péché. Le Christ a foi en l’homme. Il sait que tout homme est aimé du Père et appelé à la sainteté. Chacun de nous, le bien-portant et le malade, l’honnête homme et le voyou, la prostituée et la bonne mère de famille, chacun de nous, s’il accepte de suivre le Christ, a déjà sa place en Jérusalem céleste.

A travers les siècles, dans toutes les situations, patiemment, le Seigneur construit son Eglise pour qu’elle soit à la fin des temps « belle comme une fiancée pour son époux ».

Comme les chrétiens du Ier siècle et ceux de tous les siècles, il nous faut progresser sur le chemin, en communion avec le Christ ressuscité, toujours présent en son Eglise, en particulier lorsqu’elle s’assemble pour l’Eucharistie. Le royaume de Dieu est déjà au milieu de nous.

Seigneur, nous Te prions :

  • Pour les ministres que tu suscites dans nos communautés. Qu’ils aident leurs frères à entendre l’appel de ton Esprit.
  • Pour nos frères persécutés pour l’Evangile. Fortifie leur foi et leur espérance au cœur de l’épreuve et rends-nous attentifs au témoignage qu’ils te rendent.
  • Pour les hommes et les femmes qui, pour diverses raisons, ne voient plus dans ton Eglise le germe de ton Royaume de justice et de paix. Inspire-nous les gestes et les paroles qui permettront que se dissipe ce malentendu.

Une lumière (6 P C)

  • Actes 15, 1 – 2 et 22 – 29 : Dès les premières années de son existence l’Eglise se trouve affrontée à la question de son unité : faut-il, au nom de l’unité, imposer à tous les chrétiens la même manière de faire et le même comportement ?
  • Ps 66 : Dieu est un et uni dans lui même.
  • Apocalypse 21, 1 – 4 et 22 – 23 : Il est bon de lever notre regard vers le retour du Christ, quand l’Eglise apparaîtra vraiment à tous comme la demeure de Dieu, resplendissante de la lumière du Christ. Cela nous amène à mieux voir tous les efforts qui nous restent à faire pour donner aujourd’hui ce visage à l’Eglise.
  • Jean 14, 23 – 29 : Jésus donne un sens au mot fidélité. Aujourd’hui, pour nous, que veut dire « fidèle » ?


Quelque vingt années après la résurrection de Jésus, une communauté nombreuse de croyants se retrouve régulièrement à Antioche ; c’est là que pour la première fois on donnera le nom de chrétiens à ces gens qui affirment que le Christ est ressuscité. Ce sont eux qui porteront un souci remarquable des premières missions. Sûrement une Eglise vivante et militante… Ce qui est certain, c’est que les écrits du Nouveau Testament nous la présentent comme l’un des centres importants de la primitive Eglise.

Rapidement à Antioche la communauté accueille des gens qui ne sont pas des juifs… et qui deviennent chrétiens sans pour autant prendre les habitudes et coutumes des juifs. Et voici que surgissent des problèmes sur l’unité et la fidélité : peut-on être chrétien sans suivre les habitudes des juifs alors que le groupe des douze était composé uniquement de juifs ?

Aujourd’hui nous n’avons pas des mêmes problèmes, mais nous risquons d’imposer un certain nombre de pratiques et d’habitudes à ceux qui viennent frapper à la porte de l’Eglise simplement parce que cela s’est toujours fait. Nous sommes peut-être en train de demander à des nouveaux de continuer à faire telle ou telle chose, alors que ce n’est peut-être pas essentiel à la vie chrétienne, ou bien encore au nom de l’unité, nous imaginant que l’unité de l’Eglise ne peut être manifestée que si tout le monde fait exactement la même chose.

L’unité de l’Eglise n’est pas faite de compromis, de soumissions ou de silences : elle est une recherche. Ce qui nous unit ce ne sont pas d’abord des pratiques communes, c’est d’aimer le même Seigneur et de marcher à sa suite.

Alors, comment faire ? Les chrétiens d’Antioche n’ont pas tranché seuls. Ils ont envoyé Paul et Barnabé rencontrer une autre communauté, celle de Jérusalem, et parler de ce problème avec le groupe des apôtres. Aujourd’hui encore, des questions se posent dans tel ou tel groupe chrétien. Bien souvent ce n’est qu’en acceptant de confronter cette question avec d’autres groupes, en s’efforçant de ne pas nous enfermer sur nous-mêmes que nous pourrons trouver une réponse. C’est dans le dialogue avec ceux qui aujourd’hui remplissent le ministère des apôtres que ces questions pourront s’éclairer.

Je crois que les paroles de Jésus dans l’Evangile nous invitent à méditer sur le sens de notre fidélité. Que recouvre ce mot ? Certains ont tendance à comprendre : être fidèle à Jésus c’est refaire ce qu’il a fait, en copiant très exactement. Ce que Jésus n’a pas fait ne doit pas se faire. Comme si l’Evangile donnait une ligne de conduite pour toutes les situations, dans tous pays et pour toutes les époques dans les moindres détails. C’est oublier que l’Evangile a été écrit, comme le dit saint Jean, « pour que nous croyions que Jésus est le Christ, et pour qu’en croyant nous ayons la vie en son nom » (J 20, 31), et que beaucoup de choses n’ont pas été dites. D’autres chrétiens pensent au contraire que ce n’est qu’un point de départ et que tout est possible, tout est permis, tout peut être inventé. C’est oublier que nous ne sommes pas les propriétaires ou les dirigeants d’une entreprise, mais seulement les témoins de quelqu’un. Notre mission n’est pas de rassembler du monde et de prêcher ce qui nous semble intéressant, mais de prêcher l’Evangile que nous avons reçu et d’être au service d’une parole qui nous dépasse. La fidélité c’est transmettre ce que nous avons reçu.

Jésus nous donne deux clefs qui nous permettront de garder cette unité si fragile tout en étant accueillants à tous les hommes et aux nouveautés. La première clef, c’est l’amour. La fidélité, c’est aimer Jésus-Christ. A force de la répéter, cette formule peut paraître banale et un peu enfantine ! C’est pourtant ce sur quoi il insiste juste avant sa mort : « si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ».

La deuxième clef, c’est le don de l’Esprit Saint. Jésus nous annonce cette venue de l’Esprit dans l’Eglise et en chacun de nous, comme s’il voulait répondre par avance aux questions que nous posons sur la fidélité et l’accueil de la nouveauté. Seul l’esprit peut nous guider pour concilier ces deux aspects qui paraissent contradictoires : nous devons à la fois tenir fermement la parole et ce que nous avons reçu du Seigneur. Et à certains moments il faut savoir conserver le dépôt de la foi. Mais nous devons aussi ouvrir largement l’Eglise et semer la parole si nous voulons que le monde la reçoive. C’est l’Esprit Saint qui guide nos mains en nous faisant souvenir des paroles du Christ, mais aussi en nous enseignant aujourd’hui et en nous ouvrant des horizons nouveaux.

Seigneur, nous te prions :

  • Pour que nous sachions accueillir des nouveaux chrétiens et pour qu’ils donnent un nouvel élan à notre Eglise.
  • Pour que nos communautés restent ouvertes aux questions et aux problèmes actuels du chômage et du travail.
  • Pour que nous sachions, à l’image des premiers chrétiens, nous expliquer sur nos divergences, et pour que nos célébrations et rencontres soient des signes de notre unité.

Le rendre présent (Ascension)

  • Actes 1, 1 – 11 : le livre des Actes des Apôtres commence par deux événements qui vont changer la situation des disciples : le départ de Jésus et la venue de l’Esprit.
  • Ps 46 : Le Seigneur monte au ciel.
  • Eph 1, 17 – 23 : désormais, c’est l’esprit qui nous fait découvrir toute la richesse du Christ tête de l’Eglise.
  • Luc 24, 46 – 53 : « vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». A quoi sommes-nous appelés ?


Ce jour-là, quelque part en Palestine, quelques hommes s’étaient réunis autour de Jésus. Ce qui vient de leur arriver est extraordinaire… et ils n’en reviennent pas : ce Jésus qu’ils avaient suivi pendant trois années, qu’ils avaient écouté et aimé, a été arrêté, condamné à mort et exécuté. Il a été mis dans un tombeau : plusieurs personnes peuvent en témoigner. Et voici qu’il est ressuscité et que de nouveau il est avec eux… Oui, mais voilà, ce jour-là, Jésus s’en va. Comme on peut comprendre leur découragement et leur inquiétude quand ils regardent désespérément le ciel. Quelqu’un est obligé de les ramener à la réalité : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Pendant trois ans, ils avaient cru comprendre qu’ils auraient pour mission d’accompagner Jésus dans sa prédication ; qu’ils l’aideraient à rétablir « la royauté en Israël ». Et voici que maintenant ils ont l’impression d’être seuls. Ce n’est pas du tout comme cela qu’ils avaient imaginé les choses ! Mais en fait, sont-ils seuls ? Jésus-Christ est-il vraiment absent ? Après l’Ascension ne reste-t-il de lui qu’un souvenir et recueil de paroles ?

Quand Jésus quitte ses disciples, il ne leur demande pas de graver des souvenirs au fond d’eux et de fermer les yeux chaque jour pour revoir l’image de son visage. Au contraire, il demande d’ouvrir tout grand nos yeux nous affirmant qu’il nous précède sur les chemins de notre vie. Aujourd’hui, je peux le rencontrer dans celui qui me demande de partager un peu de mon amitié ou de mon pain, dans celle à qui je vais porter le réconfort d’une visite au milieu de sa solitude et de sa maladie. C’est lui-même qui nous l’a annoncé : « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ».

Je vais le rencontrer au milieu de mes frères croyants ; en ceux et celles qui m’ont aidé à prier, à revoir ma vie à la lumière de l’Evangile. Aujourd’hui même, il est là au milieu de nous : pas seulement dans le pain et le vin (Eucharistie), mais aussi dans le signe que pose notre communauté assemblé.

Cette rencontre du Christ n’est pas réservée à quelques privilégiés. Tout homme peut, comme il y a deux mille ans en Palestine le rencontrer, entendre sa parole et se convertir. C’est nous qui avons reçu cette mission de rendre Jésus présent. « Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». Et au moment où Jésus nous confie cette tâche, il nous promet la force de l’Esprit Saint qui sera là pour nous guider.

On parle beaucoup de déchristianisation, d’incroyance. A force d’en parler, il peut nous arriver de penser que c’est un phénomène fatal et que nous n’y pouvons rien ! Si Jésus nous a réellement demandé d’être ses témoins, nous ne pouvons pas nous résigner à cet état de choses. Tous nous portons une responsabilité dans ce phénomène, car tous nous avons été baptisés et envoyés comme témoins. Certes, la foi est une réponse libre de l’homme devant l’appel de Dieu ; le plus grand apôtre ne convertira pas tous les gens qu’il rencontre. Mais cela ne doit pas excuser nos manquements et notre peu d’empressement parfois devant la mission confiée.

Nous tous, nous sommes appelés à rendre Jésus vivant dans le monde d’aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, chacun à sa place, là où il vit. Le chrétien devra toujours rendre témoignage par des gestes d’amour, de partage et de réconciliation, mais aussi par l’annonce claire et vigoureuse de la parole du Christ dans l’Evangile. Notre vie même doit montrer au monde que si nous disons chaque jour à Dieu « Notre Père » cela nous engage à une vie de frères.

Pour nous Jésus est vivant. Il dépend de nous, qu’il soit vivant pour d’autres hommes.

Prions le Seigneur :

  • Pour les responsables des nations qui ont la tâche de chercher pour aujourd’hui les chemins d’une paix juste et durable.
  • Pour ceux qui sont victimes de la haine, du racisme et la violence aveugle, pour que leur sacrifice soit pour nous un encouragement pour trouver le chemin de la paix.
  • Pour nous-mêmes, pour que chacun de nous soit encore davantage sensible à l’écoute de la Parole de Dieu et à la rencontre avec Toi dans l’Eucharistie.

Témoignage (7 P C)

  • Actes 7, 55 – 60 : Le diacre Etienne témoigne par sa parole et par le pardon accordé à ses bourreaux de la gloire du Christ ressuscité.
  • Ps 96 : Le Seigneur règne.
  • Apocalypse 22, 12 -14 et 16 – 20 : Jésus qui est tout pour les croyants va revenir. Nous pouvons, par notre désir, hâter le jour de son retour.
  • Jean 17, 20 – 26 : Jésus prie pour que les croyants deviennent les témoins de son amour.


Les Ecritures présentées nous parlent de transmission du message et de témoignage.

Les chrétiens des premiers temps ont eu à payer cher la transmission de l’Evangile. Beaucoup, parmi les premières générations de chrétiens connaissaient personnellement des martyrs. Un ami, un parent, un compagnon de travail, un voisin, quelqu’un qu’ils connaissaient bien avait été torturé, mis à mort peut-être parce qu’il transmettait l’Evangile. Et lorsqu’un événement de ce genre venait à se produire, les premiers chrétiens se souvenaient : la mort des martyrs, la mort des témoins de la foi ressemblait à la mort du premier martyr : Etienne, un diacre de Jérusalem, assassiné quelques années après la mort de Jésus. Et la mort d’Etienne, telle qu’on la racontait, ressemblait aussi à la mort de Jésus. Comme Jésus Etienne avait accepté sa mort et remis paisiblement son esprit. Comme Jésus, Etienne avait pardonné à ses bourreaux. En se transmettant ce récit, les chrétiens s’encourageaient en quelque sorte à marcher sur les traces d’Etienne, sur les traces de Jésus qui avaient été l’un et l’autre des témoins fidèles. En se transmettant ce récit, les premiers chrétiens se redisaient, au fond, la parole de Jésus : « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Lc 9, 23). C’était leur manière de dire « témoigner de Jésus, de l’Evangile, de l’amour du Père, n’est pas chose facile ».

Quelques années plus tard, lorsque l’Apôtre Jean mettait la dernière main à son Evangile, il se souvenait de la prière que Jésus avait faite pour que, tout au long des siècles, les croyants soient de vrais témoins de l’amour du Père. Voyant déjà, de son temps, la tournure des événements, Jean se rendait bien compte que le témoignage des chrétiens était fragile à cause surtout de leur manque de charité. Il rappelait à ses contemporains que Jésus avait prié pour que l’amour mutuel et l’unité des chrétiens soient un témoignage, un signe visible de l’amour du Père : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi : que tous, ils soient un comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ».

Aujourd’hui, quand nous parlons de témoignage, nous avons tendance à comprendre : il faut parler de Jésus. C’est sans doute un peu vrai mais tout à fait insuffisant. C’est sans doute un peu vrai mais ça ne correspond pas exactement à la parole de Jésus : prendre sa croix, travailler à l’unité des chrétiens, ce n’est pas d’abord faire un discours. C’est montrer beaucoup d’amour pour les autres.

Alors, on comprend la réaction des premiers chrétiens : témoigner de l’amour du Père pour le monde, c’est coûteux, c’est difficile. Ça oblige à bien des renoncements. Ça passe par des pardons difficiles, comme celui de Jésus sur la croix, comme celui d’Etienne : « Seigneur, ne mets pas ce péché à leur compte ! »

Dans notre pratique quotidienne, comment pouvons-nous traduire ces exigences ?

Voir se lever une armée de catéchistes décidés à transmettre la Bonne Nouvelle aux enfants, c’est sans doute insuffisant mais ce serait déjà pas mal ! Voir de jeunes foyers se proposer pour en aider d’autres à préparer la célébration de leur mariage ou baptême de leurs enfants, c’est toujours bon à prendre. Mais voir des hommes et des femmes, des enfants et des jeunes, des croyants, prêtres, religieuses ou laïcs, travailler à mettre plus d’amour dans ce monde pour montrer l’amour du Père, ce serait bien aussi. Voir des gens se pardonner, se réconcilier entre eux et venir ensuite célébrer le sacrement de la réconciliation, ce serait bien aussi. Et nous, comment sommes-nous perçues par ceux de l’extérieur ? En quoi pouvons-nous apparaître comme un témoignage de l’amour du Père ?

Seigneur, nous Te prions :

  • Pour tous ceux qui s’efforcent de recevoir la Bonne Nouvelle, pour tous les croyants afin que Tu nous donnes de vivre comme des frères.
  • Pour les responsables des Eglises afin qu’ils s’efforcent de découvrir les chemins de l’unité.
  • Pour ceux qui ont à exercer le pouvoir afin que l’Esprit les préserve d’attenter à la liberté et aux droits des autres hommes.
  • Pour ceux qui souffrent à cause de leur foi afin qu’ils gardent la force du pardon.

Bouleversant (Pentecôte C)

  • Actes 2, 1 – 11 : La Pentecôte, c’est pour les Juifs la fête de l’alliance. Ce jour-là Dieu révèle une alliance nouvelle, une alliance proposée à tous les peuples, à tous les pays.
  • Ps 103 : Esprit Saint remplis nos cœurs.
  • 1 Corint 12, 3 – 13 : C’est l’Esprit Saint qui soude notre unité de telle façon que nous sachions nous mettre au service des autres.
  • Jean 14, 15 – 17 et 23 – 26 : Les Apôtres attendaient la venue de quelqu’un qui les aiderait. Ce fut l’arrivée d’un Esprit nouveau. C’est cet Esprit, ce souffle de Dieu qui nous est encore envoyé. L’accueillerons-nous ?


Lorsque je lis dans les Actes des apôtres que les frères, comprenons les disciples de Jésus, se trouvaient réunis, j’ai bien l’impression qu’ils ne devaient pas être tellement fiers. Jésus avait été crucifié et ils l’avaient vu ressuscité mais il me semble qu’ils ne devaient pas être tellement rassurés. Jésus leur avait promis une force venue d’en haut, je crois qu’ils devaient être comme nous a certains jours en train de se dire : si seulement Dieu était présent avec moi, je n’aurais pas peur. Je saurais ce qu’il faut faire mais là, je n’ose pas car je ne sais pas. Je n’ose pas car j’ai peur. Eux aussi avaient peur, tellement qu’ils fermaient les portes du lieu où ils se rassemblaient.

Comme nous, ils n’étaient pas doués. Lorsqu’on les regarde vivre avec Jésus, ils nous donnent souvent l’impression de ne rien comprendre à ce que disait Jésus. Il leur arrive même de comprendre à l’envers ou de faire des suggestions contraires à ce que Jésus souhaite. Nous aussi, nous avons du mal à comprendre qui est Dieu, ce qu’il souhaite. Nous aussi, nous avons du mal à comprendre le mystère de la mort et de la résurrection. Nous aussi, bien des questions nous laissent sans réponses. Les disciples de Jésus ont très bien su se disputer entre eux, ne serait-ce que pour savoir qui serait le chef après Jésus. On a même vu la mère de Jacques et Jean venir essayer de « pistonner ses fils », en demandant elle-même à Jésus les meilleures places pour eux. Comme eux, il nous arrive de chercher la meilleure place quitte à prendre des moyens injustes, quitte à chercher du piston tout en critiquant cette façon de faire. Il nous arrive même de nous disputer entre nous pour des questions de catéchisme, de types de messes alors que nous devrions mettre en pratique le : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Ce sont ces disciples peureux, qui ont du mal à comprendre le message de Jésus, qui savent se disputer pour des futilités, ce sont ces gens-là à qui nous ressemblons comme deux gouttes d’eau se ressemblent, ce sont ces gens-là qui vont finalement être envahis par l’Esprit et qui du coup vont changer.

Dynamisés par l’Esprit, ils vont comprendre le message de Jésus, la Bonne Nouvelle et ils sauront l’expliquer. Ainsi Pierre le pêcheur sera celui qui prendra la parole devant des gens de toute race et qui eux, comprendront ce qu’il dira. C’est le même Pierre qui avait renié Jésus, qu’on verra répondre à des anciens du Conseil Juif pour leur dire ce qu’il pense et leur expliquer ce qu’il croit.

La Pentecôte, c’est cela : c’est la transformation par l’arrivée de l’Esprit Saint qui fait comprendre, qui donne la force, qui fait des témoins. Des disciples de Jésus, l’Esprit fait des apôtres qui sauront se faire comprendre du monde entier, bonne nouvelle pour nous, l’Esprit Saint peut aussi faire de nous des apôtres. Nous sommes peureux pour dire notre foi, nous avons du mal à comprendre le mystère qu’est Dieu, nous sommes divisés parfois pour des bêtises. Nous sommes comme étaient Jean, Jacques et les autres. Nous avons reçu l’Esprit Saint au baptême, à la confirmation, au mariage. Accepterons-nous de nous laisser envahir par lui pour qu’il nous transforme ?

Demandons la force de l’Esprit pour que nous n’ayons pas peur de vivre notre foi.

Seigneur :

  • Nous espérons la paix mais nous ne savons pas la construire. Aide nos gouvernants dans la recherche du bien commun de l’ensemble des nations.
  • Nous nous disons catholiques ce qui veut dire universel mais il nous arrive bien souvent d’être racistes dans nos réactions immédiates. Aide-nous à vivre la fraternité.
  • Nous te prions pour ceux qui sont rejetés, humiliés parce qu’ils ne vivent pas comme il faut ou qu’ils ne pensent pas comme il faut.

Le désert (Sainte Trinité C)

  • Proverbes 8, 22 – 31 : Le cheminement de Dieu vers les hommes s’enracine dans la vie même de Dieu avant les siècles.
  • Ps 8 : Peuples, criez de joie.
  • Rom 5, 1 – 5 : Par la foi nous avons accès à la grâce pour parvenir un jour dans la gloire du Père et du Fils et de l’Esprit.
  • Jean 16, 12 – 15 : Devenus, en Jésus-Christ, les fils adoptifs de Dieu le Père, nous avons reçus l’Esprit Saint qui nous donne de vivre dans la paix et la louange.


Parmi les souvenirs qui alimentaient la prière d’Israël, la sortie d’Egypte et la traversée du désert tenaient une grande place. Israël se souvenait : Dieu avait fait sortir le peuple « à main forte et à bras étendu ». Il avait montré sa puissance dans ce passage à travers les eaux de la mer. Il avait ensuite entrepris une longue démarche pédagogique. Pendant quarante années le peuple avait cheminé d’étape en étape à travers le désert sous la conduite de son Dieu. Dieu lui apprenait à vivre et lui donnait la Loi. Dieu lui apprenait à prier et lui donnait ce temple portatif qu’était la tente de réunion, le Tabernacle. A chaque nouvel événement, à chaque nouvelle épreuve, correspondait une aide de Dieu qui veillait ainsi à la croissance de son peuple.

Les chrétiens savent qu’il en est de même pour eux. Pour chacun de nous, la traversée de la mer s’est effectuée au baptême et chaque année qui passe nous permet de célébrer ce passage dans la nuit de Pâques. C’est alors que, par la puissance de dieu nous avons été plongés dans la mort du Christ pour vivre avec lui d’une vie nouvelle. Et cette vie nouvelle est marquée de beaucoup d’étapes, comme traversée du désert par le peuple d’Israël. Par notre baptême nous avons accès à cette vie nouvelle et nous pouvons entreprendre, nous aussi, la longue marche qui peut nous conduire vers le Père. C’est peut-être la première interpellation qui nous vient de l’Evangile : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter ». A ses Apôtres toujours pressés d’arriver enfin au jour où Dieu va rétablir son royaume, Jésus annonce qu’il y a encore beaucoup d’étapes à franchir. A Pierre qui, dans l’enthousiasme de la découverte, voulait proclamer que Jésus est le Messie, déjà Jésus avait imposé le silence : « N’en dites rien à personne ! » La même recommandation avait suivi la transfiguration : « N’en parlez à personne avant que le Fils de l’homme ne soit ressuscité d’entre les morts ». Après chaque miracle, après chaque guérison, la même consigne de silence et de secret revenait car, comme il est écrit dans l’Evangile de Jean : « son heure n’était pas encore venue ». Dans l’exercice de sa mission, Jésus lui-même connaît donc des étapes. Dans la réalisation de notre vocation de chrétiens, nous avons, nous aussi à franchir des étapes. Il y des choses que nous ne pouvions pas porter et qui sont devenues possibles aujourd’hui. Il y a des découvertes et des joies dont nous sommes capables aujourd’hui et que nous n’aurions pas pu porter hier.

Cela nous est dit aujourd’hui, en la fête de la Sainte Trinité, parce que, pour beaucoup d’entre nous sans doute, le cheminement, les étapes, les progrès sont en quelque sorte marqués par une progressive découverte de ce mystère de la Sainte Trinité et par une plus grande familiarité avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint. En ouvrant l’Evangile, en l’entendant proclamer le dimanche à la Messe, nous découvrons sans cesse davantage Jésus. Nous finissons par mieux comprendre certaines de ses attitudes, certaines de ses paroles. Cette découverte progressive nous conduit vers le Père car mieux nous connaissons Jésus et mieux nous comprenons qu’il est tourné vers son Père, qu’il est pour nous chemin vers le Père. Pour nous aider dans cette démarche, dans le long cheminement de cette découverte progressive, l’Esprit Saint nous est donné : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière ».

Recevoir aujourd’hui l’annonce, le rappel de ce mystère de la Trinité, ce n’est pas d’abord entendre un discours théorique et compliqué. C’est faire une démarche, tenter une découverte, nous mettre à vivre avec Jésus qui nous donne l’Esprit pour nous faire vivre comme des Fils du Père. Ce Père n’est pas le nôtre mais nous pouvons l’adopter si nous voulons vivre comme Jésus. Ce Père n’est pas le nôtre, il celui de Jésus et il est aussi celui de tous les autres humains. Nous pouvons l’adopter si nous acceptons de vivre tous ensemble comme des frères. Et quelle sera-t-elle notre réponse ?

Seigneur :

  • Pour que de jour en jour le peuple de Dieu progresse vers le royaume et pour la paix du monde.
  • Pour que les baptisés découvrent les étapes que l’Esprit propose à chacun et pour tous les pays en voie de développement.
  • Pour que les responsables des peuples et des Eglises soient attentifs à ceux qui prennent du retard et pour la joie de tous les pauvres.

End FAQ

 


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