Bannière

Année pastorale 2016

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux

Cathédrale

Construction de la nouvelle cathédrale.


Cliquez ici pour voir la progression de la construction.

Météo

Morombe °C
Tuléar °C
Antananarivo °C
  21.09.2017 Wetter Ostsee

Translation

French English German Italian Polish Portuguese Spanish

Recherche

Qui est en ligne ?

Nous avons 105 invités en ligne

Statistiques de 15/08/10

Affiche le nombre de clics des articles : 828075

Visiteurs de 30/10/11

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui469
mod_vvisit_counterHier703
mod_vvisit_counterCette semaine2117
mod_vvisit_counterCe mois8762
mod_vvisit_counterTotal visiteurs530816
Accueil "Longo" Clefs en mains
PDF Imprimer Envoyer

Mois d’octobre 2012 – Clefs en mains


Tous deux ne feront plus qu’un

  • Gen 2, 18 – 24 : dans son récit de la création, l’écrivain biblique a trouvé une image originale pour montrer que nous demeurons inachevés tant que nous restons seuls.
  • Ps 127 : Seigneur en ta demeure.
  • Héb 2, 9 – 11 : Le rôle de Jésus notre frère et notre Dieu.
  • Mc 10, 2 -16 : La vie de famille.

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » C’est ce que nous dit l’Evangile dans ce passage. Cette parole de Jésus est peut-être l’une de celles qui touchent le plus profondément un certain nombre de chrétiens. Elle entraîne des sentiments et de réactions différents. Pour ceux qui ont une vie conjugale sereine malgré quelques heurts et concessions inévitables, elle est source de joie. Elle leur rappelle leur mariage, leur bonheur, l’épanouissement que chacun, homme et femme, continue d’y trouver chaque jour. Pour ceux qui ne se sentent pas reconnus, respectés à l’intérieur de leur couple, qui étouffent parfois dans une union devenue pour eux une contrainte, cette phrase est source d’amertume et de douleur. Elle ravive une blessure qu’il est déjà difficile de calmer. Elle ressemble à une condamnation à la souffrance et au malheur. Ceux qui, après un échec, parviennent enfin à trouver le bonheur au sein d’un nouveau couple, risquent de se sentir agressés et culpabilisés par une parole trop souvent interprétée dans un sens moralisateur.

Pourquoi ne pas essayer de porter aujourd’hui un regard neuf sur ces paroles ? Pour cela, revenons un peu sur les textes auxquels Jésus et les pharisiens font référence.

Donc regardons d’abord le projet de Dieu et les limites de l’homme.

Le récit de la Genèse cité un peu plus haut, fait partie des vieux textes de la Bible. Il n’a pas valeur scientifique mais nous montre le projet de Dieu pour l’homme. Reprenons-en les différents éléments. Tout d’abord, Dieu modèle l’homme avec la glaise et lui donne son souffle, sa vie. Puis, il remarque qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul… L’homme est donc voulu comme un être de communication, qui doit avoir « une aide qui lui corresponde ». Dieu façonne les animaux mais l’homme ne trouve pas parmi eux celle qu’il cherche. C’est alors qu’en prenant une partie même de l’homme, Dieu va créer la femme. L’homme reconnaît la femme comme « l’os de ses os, la chair de sa chair », et pour cela, il s’attache à elle. C’est donc le couple qui donne l’image de ce que Dieu a voulu pour l’homme, créé puis partagé en deux êtres destinés à se retrouver, à se rapprocher pour permettre la communication, l’amour. Et dans ce couple, l’homme et la femme sont placés au même niveau. Tel est donc le projet de Dieu que l’homme suit comme il peut.

Mais il a bien fallu que la loi de Moïse, qui codifie la vie du peuple d’Israël, tienne compte des limites humaines ! L’adultère est puni de mort. Mais la loi reconnaît la possibilité d’annuler un mariage. L’acte de répudiation est une garantie pour l’épouse abandonnée. Il lui permet d’être protégée par la loi.

Et maintenant l’attitude de Jésus.

Jésus n’a que faire de ces arrangements nécessités par l’égoïsme humain. La seule loi qu’il reconnaît c’est l’amour. Et, alors que les pharisiens font référence à la loi de Moïse, Jésus se reporte uniquement au projet de Dieu. Quand un être humain a trouvé celui ou celle qu’il cherche au plus profond de lui-même, sa « moitié » comme on dit fort justement, ils forment un couple, cette unité d’amour et de communication qui est l’image de Dieu. Une séparation, même reconnue légalement, laisse désemparé, blessé, incomplet. Ce qui a été vécu par le couple ne peut pas être effacé. Les anciens époux restent toujours unis à travers ce passé commun, au delà du temps et des distances.

C’est cela que constate Jésus. Ce n’est ni un jugement ni une condamnation. Il suffit, pour s’en convaincre de penser à la femme adultère que Jésus a sauvé de la lapidation ou de la Samaritaine aux cinq maris… Si Jésus condamne le péché, c’est un regard d’amour qu’il porte sur le pécheur ; il est prêt à pardonner, si le pécheur essais de se convertir et de réparer le mal fait.

Peut-être faudra-t-il aller vers plus de respect de l’autre ?

Encore de nos jours, l’homme a bien du mal à faire sien le désir de Dieu. L’institution familiale semble menacée. Aujourd’hui, les valeurs qui empêchent un couple de se séparer sont en train de changer : la peur du châtiment divin, la crainte du qu’en-dira-t-on, l’habitude, sont remplacés par le respect mutuel et l’acceptation de la liberté de son conjoint. C’est vrai qu’on est souvent tenté d’essayer de rendre l’autre tel qu’on voudrait qu’il soit, plutôt que de l’accepter tel qu’il est. Ce n’est pas toujours facile de lui reconnaître le droit d’avoir des idées différentes, le droit d’être libre. Et pourtant n’est-ce pas ce qu’a voulu Dieu en situant au même niveau, du moins avant le péché, l’homme et la femme ? En acceptant de nous laisser interroger sur notre vie, notre égoïsme ou nos préjugés, nous avons peut être à réinventer nos modes de communication.

Seigneur :
  • Notre reconnaissance monte vers toi, parce que tu as placé l’homme au sommet de la création ; tu as mis en lui la possibilité de comprendre le monde et de le mettre à son service ; mais surtout tu l’as marqué de ton empreinte, tu l’as façonné à ton image.
  • Tu n’as pas voulu que l’homme reste seul ; tu lui as toi-même donné une compagne semblable à lui ; nous portons en nous ce désir jamais assouvi de rencontre de l’autre ; homme et femme, tu nous appelles à construire notre bonheur dans la de famille.
  • Malgré toutes nos difficultés, nous savons que nous ne pourrons jamais mettre tout à fait en échec ton projet de nous rendre heureux ; nous savons que même la mort ne peut rompre les liens que nous tissons et nous espérons retrouver près de toi tous ceux de nos familles que nous avons aimés.

Sagesse ou folie

  • Sagesse 7, 7 - 11 : Estime du roi Salomon pour la Sagesse. Voilà un prince selon le cœur de Dieu qui place au-dessus de toutes les richesses la droiture d’esprit et la justice.
  • Ps 89 : Ta parole, Seigneur est vérité.
  • Héb 4, 12 – 13 : « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre mais le glaive ». Mais cette arme-là ce n’est pas contre les autres qu’il faut la tourner, c’est à l’intérieur de nous-mêmes qu’elle opère son travail de séparation.
  • Mc 10, 17 – 30 : Un peu fou ? En quoi, en qui mettons-nous notre bonheur, notre espérance ? Jésus nous invite à réviser nos positions.

Le livre de Sagesse nous parle d’un bien supérieur à tous les autres : la sagesse. Ce texte cite la prière dite de Salomon : ce roi célèbre pour son jugement et sa pondération, son goût de la paix. Ce roi est présenté comme le modèle du prince juste. Dans le premier livre des Rois (3, 9 – 12), Salomon demande : donne à ton serviteur un cœur plein de jugement pour discerner entre le bien et le mal, car qui pourrait gouverner ton peuple si grand ? Et Dieu répond : parce que tu n’as pas demandé pour toi, de longs jours, ni la richesse, ni la vie de tes ennemis… Je te donne un cœur sage et intelligent comme personne avant toi. Ce bien supérieur que Dieu nous recommande je dois le faire passer avant tout. C’est une manière de vivre qui demande beaucoup de renoncements. Il faudra trancher dans le vif, tourner le dos à des attachements compréhensibles.

A ce propos, le texte tiré de la lettre aux Hébreux, présente la parole de Dieu comme une épée tranchante qui pénètre jusqu’au plus profond de l’âme. Vivre selon la sagesse c’est passer sa vie « au fil de l’épée ». Jésus proposera à ses amis de marcher sur le fil de ce tranchant. C’est très difficile et peut-on encore parler de sagesse ?

Le texte de l’Evangile de saint Marc donne le ton. Voici un homme bien disposé qui aborde Jésus : que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? Et Jésus lui rappelle la loi ordinaire de ce moment-là, c’est-à-dire celle de Moïse, le décalogue : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, honorer ses parents… Voilà posées les bases élémentaires pour le respect des droits de l’homme, et pour la vie en société. Tout cela n’est que  simple sagesse. Aussi cet homme fait-il observer à Jésus qu’il a déjà fait tout cela.

Alors Jésus veut propulser cet homme vers des hauteurs qu’il ne soupçonnait pas. Il lui demande l’impossible ou plutôt le maximum du possible : une seule chose te manque : vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. Cet homme reste interloqué ; son visage devient triste, alors que Jésus lui propose une plus grande joie, mais à quel prix ? Il lui propose la folie de l’Evangile, cette fameuse Bonne Nouvelle. Il l’invite à suivre le chemin sur lequel lui, Jésus, s’est engagé : le chemin de la croix. D’ailleurs, plus loin, il annonce sa passion. Les paroles qu’il prononce, en voyant partir cet homme sont tristes, sévères. Elles laissent ses disciples déconcertés : mais qui peut-être sauvé ?

Et Jésus n’en finira pas tout au long de sa vie de faire comprendre aux siens cette folie de l’Evangile, de les faire un peu plus entrer dans ce mystère d’un Dieu abandonne sa puissance pour se faire homme et qui nous propose ce passage obligé si nous voulons accéder à cette liberté plus grande, à cet amour plus pur, à cette joie.

Il n’en finira jamais de nous approcher de cette sagesse plus haute. Le jeu de la vie, c’est un jeu de « qui perd gagne ». Il faut accepter de perdre quelque chose à quoi on tenait pour gagner davantage. Lorsqu’il répond à ses disciples qu’ils auront le centuple, il ne fait que reprendre la parabole du grain de blé qui doit mourir en terre pour rapporter au centuple. La loi de la vie est une succession de morts et résurrections. Ce parcours de Jésus, c’est le nôtre. Ce n’est pas de la folie, c’est une sagesse plus haute.

Saint Paul s’est efforcé de le faire comprendre aux Corinthiens (1 Cor 1, 17 – 29) : c’est par la folie du message qu’il plaît à Dieu de sauver les croyants… Annoncer l’Evangile ne nécessite pas de recourir à la sagesse du langage puisque le langage de la croix est folie… Nous prêchons un Christ crucifié : scandale pour les juifs et folie pour les païens… Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes. C’est dans cette démarche qu’il nous faut maintenant entrer.

Nous avons un lourd handicap à remonter. Vendre ses biens, délaisser la richesse, les honneurs, les pouvoirs. Où va-t-on ? Il y a la sécurité des miens à assurer. Enfin me revient en mémoire la sagesse pratique du brave chien « Snoopy », héros de bande dessinée, qui lui fait dire qu’il vaut mieux être beau, riche et bien portant que laid, pauvre et malade. Et que l’argent ne fasse pas le bonheur, j’entends bien, mais l’on dit cela lorsqu’on en a assez.

François d’Assise, tournant résolument le dos à la vie facile et à la richesse et se présentant dépouillé de tout devant son évêque, a marqué des générations de chrétiens.

Et les moyens d’information ne parlent pas toujours assez de ces tentatives de partage du temps de travail, de solidarités nouvelles, de refus de cumuls ou de renouvellements de mandats pour laisser la place à d’autres.

Une sagesse selon l’Evangile, nous demande de rogner certaines de nos ambitions personnelles, de laisser place à d’autres. Notre société souffre, dit-on, d’un mal interne qui tendrait à séparer ceux qui réussissent et les délaissés. Le mouvement social serait à deux vitesses : ceux qui vont déjà trop vite iraient encore plus vite ; les autres recevraient quelques miettes. En face de cela, nous contemplons Jésus, nu sur la croix.

Seigneur :
  • Au commencement était la parole et la parole était Dieu, par elle tout fut crée et rien ne subsiste sans elle, nous le croyons. Heureux sommes-nous si nous restons dociles à son invitation. Elle nous fera trouver notre vraie place dans cet univers.
  • Ta parole est venue parmi nous ; elle s’est fait homme ; elle est restée avec nous. Cette vérité est venue jusqu’à nous et il nous a été donné de l’entendre et de la recevoir depuis notre baptême, depuis que nous sommes devenus enfants de Dieu.
  • Lorsque nous rappelons la mort et la résurrection de ton Fils Jésus, nous réalisons mieux comment tu as abandonné toute sagesse ordinaire pour la folie de la croix. Oui, ce que nous prenons pour de la sagesse n’est parfois que folie à tes yeux, alors que la folie de la croix nous invite à renoncer à notre égoïsme pour un bien plus grand.

L’Evangile conteste

  • Is 53, 10 – 11 : La souffrance est l’antichambre de la mort. Mais en Christ, elle devient prélude à la résurrection parce que Dieu le Père n’abandonne personne dans ce passage.
  • Ps 32 : Seigneur, ton amour soit sur nous.
  • Héb 4, 14 – 16 : Le Christ partage nos faiblesses.
  • Mc 10, 35 – 45 : Jacques et Jean réclament les premières places. N’en avons-nous jamais fait autant ?

Il est difficile d’entendre : celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous. Avec un regard humain de tous les jours nous ne voyons pas comment être l’esclave de tous, peut faire accéder à la première place.

Autant dire tout de suite que l’Evangile n’a pas les mêmes critères que notre façon habituelle de faire, de voir, de juger, d’évaluer. Autant dire que l’Evangile remet radicalement en cause notre culture, c’est-à-dire l’ensemble de ce qui fait que nous sommes malgaches, français, suisses, ou autres.

Nous vivons d’une certaine manière, qui nous est particulière. Nous tenons à un certain nombre de choses : la liberté des personnes, fihavanana, l’argent comme moyen d’échange, de service et parfois aussi de puissance, les moyens de communication, moyens de transports, la façon de s’habiller, la manière de cuisiner et, plus encore, l’école, la façon dont on apprend et ce que l’on fait apprendre dans toutes les écoles. Il conviendrait aussi de parler de la famille et des modes de relations qui s’établissent entre les membres d’une même famille. Il ne faudrait pas non plus oublier les pouvoirs publics et l’organisation que nous nous donnons pour gérer notre société.

Bref, vous devinez que la manière dont nous vivons est l’expression de ce que nous appelons d’un mot : la culture. Cette culture est propre à chaque peuple.

L’Evangile ne se vit que dans une culture particulière mais il est en permanence force de contestation de cette culture. Le drame de l’Eglise, dans son histoire, a consisté à confondre Evangile et culture, et surtout la culture occidentale.

A la faveur du développement des communications et des conquêtes, les occidentaux sont partis proposer la Bonne Nouvelle de l’Evangile aux autres peuples de la terre. Ils pensaient présenter l’Evangile dans toute sa pureté. Mais ils ont, en fait, offert aux autres la culture occidentale teintée d’Evangile. Il ne pouvait sans doute pas en être autrement.

Y a-t-il eu, dans notre histoire, un instant où la culture occidentale ait proclamé, dans les rouages de la vie quotidienne : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ? Quelques uns seulement l’ont mis en pratique que l’on pense à saint François d’Assise ou à Mère Thérésa.

Comme le redit à maintes reprises le Concile Vatican II, l’Evangile restera force de contestation au sein de toute culture qui croit le posséder. Nulle culture ne peut, à elle seule, enfermer la parole de la Bonne Nouvelle.

Lorsque Jésus parcourait son pays, quelques uns de ses auditeurs, et non des moindres, voulaient en permanence enfermer et enserrer la Bonne Nouvelle dans les normes et les critères de la Loi de Moïse et de ses nombreuses interprétations, enfermer dans ce qu’on avait toujours fait. Que l’on se souvienne du paralytique guéri par Jésus un jour de sabbat et auquel on reprochait de porter son grabat même le jour du sabbat.

Aujourd’hui, nul peuple ne peut se targuer d’être plus chrétien qu’un autre, même si souvent nous réclamons la première place. Aujourd’hui plus que jamais, il est difficile de vivre sa foi et de proclamer la Bonne Nouvelle, tant est forte la pression du monde. Que ce soit la consommation à tous crins qui oublie ceux qui n’ont rien ; que ce soit la culture du corps ; que ce soit les possibilités offertes par les sciences qui risquent d’oublier les critères de la sagesse et le sens de toute chose.

Aujourd’hui, être chrétien, porteur d’Evangile, c’est s’exposer à la différence. C’est ne pas être nécessairement d’accord avec l’air du temps. Mais n’est-ce pas s’ouvrir à l’universel ? L’Evangile est en même temps parole de vie pour moi et pour les autres. C’est cet Evangile qui nous fait frères les uns des autres.

Certes, il nous appartient de porter l’Evangile, de traduire l’Evangile dans les réalités nouvelles. Mais l’Evangile doit aussi se laisser interroger par la culture de ce temps pour formuler, à nouveaux frais, les espérances, les aspirations, les recherches des hommes d’aujourd’hui. C’est l’aspect incarnation de l’Evangile.

Notre vie de tous les jours, nos habitudes de penser comme nos traditions nationales ou locales réclament l’Evangile, réclament l’évangélisation, réclament la Bonne Nouvelle qui fait espérer et vivre, qui ressuscite et réconcilie un peuple et sa culture.

Mais cela ne se fera pas sans nous. L’Evangile attend nos recherches, faites de nos vies. L’Eglise attend les richesses de chaque peuple et de chaque culture pour les offrir à tous. Soyons solidaires pour une vie du monde meilleure.

Merci Seigneur :
  • Pour les chercheurs qui découvrent de nouveaux moyens de nourrir bêtes et gens.
  • Pour les médecins, les infirmiers et les soignants qui affrontent les maladies de toutes sortes et les tiennent à distance.
  • Pour les économistes, petits et grands, qui calculent, proposent et orientent le devenir des peuples.
  • Pour les prêtres, les religieux, les catéchistes de toutes les Eglises qui s’efforcent de traduire en langue locale et actuelle le message universel de l’Evangile.
  • Pour les missionnaires qui n’écoutant que ton Esprit, sont partis aux extrémités de la terre porter la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Les échanges

  • Jér 31, 7 – 9 : Tandis que les boiteux marchent, les aveugles voient les merveilles que Dieu a faites. Ecoutons le prophète.
  • Ps 125 : Rendez grâce au Seigneur.
  • Héb 5, 1 – 6 : Paul compare la fonction du Christ à celle du grand prêtre dans l’ancienne liturgie du Temple de Jérusalem.
  • Mc 10, 46 – 52 : Un aveugle est assis au bord du chemin. Jésus passe. Quelque chose va arriver.

On peut dire que le texte de l’Evangile cité ici est un texte simple, clair et bien connu : Jésus guérit et un aveugle se met à voir. Je vous invite à prêter attention à l’échange qui s’instaure entre Jésus et Bartimée.

Tout d’abord, il y a un échange de paroles : l’aveugle crie et assigne un premier titre à Jésus. Il l’appelle « Fils de David », ce qui, aux oreilles des auditeurs-témoins de la scène, désignait Jésus comme le Messie, l’envoyé de Dieu. Du coup, il évoquait tout ce que les prophètes avaient dit au sujet des envoyés de Dieu. Nous en avons un extrait dans le livre de Jérémie : je rassemble des extrémités du monde. Il y a parmi eux l’aveugle et le boiteux.

Mais l’échange de paroles se poursuit. L’aveugle donne un autre titre à Jésus : « Rabbouni » c’est-à-dire « Maître » et plus encore « Seigneur » : celui qui est dans une position forte et auquel on porte respect et attachement, parce qu’il nous aide à tenir dans l’existence.

Jésus entre en dialogue avec l’aveugle au point même de lui demander : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Que pourrait demander un aveugle sinon de voir ? Jésus devinait d’avance la réponse qu’il allait recevoir. Il attend cependant que l’aveugle formule sa prière, exprime son attente. Ainsi va le dialogue : chacun se découvre, dans son identité, aux yeux de l’autre. L’un Jésus de Nazareth, Fils de David, Messie et Rabbouni, prêt à faire quelque chose pour l’aveugle : Que veux-tu que je fasse pour toi ? L’autre Fils de Timée, mendiant, aveugle qui dit à Jésus son désir de voir.


Remarquons les déplacements des personnages. Dans un premier temps, Jésus marche : il sort de Jéricho, tandis que Bartimée est assis au bord de la route. Ensuite, Jésus s’arrête pour demander qu’on appelle Bartimée. Et voilà que l’aveugle bondit et courut. Pour un aveugle, c’est pour le moins extraordinaire de ne craindre ni obstacle ni encombrement alors même qu’il y avait une foule nombreuse autour de Jésus. La rencontre se produit : les personnages sont allés l’un vers l’autre. La vie s’est manifestée et le mendiant aveugle est devenu voyant. Ils sont maintenant sur la même route et avancent ensemble alors qu’au point de départ, seul Jésus était en marche tandis que Bartimée était assis.

Jésus quittant Jéricho est entouré de ses disciples et d’une foule nombreuse. Ni Jésus ni la foule ne se soucient du mendiant aveugle. La vedette du jour, c’est Jésus. Et que se taisent les mendiants, les aveugles et tous ceux qui peuvent crier, manifester et troubler le déroulement de la fête. On s’explique que beaucoup de gens interpellaient vivement l’aveugle pour le faire taire. Tout le monde est tourné vers Jésus et le mendiant aveugle, plus que tout autre. Il n’a que sa voix pour être près de Jésus. Pourtant, il dispose d’un regard qui traverse tous les obstacles : c’est le regard de la foi.

Devant le brouhaha fait par la foule qui se presse autour de Jésus, il se renseigne : apprenant que c’était Jésus de Nazareth, dit le texte, il se met à crier. Il essaie de faire entendre sa foi, sa croyance en Jésus. Il qualifie même ce Jésus comme étant l’envoyé de Dieu c’est-à-dire, comme ayant la puissance de Dieu.

La foule, c’est-à-dire ceux qui voient, suit Jésus et a la consolation de le voir. L’aveugle, qui pourtant ne voit pas, reconnaît en celui qui passe le Messie, l’envoyé de Dieu, celui qui donne la vie, le souffle et l’être. Il voit au delà de ce que les yeux peuvent voir. Il voit autre chose.

Voilà que l’inversion va se faire. La situation va basculer. Jésus fait appeler l’aveugle. L’homme de Nazareth, identifié comme envoyé de Dieu, répond à l’appel et prend l’initiative de contrer la foule qui, jusque là, empêchait l’expression de l’aveugle. Du même coup, la foule, elle aussi est retournée, au point que le texte précise : on appelle l’aveugle. Elle se fait même l’écho de la parole de Jésus : Lève-toi. Il t’appelle.

La vedette du jour n’est plus Jésus mais le mendiant aveugle. Il bondit et court : il jeta son manteau, il quitte ses insignes de mendiant. Mais Jésus, lui aussi est clairvoyant. Au delà de la cécité de cet homme, au delà de sa demande de voir, il constate la foi de Bartimée et lui dit : Ta foi t’a sauvé. Dans le même temps où Bartimée révèle la vraie personnalité de ce Jésus de Nazareth dont il dit qu’il est le Messie, Jésus, de son coté, montre en cet aveugle un croyant plus clairvoyant que les voyants. L’un et l’autre se reconnaissent. La foi est nécessaire pour approcher, reconnaître et suivre Jésus. Mais, en même temps, la foi a besoin de s’informer, de se nourrir. Que le Seigneur nous donne à chacun la vision de Bartimée. Nous pourrons alors nous mettre à la suite de Jésus. Que le Seigneur nous donne d’entendre le cri de détresse des hommes et des femmes qui ont le désir de vivre de l’Evangile.

Seigneur :
  • Au long des siècles, ton Evangile a parcouru le monde. Il a plus encore, cheminé dans les cœurs. Il a aussi travaillé les cultures des peuples. Chacun y a trouvé nourriture pour sa route. Certains y ont trouvé la force de partir annoncer les merveilles de ton amour à d’autres hommes. Nous te disons merci.
  • Nous avons reconnu que tu nous aimes, parce que ton Fils, le premier, n’a pas hésité à assumer notre condition humaine. Il est même allé jusqu’à en mourir mais tu l’as ressuscité pour une vie nouvelle et éternelle. Il a voulu nous transmettre cette vie. Nous te disons merci.
  • Nous reconnaissons ton amour dans la merveilleuse diversité des cultures et des formes de prières. Aussi, avec les contemplatifs qui cherchent ta présence et contemplent ton visage. Nous te disons merci.

End FAQ

 


Copyright © 2010 DIOCÈSE (ECAR) MOROMBE. Tous droits réservés. Contactez: ecarmorombe@gmail.com